Nuits du Bota 2016: O et LUH, beautés contrastées

Temps frisquet et, du coup, un peu moins de monde pour cette troisième soirée sur les marches du Bota, mais la qualité était encore une fois au rendez-vous. Notre soirée a débuté à la Rotonde avec O. Olivier Marguerit, qu'on a notamment connu comme guitariste de génie chez Syd Matters et Mina Tindle et dont le talent d'auteur-compositeur n'est plus à démontrer, a mis du temps avant de se décider à occuper l'avant de la scène. Mais l'attente en valait la peine. Devant une salle malheureusement clairsemée, il a présenté "Un torrent, la boue", son premier album. Un moment de grâce, qui aurait toutefois mérité un peu plus d'attention. Mais les connaisseurs, eux, étaient là. Dans l'assistance, on a ainsi pu croiser des membres Olivier.jpgde Girls in Hawaii (avec qui il a jadis partagé la scène avec Syd Matters) ou de BRNS.

A l'Orangerie, le ton était nettement moins posé. Alors qu'on ne sait pas trop si Vanessa Carlton a joué " A Thousand Miles" sous le chapiteau (on ne sait d'ailleurs pas trop non plus ce qu'elle faisait à l'affiche des Nuits), The Scrap Dealers faisait monter le volume. Un groupe belge qu'on avait déjà pu voir au Stellar Swamp, le festival psyché organisé depuis deux ans par Moaning Cities à l'Atelier 210 et au Magasin 4.

Place ensuite à LUH, la tête d'affiche de la soirée. LUH, pour Lost Under Heaven, c'est le nouveau projet d'Ellery James Roberts, l'ancien leader de WU LYF (World Unite Lucifer Youth Foundation). Ayant rencontré Ebony Hoorn à Amsterdam et ayant quelques difficultés à gérer le succès, il LUH.jpgavait décidé à notre plus grand regret de dissoudre son groupe après un seul album. Cet album, "Go tell fire to the mountain", sorti en 2011, nous avait profondément marqués. Ah, cet incroyable morceau "Dirt", on se le repasse encore aujourd'hui sans aucune lassitude. De WU LYF, il ne reste aujourd'hui plus que la voix déglinguée et l'énergie rageuse. Mais, alors qu'on le voyait jadis plutôt monter sur les barricades un cocktail molotov à la main et un foulard sur le visage, Ellery chante désormais l'amour avec sa dulcinée. Mais un amour sauvage, gueulard et prenant. Sur la fin du concert, LUH fait d'ailleurs péter les décibels. Certains se bouchent les oreilles, d'autres sont en transe. Les deux tourtereaux dédicacent ensuite des vinyls au stand de merchandising. Paraît que la version originale de l'album de WU LYF s'arrache désormais à 150 euros. On ne sait jamais, ça pourrait être un bon investissement...

> Ch.V.I.

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