Pour un demi Dour avec toi

Petit tour dans la jungle dourienne, avec les quelques shows que nous avons pu voir ces deux premiers jours. Impressions et descriptions. 


Jeudi

Rival Sons

RIVAL-SONS_3382_-_copy.jpgIdéal pour débuter ce Dour. Rival Sons, des Californiens aux belles gueules et talent. Un rock puissant et énergique, dans un pur style Classic Rock. Loin du pastiche, ils ont leur style à eux, leur son à eux. Les comparer avec Led Zep  n’aurait vraiment aucun sens, même si c’est tentant. Leur dernier bijou, Great Western Walkyrie, de 2014, est déjà un album mythique. Mais surtout, il est excellent. Alors, sur scène, c’est gagné d’avance. Scott Holliday, à la gratte, tranche l’air de ses riffs à coups de bottleneck. C’est du ricain, du précis, du mélodieux. Jay, au chant, a un organe plutôt pas dégueu. Le genre de rock qui te donne envie d’enfourcher ton destrier et d’aller dégommer du Dalton.

C’était bien, et ce n’était pas une surprise.

A Place to Bury Stranger

Le groupe le plus bruyant de New York, vous avez dit ? Pas improbable. Ca jouait fort, oui. Brouillon et puissant. Pas toujours précis et clair. Pour l’ambiance fin du monde, c’est réussi. Par contre, on a un peu du mal à comprendre où le groupe veut en venir. Intriguant, pour ceux qui n’auront pas trouvé ça intéressant.

Omar SouleymanOmar.jpg

Dour Bollywood, version techno. Le Syrien, couvert de la tête au pied, djellaba et lunette de soleil, a un look de prince pétrolier du Golfe. Sa musique est débridée, alliant gros beat techno et sonorités arabes, orientales et le reste. Quand il ne chante pas, il tape dans ses mains comme un papa le ferait à l’intention de son petit de 4 ans. C’est marrant, attachant. Super moment.

 

Young Fathers

En parlant de papas. Ceux-ci sont trois : le petit black aux dreads folles, le moyen nord-africain chemise boutonnée jusqu’au bout, et le dernier africain, tout grand. Des sonorités allant de la pop au hip-hop. Sur scène, c’est plutôt minimaliste : une batterie et un DJ. Calme, intimiste, puis aérien. Cool.

Mark Ronson

Tête d’affiche du jour. Alors, bien, et non. L’album de Ronson est dingue, je m’attendais donc à passer un bon moment live. Avec lui à la gratte, par exemple, même s’il n’était évidemment pas possible de ramener la brochette de star qui figure sur son disque. Malheureusement, difficile de percevoir tout ce talent à travers ses platines de DJ.  La précision « DJ Set » du programme  m’était passée inaperçue. Un ou deux de ses tubes y passent tout de même. Les gens deviennent fous sur Uptown Funk, normal. Mais sinon, c’était un peu pauvre. On a échappé de peu au 7 Nation Army ou à Smells Like Teen Spirit sur la fin. Vraiment, on était à deux doigts. Pas à la hauteur du personnage.

 

 

Vendredi

Your Old Droog

drenge.jpg

Smooth, sympa, bon flow, bon hip-hop. Pas beaucoup de monde en ce début d’après-midi, donc forcément un peu mou. Mais ce mec est impressionnant, beau charisme.

Drenge

Des kets de Sheffield. Moyenne d’âge 25 ans ou moins. Mais quelle pêche. Un grunge novateur mais inspiré, fort mais subtil quand il faut. Quand ces mecs-là auront un album de plus et davantage de bouteille, ça risque de faire du bruit.

deer.jpg

 

 

Deerhoof

Un rock métissé et, disons-le, un peu débile. Débile parce que complètement déstructuré. Mais aussi déstructuré qu’un esprit créatif peut l’être, c’est le talent qu’on sent derrière. Et surtout, une maîtrise absolue de chaque instrument. Une petite asiatique à la voix fluette au chant, un beau gosse et un sosie de Slash aux grattes, un batteur aventurier. Belle brochette que voilà, pour l’Alice in Wonderland du festival. Timbré, mais génial.




Tony Allen Review, feat Damon Albarn & Oxmo Puccino

Un batteur de légende, qui a tout de même 74 ans. Le Nigérien tient la forme, et sait se faire entourer. De la genèse de cette étrange collaboration, il n’est pas nécessaire d’en savoir plus pour prendre son pied au live. La batterie en avant, certes, en finesse et virtuosité. Celui qui crève les baffles et les écrans, c’est évidemment Damon Albarn, qui assure une bonne moitié du show. Il ne chante rien que le public Lambda connaisse ou presque, mais quel plaisir de (re)voir ce mec sur scène. Il cède sa place à Oxmo Puccino. Le rappeur malien sait y faire aussi, avec son rap/slam à la française. Tony Allen Review, une vraie bouffée d’oxygène et de bonnes vibes dans la jungle de Dour.


The Wombats

Pêchu, mélodieux, du rock de jeune surfeur. Chaque chanson est un tube en soi, que les rongeurs anglais jouent à la perfection. Rien à redire.

Danny Brown

Le rappeur à la voix de Cartman est vraiment balèze. Son flow n’en finit pas, ça te donne une envie dingue de bouger et de rapper dans le vide. Faudra pas lui demander de se lancer dans du chant lyrique, mais ça on s’en fout.

Jonathan Dellicour

Les commentaires sont fermés.