Marka: "Une tournée de quatre dates pour les SDF"

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Une fois de plus, Marka se réinvente pour une cause noble. Tout a commencé par le clip de "What's going wrong?", tourné avec des SDF. Ensuite, en octobre, il remplissait le Théâtre 140 pour un concert solidaire. Et il ne compte pas en rester là...

Comment t'est venue cette idée de faire un geste envers les SDF ?

"J'ai un copain qui m'a demandé, il y a trois ans, de venir chanter pour un repas solidaire, qu'il organisait au profit des SDF. J'ai fait ça deux fois, et puis je me suis dit qu'il y avait peut-être moyen d'aller plus loin. Ce jour-là, j'ai rencontré deux SDF polonais qui vivent sous un pont à Anderlecht. J'ai proposé de faire un clip, car j'avais une chanson qui parlait des gens qui sont dans la précarité. J'ai ensuite eu l'idée d'y ajouter des noms d'associations qui s'occupent de SDF pour que ça serve à quelque chose. On a eu des réactions positives, et j'ai décidé de faire un Marka3.jpgconcert pour aller encore plus loin. Ce fut une réussite, car on a parlé des associations et elles ont reçu de l'argent. La nouvelle que je peux annoncer, c'est que je vais faire une tournée de quatre dates en Belgique au printemps. Cela voudra dire que j'aurai été actif sur ce front pendant un an. Avec ma femme, on a également travaillé à ce repas solidaire et on a servi des plats."

D'autres artistes pourraient-ils participer au projet?

"Personne ne s'est manifesté pour le moment, mais j'ai l'intention d'envoyer des invitations et de faire à chaque fois participer un régional de l'étape."

Est-ce ton projet le plus enrichissant humainement?

"Ce qui est enrichissant, c'est de voir qu'il y a des gens qui sont capables de se mobiliser, de se lancer dans un élan solidaire et de faire bouger des montagnes. C'est notamment le cas de DoucheFLUX. Ce qui est par contre étonnant, c'est que les associations se tirent parfois dans les pattes. Mais ça me rappelle quand j'étais parti en Sierra Leone avec l'Unicef. Certaines associations sont pauvres. Et quand tu es pauvre et que tu dois t'occuper des pauvres, c'est difficile. Je sais que j'ai participé au rapprochement entre DoucheFLUX et d'autres personnes. Je dois être un peu diplomate..."

Pourquoi avoir demandé à Bernard Pierre, qui est justement diplomate, d'écrire l'album "Days of Wine & Roses?

"Je l'ai rencontré en Chine. Il a joué un peu d'harmonica pour moi, je lui ai proposé d'écrire des morceaux pour moi en anglais et ça a directement collé. Il n'y a pas une idée derrière de devenir une star internationale."

C'était comment cette tournée en Asie?

"J'avais un beau-frère, qui m'avait trouvé des dates au Japon et au Vietnam. Je ne vais pas dire que je suis connu là-bas, ce serait un mensonge. Mais, à chaque fois, il y a du monde qui vient me voir. La dernière fois, ils m'ont dit Marka1.jpg"De tous, tu es le meilleur!". J'ai eu la chance de beaucoup voyager, et je pars du principe que toutes les opportunités sont bonnes à prendre."

C'est un album avec des sonorités très rock...

"C'était une volonté de me faire plaisir, car j'ai fait toutes les guitares moi-même. Il y a juste une chanson, où j'ai fait appel à Nicolas Fizman. J'ai pris du plaisir à jouer des choses que j'aime bien entendre. Il y a un côté Chris Isaak, Black Keys, The Clash,..."

Tu as eu énormément de projets très différents. Est-ce facile de rendre ça cohérent en concert?

"Pour moi oui car j'ai un esprit très ouvert, pour d'autres sans doute que non. Mais je fais ce que j'ai envie, je n'en ai rien à caler des autres. Je suis mon propre producteur, mon propre réalisateur de projets. Je n'ai jamais été branché. Je ne suis pas les modes, je ne sais pas faire ça."

Parlons un peu football... comment vis-tu la renaissance du RWDM?

"C'est magique! Je ne suis pas allé à tous les matches, mais j'ai pris mon abonnement. Comment veux-tu passer côté de ça? C'est un club mythique! Le projet est là, et il faut maintenant qu'ils gagnent des matches et qu'ils s'en sortent. Je n'y croyais plus en cette renaissance! C'est beau. C'est un peu comme au FC Liège ou au Beerschot. Les gens ont besoin de pouvoir s'accrocher à quelque chose. Aller au foot tous les 15 jours, c'est un acte social."

Tu t'étais retrouvé dans le projet du FC Brussels?

"Je me suis un peu fait avoir. Johan Vermeersch, je l'ai connu quand il était joueur au Daring. A Molenbeek, nous sommes habitués à disparaître! Dès lors, quand il est revenu avec ça, j'y ai cru. Il n'y avait pas le nom, mais ça ne me dérangeait pas. Tu imagines que Sting a appelé son groupe "The Police"? Mais l'identité molenbeekoise, elle était là."

Quel regard portes-tu sur la cohabitation difficile avec le White Star?

"Je trouve ça lamentable. Tu as un mec qui cherche le conflit, qui aimerait se faire casser la gueule. Mais on a compris ça, et on le laisse faire. Il est juste ridicule. Il faut le laisser prendre le mur tout seul."

Tu n'as jamais eu envie de composer un morceau pour le club?

"Je l'ai fait avec le Brussels. Ici, je ne te cache pas que Thierry Dailly me l'a demandé. Il voulait que je reprenne le "RWD de Molenbeek". Mais je trouve que c'est une mauvaise idée. La chanson, elle est terrible, il faut la laisser comme ça. Je ne vois pas comment la réarranger. Je pourrais venir avec autre chose. J'ai fait une chanson qui parle de mon amour du foot. Je vais l'envoyer à tous les clubs de D1 pour qu'on la passe, car c'est une ode au football positif."

> Un entretien de Christophe Van Impe


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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