Josef Salvat: "Diamonds a tué une partie de ma carrière"

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Vous connaissez certainement déjà par coeur "Open Season" et son refrain en français. Repéré grâce à sa reprise de "Diamonds", l'Australien Josef Salvat sort enfin son premier album ("NightSwim") en Belgique. Un disque mélancolique et positif qui montre qu'il est bien davantage qu'un simple artiste de reprises ou une copie carbone de Gotye. "J'ai débuté la musique grâce à ma grand-mère, qui était chanteuse. C'est elle qui m'a donné goût à JOSEF_SML_15- Credit- EskenaziEncursiva-76818653.jpgl'harmonie. Elle est décédée dans un accident de voiture, et c'est pour elle que j'ai écrit ma première chanson."

Alors Josef, content de revenir en Belgique?

"J'adorerais découvrir Anvers. Mais j'aime aussi beaucoup Bruxelles. C'est un peu dark, un peu dangereux. Je suis venu trois ou quatre fois, mais je n'y ai jamais passé plus de deux jours. J'aimerais parcourir la ville. J'ai joué au Botanique, à l'Orangerie et à la Rotonde. C'était un peu étrange de jouer à la Rotonde, car le public est à tes pieds et la scène est énorme pour un endroit aussi intimiste. Elle fait quasiment la moitié de la salle. C'était assez déstabilisant. Le meilleur concert de ma carrière, c'était au Trianon à Paris. Je préfère jouer devant mon propre public, en intérieur. J'apprends encore à vraiment performer en festivals. Ce n'est pas toujours évident de jouer à 16 heures, en plein soleil, devant un public qui ne te connaît pas."

Connais-tu certains artistes belges?

"Jacques Brel et Stromae, qui figurent parmi artistes francophones préférés, sont belges. J'adore aussi Selah Sue. Quand je suis en festival en Europe, je flashe toujours sur des groupes belges. Et puis, Gotye est aussi un peu de chez vous. Il est même carrément né en Belgique!"

Pourquoi as-tu choisi de chanter par moments en français?

"Tout simplement car j'en suis capable. J'ai appris le français à l'école, et j'ai grandi en écoutant Jacques Brel, Serge Gainsbourg et Yves Montand. Ce sont tous des gars qui racontaient des histoires. Je suis tombé amoureux de la chanson française. Je trouvais ça sexy. C'est quelque chose que je voulais toujours faire. Je pense que je pourrais chanter encore bien mieux en français. Il y a déjà "Une autre saison" et "Paradise". A l'avenir, j'aimerais avoir une chanson entièrement en français, qui ne serait pas d'abord écrite en français. Il faut savoir que pour "Paradise", la JOSEF_HI_16  crop2-96872481.jpgversion française est venue en premier."

Tu as même repris "Week-end à Rome" d'Etienne Daho...

"C'est une chanson quasiment parlée, exactement comme Gainsbourg. C'est une conversation, c'est mélodique. On retrouve ça aussi dans ma chanson "Hustler". Inconsciemment, je crois qu'on peut retrouver cette influence dans ma musique."

Pourquoi avoir repris "Diamonds" de Rihanna?

"Juste, parce que c'est une chanson brillante. Si tu parles avec des journalistes paresseux, ils pensent que j'ai été signé grâce à cette reprise. Bullshit! C'est faux car ce morceau était sur mon premier EP, mais j'ai été signé un an auparavant. Dans un sens, "Diamonds" a tué une partie de ma carrière. Je n'étais pas un artiste commercial avant ça. Cela m'a mis de la pression. On m'a ensuite considéré comme un artiste commercial, comme un gars faisant des reprises,... et ça m'a emmerdé. Ce n'est pas ce que je suis. Je ne suis pas un snob, j'aime énormément de choses différentes en musique."

Tu as choisi de vivre à Londres. Est-ce plus simple de s'y imposer qu'en Australie?Josef 348-L8-Shot_01-66603613.jpg

"Non, c'est plus simple en Australie, car c'est un marché plus petit. On a des artistes fantastiques chez nous. Mes albums préférés de 2015 étaient ceux de Chet Faker et de Tame Impala. Putain, leur album est terrible. Courtney Barnett est également incroyable."

Es-tu agacé qu'on te compare à Gotye et Lana Del Rey?

"Non, c'est très flatteur. Ces comparaisons remontent à il y a trois ans, à cause de deux chansons, et ça me poursuit. Gotye est brillant. Sa musique est éclectique, c'est typiquement australien. Il est la preuve qu'on peut faire ce qu'on a envie de faire. Cela m'a donné confiance. Chez Lana Del Rey, j'adore sa mélancolie. La différence entre elle et moi, c'est qu'elle construit sa réalité. Ma musique est plus personnelle. Et puis, elle vend aussi quelques millions d'albums en plus!"

> Un entretien de Christophe Van Impe


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