Nicolas Michaux, à la nuit à la mort

 

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On se souvient vaguement d'avoir vu Eté 67 en première partie de Mickey 3D au Cirque Royal. Et franchement, à l'époque, on n'avait pas plus accroché que ça. Une question d'âge sans doute, ou alors de formule. Dix ans plus tard, c'est en solo que Nicolas Michaux s'apprête à jouer pour la troisième fois consécutive aux Nuits, et on a (mais vous l'avez sans doute déjà compris) complètement changé d'avis sur le garçon. Il fera cette fois l'ouverture de Feu!Chatterton, et ça risque d'être une des plus belles soirées du festival le plus enthousiasmant de Bruxelles. Car l'album, qu'on attendait depuis deux ans, est enfin là. Et personne n'y résiste. La presse française, du Nico7.jpgMonde à Libé en passant par les Inrocks, est sous le charme. Bon, pour nous, c'était gagné d'avance, vu que ça fait deux ans qu'on connaît les morceaux par coeur. L'Atelier 210, le Cirque, le Propulse, l'AB Bota, Parade, l'anniversaire de Bruxelles Ma Belle, la Rotonde,... c'est dire si l'évolution du projet, on l'a suivie de près.

De retour du Printemps de Bourges, Nico et sa bande se sont fait plaisir ce week-end à Bruxelles. La première fois que nous l'avions vu en solo, il n'était encore accompagné que d'un seul musicien. Aujourd'hui, entouré de Clément Nourry, Morgan Vigilante et Ted Clarck, il a trouvé le line up idéal. Entre vendredi soir et samedi en début d'après-midi, ils ont joué... trois fois. Pour la release Nico3.jpgparty, la Rotonde affichait sold out. Nico a déjà joué bon nombre de fois sur cette merveilleuse scène, mais quelque chose nous dit qu'elle deviendra désormais trop petite pour lui. La symbolique est forte quand il débute le concert par "Nouveau départ". Il n'a gardé que dix morceaux pour l'album, mais il en a encore beaucoup dans ses tiroirs. Comme ce superbe "A tiger has escaped from the zoo", joué en milieu de set. Comme l'an dernier lors de sa création au Musée pour les Nuits, il termine par une reprise du Velvet Underground. "I'll be your mirror" a cette fois fait place à "What goes on". Message politique discrètement posé sur sa guitare, il nous annonce que le capitalisme est en train de mourir de sa belle mort, le concert est terminé. Mais pour certains, la nuit ne fait que commencer.

Il est 22h30, soit l'heure initialement annoncée pour le début de l'after au Chaff, mais tout le monde est encore au Bota. La soirée risque de se prolonger, longtemps, très longtemps. Il est largement passé minuit quand le van du groupe se stationne Place du Jeu de Balle. On retrouve les mêmes têtes qu'au Bota, mais en plus petit comité. Quelques chopines aidant, ils sont encore plus chauds qu'en début de soirée. Le set est plus court mais plus intense. Rodriguez Vangama, le musicien congolais rencontré à Kinshasa, aurait dû être de la partie sur "Part of no part". Mais il est porté disparu, et ne donnera signe Nico2.jpgde vie que... quelques heures après la fin du concert. Peu importe, le morceau passe à la trappe, mais ça ne gâche en rien la nuit. Une nuit qui se prolonge jusqu'aux petites heures.

Samedi, ils ont forcément des tout petits yeux au moment de débarquer dans les locaux de Pias pour le Record Store Day. Il est 13h15 quand ils prennent le relais de Dan San dans la superbe salle du sous-sol. Sept morceaux seront joués, dont à nouveau la reprise du Velvet et l'inédit "Parrots". Le set est Nico8.jpgévidemment plus posé que celui du Chaff. On voit même quelques enfants se trémousser aux pieds de leurs parents qui, eux, se remettent tout doucement de la veille. Tous les exemplaires du vinyl trouvent acquéreurs. Quelques heures de sommeil réparateur et Nico et Clément, son guitariste, prennent déjà la route de Paris, pour assurer la première partie de Puggy à la Maroquinerie. Après un tel marathon, il faudra faire mine d'être en forme, mais ils semblent plutôt doués pour ça...

> Texte de Christophe Van Impe et photos de Lara Herbinia

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