Odezenne (le 19 au Bota): "On a hésité entre Berlin, Prague et Bruxelles"

Odezenne est de retour avec "Dolziger Str. 2.", la claque sonore de cet automne. Les Bordelais, qui adorent Bruxelles mais qui se sont exilés à Berlin pour enregistrer, se produiront à l’Orangerie du Botanique ce jeudi 19 novembre.

Quel est votre état d’esprit alors que l’album vient de sortir?

"L’impatience était grande, car on a eu la tête dedans pendant presque un an et demi. D’autant qu’on a fait une édition limitée. On a cassé les deux portes de notre studio en 5.000 morceaux. L’album sera vendu sous vide avec un drapeau avec le visuel de l’album, un livret avec les lyrics et surtout… un morceau de porte. Cela nous a pris une semaine, on a fait ça avec une douzaine de fans à Bordeaux. On aime sortir des objets qui ne ressemblent pas à Odezenne ---«Mathieu NIETO-72dpi-002.jpgdes disques. C’est une manière de proposer aux fans une vraie invitation à s’approprier notre musique. Une fois que le disque sorti, notre musique ne nous appartient plus. On peut difficilement aller plus loin que ça. Ce disque, on l’a fait de la première note à la livraison."

C’était jouissif de démolir les portes?

"Oui, à fond! Mais ça fait mal, on a encore des ampoules. Par contre, on a fait ça en pleine nuit et… ils ne sont pas encore au courant là-bas."

Vous avez enregistré l’album à Berlin. Cela vous a apporté quoi?

"Nous y sommes restés pendant six mois. Du calme, déjà. Le fait de ne pas entendre parler français aussi. Du coup, tes mots résonnent autrement. Il y a également eu une perte de repères, la mise en danger du quotidien, ce qui facilite le renouvellement de l’écriture. Et puis… la vodka. On avait besoin de cet éloignement, car ça devenait difficile de se réinventer dans ces lieux qu’on connaissait par cœur et qu’on avait déjà saccagés. On avait pris tout ce qu’il y avait à y prendre. Finalement, on est un jeune vieux groupe, car on en est déjà à notre quatrième disque. On ne voulait pas s’enfermer dans une recette. On a hésité entre Berlin, Prague et Bruxelles."

Vous connaissez bien Bruxelles?

"Oui, Grems est un ami. On connaît bien Veence Hanao aussi. Il était venu nous voir à l’Olympia. Pour le moment, on échange pas mal car il cherche un endroit pour composer, et il va peut-être venir à Bordeaux. On se reconnaît Odezenne ---«Mathieu NIETO-72dpi-004.jpgdans son approche. C’est un mec intègre, qui charbonne. On l’avait découvert au Printemps de Bourges. Il venait de sortir son morceau "Manège". On adore aussi Robbing Millions. On les a d’ailleurs invités à faire notre première partie à l’Olympia. À Berlin et à Bruxelles, les gens ont conscience qu’il faut prendre plus de temps. Il y un microcosme urbain qui est propice à la création."

En quoi cet album est-il différent des précédents?

"C’est le premier album qu’on fait qui se laisse écouter de manière agréable. On peut même fredonner certains morceaux, ça demande moins d’efforts du début à la fin. Certains groupes se trouvent très vite. Prends Portishead: il y a une esthétique du premier au dernier album, mais ce n’est jamais ennuyeux. Nous, on fait partie de ceux qui aiment rebattre les cartes à chaque fois."

Vous estimez faire du rap?

"Le disque sera dans le bac alternatif. Les Inrocks ont fait une couv’ sur nous. Et ce n’est plus le gars qui gère le rap qui a fait l’interview. C’est la preuve que ça bouge."

Le 19 novembre vous serez au Bota…

"Ah c’est Jacques qui doit parler!"

Pourquoi?

"Le problème, c’est que je ne connaissais pas la Duvel. J’ai cru que c’était une bière à 5 degrés, et j’ai continué à la même cadence. Puis est arrivé un loufoque avec sa cigarette qui fait rire. J’ai fait le concert… et puis j’ai… vomi dans les pots de fleurs du resto du Bota."

> Un entretien de Christophe Van Impe

> Photos de Mathieu Nieto


 

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