Un bon coup de pied au cul, merci Sleaford Mods

On les imaginerait bien sur l'estrade d'un vieux pub crado, mais c'est à l'Ancienne Belgique que Sleaford Mods a donné mardi un nouveau concert en Belgique. Une expérience nous menant droit dans les rues moroses quelque part en Angleterre.

Elle était bien jolie l'AB Box, avec ses lampes au plafond et toutes ces loupiotes blanches sur les rideaux rouges tirés. La scène semblait aussi bien grande avec comme décor une quinzaine de spots lumineux et comme seul instrument un laptop (recouvert de grands stickers "Fuck You" ou représentant des feuilles de cannabis) déposé sur trois casiers de Belle-Vue. 

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C'est pourtant un autre breuvage (de la Bulmers?) qu'Andrew Fearn, arborant un superbe t-shirt "Make Tea Not War", siphonnait tout au long de l'heure de concert. Et la confirmation d'avoir en face de nous un phénomène. Il appuie sur une touche de l'ordi, recule d'un mètre ou deux, met sa main droite dans la poche, tient sa bière de l'autre, et se dandine en prononçant de temps en temps les paroles. Punt aan de lijn.

Pendant ce temps, son pote Jason Williamson n'est pas en reste: il vocifère en se passant énergiquement les doigts sur le crâne ou en exécutant toujours le même pas de danse. Lui était à l'eau, mais c'est du feu qui sort de sa bouche, là où les beats ne sont qu'un (solide) point d'appui. 

sleaford mods,ancienne belgiqueLes rêves d'adolescent, ça fait longtemps qu'il les a oubliés. Maintenant, il a quarante ans et des, et nous parle de la vie à coup de "fuck" et de "cunt". Ce pourrait n'être qu'un long monologue répétitif, où on ne comprend d'ailleurs pas grand chose (à part des titres, comme "No One's Bothered" ou "Jolly Fucker"), mais on a l'impression d'être d'accord avec chaque parole où on devine un sarcasme certain. Y'a rien à faire, ça nous parle et on est entraîné par l'énergie et le style. Ils quittent la scène avec un petit doigt d'honneur, avant de réapparaître rapidement pour le rappel. 

Après "Tarantula Deadly Cargo", Jason Williamson nous demande de l'inviter encore à Bruxelles, encourageant un pogo naissant et fêté avec un déluge de gobelets en sa direction, sans faire sourciller notre bonhomme. Eat that Royal Blood! Même quand deux-trois personnes montent sur scène... avant que ce ne soit Andrew lui-même qui file un coup de pied au derrière de l'un d'eux pour le faire (gentiment) tomber. Tranquillou et finalement logique pour un concert qui a donné un vrai "kick" aux spectateurs.  >Philippe Sadre 

>Photos de Denoual Coatleven

 

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