Bring Me the Horizon : le boys band du hardcore a posé ses valises à l'AB

Annulé pour cause de lockdown en novembre dernier, le concert de Bring Me The Horizon à l'Ancienne Belgique a finalement bien eu lieu ce mardi. L'occasion pour les coreux british de nous présenter « That's The Spirit », leur dernier bébé en date.

 Alors j'entends déjà les fans de la première heure et les « puristes du hardcore » crier à l'arnaque en évoquant Bring Me The Horizon (que l'on appelera BMTH pour des raisons de temps gagné). C'est sûr, la musique du groupe a bien changé. Du deathcore dégueulasse de leurs débuts, les tatoués anglais sont passés à un metal bien plus lisse et empreint d'influences électros. Cela se ressent particulièrement dans leur dernier album.BMTH.jpg

 Mais même si Oli Sykes ne beugle plus comme un coyote à l'agonie, le groupe n'en a pas moins perdu sa qualité. Il a osé se renouveler, chose que l'on aime guère dans un milieu aussi fermé que le hardcore, et proposer d'autres influences. Avec succès vu sa popularité grandissante.

 C'est d'ailleurs avec le morceau d'ouverture de « That's The Spirirt » que BMTH commencera le concert. La suite, c'est 1h15 de montée en puissance. Alors que « Doomed » entame bien le show mais ne met pas encore le feu aux poudres, « Happy Song », le second single de l'album, s'en charge très bien. Le groupe alterne ensuite chansons du nouveau CD ainsi que de « Sempiternal ». Si les «True Friends», « Follow You » et surtout « Throne » font mouche, on ne peut nier la puissance des chansons de « Sempiternal ». Le public se ravit d'ailleurs d'entendre « Go To Hell For Heavens Sake », « House of Wolves », « Shadow Moses », « Sleepwalking » ou encore « Anti-Vist » et « Can You Feel My Heart ». Mais ce qui devait être la cerise sur le gâteau déçoit quelque peu. Trahi par sa voix, Oli Sykes n'arrivera pas à donner à « Chelsea Smile » sa puissance d'origine. Le chanteur montrera d'ailleurs des signes de faiblesse vocale tout au long du concert. Dommage mais cela ne suffira pas à gâcher le spectacle.

 Finalement, le groupe reviendra pour un petit rappel sur « Blessed With A Curse », seul morceau de « There Is A Hell Believe Me I've Seen it », et enfin « Drown ».

 Alors oui, une grande partie, voire la majorité, de la fan-base de BMTH est composée d'adolescentes aux cris suraigus. Ce qui en fait par là même le boys band du hardcore. Mais à la poubelle les préjugés, le groupe a réussi à nous faire passer un bon moment. Sans pour autant égaler la fougue et la folie de ses concerts d'antan, il nous a prouvé qu'il avait bien atteint une certaine maturité. Et cela, il faut le respecter.

> Olivier Eggermont

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