Lieutenant présente "Au coeur de l'arène" au Reflektor

Ce mardi soir, c'est au Reflektor qu'il faudra être. Lieutenant y présente son nouveau projet, aussi ambitieux qu'audacieux. Le groupe liégeois vient de donner naissance à un triple concept avec un album "Au coeur de l'arène" mais aussi un roman et des peintures. Un projet qui n'est pas sans rappeler "La Mécanique du Coeur" de Dionysos", et avouez qu'il y a pire comme comparaison. La trame raconte la quête d'un idéal de vie dans une communauté quiLieutenant.jpg s'écoute. On a lu le bouquin et écouté l'album. Et on est totalement sous le charme de ce conte moderne qui n'est finalement qu'une mise en abyme de la manière de fonctionner de Lieutenant...

Comment est née cette idée d'avoir un album lié à un roman et à des peintures?

Philippe Lecrenier: "On avait sorti deux EP en anglais, comme 99% des groupes. Via divers projets, nous avions été sensibilisés au français. C'est pourquoi on a décidé de définitivement abandonner l'anglais. On ne prétend pas avoir révolutionné les choses, mais on a levé un voile d'humilité. C'était surtout l'envie de pouvoir être exigeant sur quelque chose. Un texte en anglais, ça sonne vite bien et on est moins exigeant. En plus, on voulait que les gens, en live, comprennent immédiatement ce qu'on veut dire. Cette envie de donner du sens à notre musique, ça a ouvert d'autres perspectives. Pierre peint depuis longtemps, il a un studio chez lui. Il est assez vite venu avec cette idée d'illustrer chaque morceau en essayant d'en prélever une atmosphère et donc des émotions. Quand on a commencé à avoir des morceaux et à avoir un fil rouge, je suis venu avec l'idée d'un roman, avec autant de chapitres qu'il y a de morceaux. Mais chaque chose doit pouvoir se suffire à elle-même. Le processus nous a pris deux ans."

Des cordes font leur apparition dans votre musique. Par quoi avez-vous été inspirés?

"On a écouté énormément de choses. De "Melody Nelson" de Gainsbourg à la bande originale de "Moulin Rouge" ou à celles des films de Tim Burton. Ce sont des univers qui nous parlaient beaucoup, et je pense que ces influences se ressentent dans l'album."

Un album lié à la trame d'un livre, et inspiré par l'univers de Tim Burton... ça fait forcément penser à Dionysos, non?

"On en a parlé. Laurent a écouté et lu "La Mécanique du Coeur". Moi, pas, car je n'ai simplement pas eu le temps. Ce sont des initiatives globales qui nous ont évidemment rassurés. Car on se demandait si c'était vraiment intelligent de se disperser plutôt que de se concentrer sur la musique. On se posait des questions, on avait peur de se fourvoyer. Au final, pourquoi ne pas même aller plus loin? Car c'est parfaitement adaptable au théâtre par exemple. Les trois disciplines se sont nourries l'une de l'autre."

Comment allez-vous reproduire ça sur scène?

"Le concert, c'est un art à part entière. Il y aura un travail pour rendre vivante la musique. Au Reflektor, il y aura une présentation assez globale du projet. Il y aura un quatuor sur scène, mais aussi diverses surprises..."

> Christophe Van Impe

 

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