Julien Sagot, ce génie peu conventionnel

Quand nous l'avions rencontré en octobre, lors d'un passage furtif en Europe, Julien Sagot nous avait fait bien comprendre qu'il n'était pas très porté sur la promo. La musique, il fait ça pour son plaisir personnel et certainement pas pour le pognon. L'interview s'était dès lors très rapidement transformée en discussion autour de son amour de l'art sous toutes ses coutures. Jeudi, fuyant l'hiver glacial de Montréal, il était de passage au Botanique. Le Julien.jpglendemain, il repartait déjà au volant de sa camionnette pour une tournée de quelques dates en France, pour terminer par Bayonne.

Le concert initialement prévu à la Rotonde a été déplacé au Witloof Bar, par manque de spectateurs. La Botanique a un moment même pensé annuler la date. On ne peut que se féliciter qu'elle ait été maintenue. Car, même s'il n'y avait eu que deux personnes dans la salle, Julien aurait joué avec le même enthousiasme et le même génie. Au final, la somptueuse cave du Bota était garnie d'une cinquantaine de personnes.

Julien, désormais à des années-lumière de ce qu'il faisait avec Karkwa, est plus un artisan qu'un artiste chez qui tout serait réglé comme du papier à musique. On ne s'étonne dès lors que peu que le début du set soit émaillé de quelques problèmes de son. Mais plus le concert avance, plus la magie opère. Il fait éclater tous les cadenas, et on perd tous nos repères. Rien ne sert de s'accrocher à quoi que ce soit, car ce n'est ni du rock ni de la chanson française conventionnelle. Habité, il chante et martyrise ses percussions, tandis qu'en fond de scène le steel-drum nous fait chavirer. La voix est sensationnelle, "Ficelle" et "Transibérien" sont de véritables pépites. Durant le rappel, avec "Kateline" et "Docteur C", le concert atteint son paroxysme. On en reprendrait bien pendant des heures. Saloperie de couvre-feu...

> Christophe Van Impe

> Photo de Lara Herbinia

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