Salomé Leclerc: "Être auteure-compositrice, c'est partager ses rêves"

Vendredi, vous avez peut-être aperçu sa petite frimousse sur la scène de la Grande Place. Elle, c'est Salomé Leclerc. Elle débarque du Québec avec un deuxième album ("27 fois l'aurore") sous le bras, et c'est une délicieuse surprise. Et si vous l'avez loupée, elle sera de retour en décembre à la salle de la Salome1.jpgMadeleine.

Salomé, ça fait quoi de jouer dans un cadre aussi fabuleux que la Grand Place de Bruxelles?

"Je n'y étais venue qu'une seule fois, en février 2012, mais comme touriste et en coup de vent. Me retrouver là, mais sur scène, c'est assez impressionnant. Dès que je suis arrivée la veille, j'étais fatiguée du décalage horaire et il ne faisait pas beau, mais j'ai quand même tenu à aller prendre mes repères. C'est la première fois que je jouais dans un cadre aussi enchanteur. J'ai déjà hâte d'être en décembre, car je reviendrai pour jouer à la salle de la Madeleine!"

Quand on vient du Québec, c'est facile d'exporter sa musique vers l'Europe?

Salome2.jpg"Non, vraiment pas. En plus, en Europe, on a une image tronquée de la scène québecquoise. Mais c'est vrai qu'en-dehors des chanteuses à voix et des artistes de variété, il n'y a sans doute que Coeur de Pirate qui soit vraiment parvenue à s'imposer en Europe. Quand tu n'es pas seulement interprète mais aussi auteure-compositrice, cela va plus loin que la simple idée de partage. Ce que je propose, ce n'est pas juste ma voix, ce sont aussi mes chansons et mes rêves. Ce n'est pas évident." 

Tu parles de Coeur de Pirate. Te reconnais-tu dans ce qu'elle fait?

"Non, pas tant que ça. Je ne crois pas qu'on occupe la même place. Mais c'est clair que la manière dont elle s'est imposée, ça doit me donner de l'espoir, me servir d'exemple. Il y a aussi une part de timing là-dedans. Salome3.jpgPour elle, ça a explosé dès son premier disque. Le timing était bon pour elle, les gens étaient prêts à recevoir sa musique."

La musique, tu y es venue comment?

"J'étais très jeune. C'était un héritage familial si on veut, car mes parents sont des grands consommateurs de musique. Ils écoutent énormément de rock, d'alternatif. En général, les parents ils aiment la variété ou le piano-voix. Chez moi, c'était l'extrême. Et mes deux grands frères ont beaucoup joué de musique par le passé. J'ai commencé à jouer avec eux. J'ai commencé à la batterie, et puis je suis passé à la guitare, j'ai commencé à composer, faire des concours, des festivals,..."

La batterie, tu en joues encore?

"Oui. Cette année, j'ai d'ailleurs participé à deux projets qui m'ont permis de m'y Salome4.jpgremettre."

Ca t'a apporté quoi de remporter de nombreux prix?

"Beaucoup de reconnaissance, de la visibilité. On ne fait pas ça pour les prix, mais c'est sûr que ça flatte dans le sens du poil. C'est très flatteur. Je suis dans la musique depuis 2007, et j'y consacré énormément de temps. Je me dis que je devrais parfois un peu décrocher mais ce n'est pas évident car c'est mon projet, mon bébé."

En quoi ton travail a-t-il évolué entre le premier et le deuxième album?

"Le premier avait très bien marché, même si ça n'avait pas non plus été la folie. Pourtant, je ne m'étais fixé aucune attente, car tu ne sais jamais comme ton premier album va être accueilli. Il aurait tout aussi bien pu passer à-travers les lattes du plancher. Par rapport au premier album, il y a un changement de son. Le premier était plus folk. Mais je ne veux pas faire deux fois le même disque. C'est pour ça que j'y ai apporté une touche électro. Des groupes comme Beach House, Atoms for Peace ou James Blake m'ont inspirée."Salome5.jpg

Ce premier album t'avait notamment permis de jouer en première partie de pascal Obispo à l'Olympia...

"J'ai fait trois soirs d'affilée à l'Olympia, oui. C'était impressionnant et magnifique. Je m'attendais à tellement que, quand je suis arrivée sur scène, je suis vite revenue sur terre. Il y avait juste... 3000 personnes, qui ne me connaissaient pas du tout. J'ai essayé de relativiser les choses, advienne que pourra. Les spectateurs ont commencé à taper dans les mains. C'était incroyable, car ça n'arrive quasiment jamais par chez nous."

> Un entretien de Christophe Van Impe


Commentaires

  • Prenez bien soin de Salomé car elle est a mon avis la plus belle relève du Québec de puis longtemps.

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