Zita Swoon Group (le 9/10 au festival FrancoFaune): "Mon père m'a donné l'amour de la langue française"

Début octobre, le festival FrancoFaune célèbrera la chanson française à Bruxelles. 9 jours, 30 événements dans différents lieux: l’Atelier 210, la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale, le Museum des Sciences naturelles, Chez Maman… En tête d'affiche, on retrouvera Zita Swoon Group, qui ose un spectacle inspiré du mouvement « dada », sur la déstructuration du langage. Nous avons rencontré Stef Kamil Carlens, tête pensante du groupe et ancien membre (fondateur) de dEUS.

Stef, en quoi consiste le spectacle qui sera présenté à FrancoFaune?

"C'est un spectacle, qui brasse plusieurs disciplines artistiques. On part de la musique, mais il y a aussi de la danse, du théâtre, de l'art plastique. C'est très lié au travail que je fais comme artiste plasticien. Il y aura des masques, des objets qui bougent,... Ce spectacle touchera à tous les sens, pas seulement àzitaswoon.jpg l'ouïe. Avec Zita Swoon, on a arrêté de faire des concerts "normaux" en 2009. Depuis, on ne fait que des spectacles qui partent d'une idée spécifique, d'une collaboration avec des artistes issus d'autres disciplines ou d'autres cultures. Zita Swoon était un groupe pop classique, Zita Swoon Group est un collectif qui fait des spectacles."

La pop, ça ne te manque pas de trop?

"Je travaille pour le moment à un album solo. On sera quatre, l'album sortira en février et on jouera à l'AB fin avril. J'avais arrêté depuis six ans, mais ça me manquait. A côté de ça, on prépare déjà un autre spectacle avec Zita Swoon Group. Je ne m'arrête jamais..."

A quel moment t'es-tu dit que tu voulais d'écarter du chemin traditionnel?

"En 2009, on a fêté nos quinze ans d'existence par cinq concerts: un à Paris, trois à l'AB et un à Amsterdam. Il y avait des invités comme Arno et Miossec. Là, je me suis dit que je devais arrêter en étant au sommet. Je suis alors parti quelques mois au Burkina Faso. Là-bas, j'ai travaillé avec des musiciens locaux. Ce fut un déclic, je me suis dit que je devais désormais faire les choses différemment. Humainement, ça a changé ma vie."

D'où te vient ton amour pour la langue française?

"De mon père, qui était professeur de français à l'université et qui avait, et a encore toujours d'ailleurs, un grand amour pour la littérature française. Moi, je n'ai pas étudié tout ça. Mais c'était important pour lui qu'on goûte à cette culture. Depuis, ça fait un moment que je me suis mis en couple avec une Wallonne. Je suis un vrai Belge!"

Quels sont les artistes francophones que tu admires le plus? Avec dEUS, il vous arrivait déjà de reprendre "Requiem pour un con" de Gainsbourg...

"Gainsbourg évidemment! Je travaille tellement que je n'ai pas le temps de suivre l'actualité musicale. Mais ces derniers temps, j'écoute beaucoup Bertrand Belin. Je l'ai rencontré pour la première fois en France il y a longtemps. Je trouve que son univers continue de grandir. J'adore aussi Camille. De temps en temps, je tombe sur quelque chose, mais je n'ai pas le temps d'approfondir. Je découvre souvent des disques cinq ans après leur sortie."

Tu te reconnais un peu en Arno?

"Bien sûr, car comme lui je suis néerlandophone et amoureux de la langue française. C'est un bon copain et c'est lui qui m'a donné envie de devenir musicien. La langue, il s'en fout. Elle a de l'importance, mais il s'en moque et il est touchant. Il a créé une vibe européenne."

Dans ton travail actuel, y a-t-il encore des réminiscences de ce que tu faisais avec dEUS?

"Inévitablement. J'ai quitté dEUS il y a longtemps, mais j'ai continué à suivre le groupe. Ils ont beaucoup évolué. Tom Barman est un artiste exceptionnel. Car il n'a pas que dEUS, il a aussi Taxi Wars et Magnus et la qualité est toujours présente. Il a fait plusieurs expositions aussi. "

Tu n'as jamais regretté d'avoir quitté dEUS?

"Non. A un moment, ça prenait tellement de place dans ma vie, que je n'avais plus le temps de faire autre chose. Quitter dEUS, c'était un choix naturel."

Comment vois-tu l'évolution de Zita Swoon?

"On a déjà touché à beaucoup de choses mais on doit encore grandir. J'ai rentré un dossier pour demander une aide financière à la communauté flamande pour cinq ans. J'ai beaucoup de projets en tête, je contacte plein d'artistes avec qui j'aimerais bien travailler. Dans quelques années, je prévois également de travailler avec le monde arabe."

Dans ta tête, ça fourmille tout le temps! C'est facile de mettre de l'ordre?

"Pas trop non... parfois, j'ai quand même besoin de partir en vacances!"

> Une interview de Christophe Van Impe (photo: Lolbee)

Tous les renseignements sont à trouver sur www.francofaune.be.

Le festival possède également sa page Facebook officielle. 

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