Pukkelpop (J1): c'était après-midi "Black Power"

pukkelpopLe Pukkelpop est avant tout un festival de découvertes. Certes, on y retrouve quelques (belles) têtes d’affiche mais on y va surtout en espérant voir avant tout le monde  (enfin, vu que le festival affiche sold out...) les grands de demain. On se souvient ainsi y avoir aperçu pour la première fois Bloc Party, Sigur Ros, The National, Selah Sue, .... Et c’était bien avant qu’ils ne soient « headliner » de grands festivals.

Il en sera peut-être de même dans quelques années des Anglais de Gengahr. Le quatuor jouait peu après 12h30 ce jeudi sous le Marquee. Pas simple. Surtout devant un public clairsemé. Mais les quatre Londoniens ont brillamment relevé le défi, offrant un set juste excellent, à l’image de leur premier album, A Dream Outside, sorti avant l’été. On adore la voix androgyne de Félix, leur chanteur. Et y a pas à dire, avoir de bonnes chansons, ça aide à livrer un bon concert. 

pukkelpopQuelques mètres plus loin, on retrouve nos chouchous de Mountain Bike qui jouent sous la tente 100% belge, la ?!Wablief ?! (ouais, cela s'écrit comme ça...).  Heureusement, la chaleur (qui peut y être véritablement accablante) y est à cette heure de la journée encore supportable. Toujours habillés de leurs maillots de basket estampillés NBA (Pat Ewing, Larry Bird, Magic Johnsson et Denis Rodman), nos quatre copains en caleçon ont livré un bon concert, toujours rythmé et sautillant à souhait. 

Après ce démarrage en fanfare, on l’avoue, on a été un peu déçu de la prestation de Natalie Prass. Sans doute qu’on en attendait trop au vu de son premier album éponyme paru voici quelques mois. Ce fut agréable, on ne dira pas le contraire, mais on s’est un peu ennuyé.  Pas question de bâiller, par contre, lorsque Seasick Steve monte sur scène. Avec sa longue barbe blanche et son look à chasser l’alligator au fond du bayou, cet Américain de 74 ans ne paie pas de mine. Détrompez-vous ! Sa musique country-folk-boogie est à tomber ! La crème de la crème. pukkelpopOn ne s’en est d’ailleurs pas encore complètement remis lorsque Kodaline débarque sous le Marquee. On avait (beaucoup) aimé le premier album gorgé de tubes de ces Irlandais, moins le second sorti voici peu. Et malheureusement, leur prestation de ce jeudi a confirmé cette dernière tendance. Certes, il reste quelques chansons imparables mais l’ensemble sent de plus en plus le formatage. Une sorte de « Coldplay bis » (pas le Coldplay des débuts, celui de ces dernières années…). Histoire sans doute de faire sourire, pleurer et surtout crier les nombreuses jeunes filles présentes sous la tente. Du coup, au bout de quelques morceaux, on prend la tangente pour aller applaudir le rock baigné de soul du très stylé Curtis Harding  dans le Club. Un choix gagnant, même s’il manque un petit quelque chose pour assister à un grand moment. Et ce malgré les reprises de « Ain't No Sunshine » de Bill Withers et du « California Dreamin' » des Mamas & The Papas. 

Place ensuite à quelques mètres de là à Michaël Kiwanuka. Le jeune Anglais aux origines ougandaises  débarque dans le Limbourg avec de nouvelles chansons. Ces dernières (plutôt pas mal) sont destinées à un nouvel album à paraître très bientôt. Mais cela semble un peu déconcerter un public venu entendre avant tout les hits de son premier disque (Home Again, 2012). Ceux-ci arriveront en fin de set pour un final magnifique sous les yeux de Seasick Steve, venu écouter le rock et la soul de celui qui avait été élu « Best Sound of 2012 » par la BBC. 

pukkelpopAprès un petit détour pour voir, sur la dance hall, que le jeune prodige hexagonal Hugo Leclercq, alias Madeon, se débrouille plutôt bien derrière ses platines (même si sa renommée n’a visiblement pas traversé la frontière linguistique vu le peu de monde présent), direction le Club pour reprendre et terminer en beauté notre après-midi « Black Power » avec la délicieuse Lianne La Havas. Avec sa voix soul et son pantalon en cuir tout droit sorti de la dernière scène de Grease, il ne faut pas longtemps pour que l’ambiance chauffe, que l’atmosphère devienne moite, même si au final, là aussi, il manquait un petit quelque chose à ce show sans doute trop lisse...

Direction la Main Stage pour se rendre compte que, petit un, Fred Durst, le chanteur-leader de Limp Bizkit qui était ses 45 ans,  a, apparemment, enfin réussi à perdre les quelques kilos qu’il avait en trop au début des années 2000. Petit deux, que les gamins de 15 ans qui écoutaient le groupe à l’époque sont désormais trentenaires mais sautent et boivent comme dans leur jeunesse. Et, enfin, petit trois, que le groupe phare de la scène nu metal sait encore mettre un boxon pas croyable sur une plaine, avec un son juste monstrueux. Du coup, même s’il a livré un bon concert, Interpol a eu un peu de mal à soutenir la comparaison juste derrière. Et ce, même si les tubes des rockeurs new yorkais (« NARC », « Evil », « C’Mere » ou « Slow Hands ») sont toujours aussi diablement efficaces. 

>J.C.

 

Les commentaires sont fermés.