Italian Boyfriend (ce samedi au Bota): "On entretient le côté fragile de notre musique"

D'italien, César Laloux n'a finalement rien d'autre que le drapeau en autocollant sur l'arrière de sa bagnole. Cela n'empêche pas Italian Boyfriend, le groupe qu'il a formé avec Sarah Riguelle et Marc Pirard, d'être à l'affiche de la soirée ritale des Nuits du Bota de ce samedi. Ils viennent de sortir leur premier album ("Facing the Waves"), une petite merveille pop. Montez sur votre Vespa, c'est parti pour la première interview de César en dehors de BRNS...ITALIANBOYFRIEND -® Manou Milon.jpg

Comment se retrouve-t-on à l'affiche d'une soirée italienne en ayant d'italien que le nom?

"Les circonstances ont fait qu'on a eu l'occasion de jouer trois fois d'affilée aux Nuits du Bota. La première fois, c'était en première partie de BRNS, à la sortie de l'EP. L'année passée, c'était quasi notre seul concert de l'année pour les 20 ans de 62TV. Là, comme on sort l'album, on est en effet à l'affiche d'une... soirée italienne, coprogrammée avec le festival Arezzo Wave. On va quand même faire une reprise en italien pour coller au thème. Notre choix s'est porté sur "A far l'amore comincia tu" de Raffaella Carrà. Je connais un peu Joycut, qui sera aussi à l'affiche. Ils nous avait accueillis à Bologne avec BRNS. On aimerait bien jouer un jour en Italie, car 'est un pays qu'on adore. Deux amplis, et c'est parti."

Qui a trouvé le nom du groupe?

"C'est moi. Sans doute en marchant dans la rue, ou dans ma cuisine. Je n'ai jamais été très doué pour trouver de noms de groupes. Comme la musique était assez estivale et passive, je trouve que ça s'y prêtait bien. Je m'imagine bien tranquille sur ma Vespa..."

La sortie de l'album, ça a été un soulagement?

Italian Boyfriend2 -® Manou Milon.jpg"Oui, car ça faisait quand même longtemps que le processus était lancé. Avec BRNS, j'étais tout le temps parti en tournée. On avait tous un agenda assez chargé, et ça a pris un an pour enregistrer l'album. Je suis soulagé, et je pense que je ne vais pas tarder à passer à autre chose. Maintenant, on va attendre de voir ce que ça dit à l'étranger."

Il y a quelques semaines, vous avez fait la release party à l'Atelier 210, mais les conditions étaient particulières...

"C'était un moment un peu stressant. C'est la première fois qu'on faisait une date payante à notre nom. Les conditions étaient vraiment exécrables. On a eu plein de problèmes de son, mais je crois que les gens ont quand même apprécié et ne retiennent que le positif. C'était important de faire une fête pour fédérer tout ceux qui ont participé. Des vidéos de cette soirée vont d'ailleurs bientôt sortir. On avait demandé à jouer dans le bar plutôt que la salle car je voulais éviter de booker une jauge un peu trop grande et d'être stressé parce que ça ne se remplit pas."

Tu avais besoin d'avoir un projet plus léger à côté de BRNS?

"C'est vrai que ce n'est pas du tout la même chose. En même temps, avoir deux projets similaires, ce ne serait pas intéressant. J'ai toujours ça eu dans un coin de ma tête. J'écris mes petits morceaux et mes démos depuis 5 ou 6 ans, même avant d'être dans BRNS. C'est ça qui m'épanouit. Même quand on part en tournée, j'ai besoin de composer tout seul dans mon coin. Dans BRNS, je suis celui qui apporte justement les gimmicks pop. L'un dans l'autre, ça va. Je ne vais pas devenir schizophrène. Ce que je fais dans les deux groupes est assez proche, même si c'est musicalement différent. Avec BRNS, on termine l'enregistrement du prochain album, qui devrait sortir début 2017."

Mais tu prétends ne pas savoir chanter...

"C'est juste que je ne suis pas chanteur. J'ai toujours fais des morceaux en pensant que je ne les chanterais pas. Italian Boyfriend -®Manou Milon.jpgComme ça c'est mal passé avec une fille et qu'on a essayé avec un mec qui est parti tout de suite, j'ai décidé de franchir le cap. C'est parfois un peu approximatif. Mais c'est justement ce côté un peu fragile qui me plaît. Je sais bien que ce genre de projet a ses limites, ça ne deviendra jamais un truc mainstream."

Le line up actuel est-il définitif?

"On a d'abord eu le départ du bassiste. Moi, je jouais de la batterie et je chantais en même temps, ce qui ne me permettait pas de profiter pleinement des concerts. Depuis, on a pris Tim de BRNS et Jérémy de Paon. Jérémy va partir en Australie et Tim aura peut-être un truc ou l'autre. Il y aura donc sans doute de temps en temps des remplacements."

Pour l'enregistrement de l'album, vous avez fait appel à Aurélien Auchain de Mountain Bike.

"Comme Mountain Bike, on va droit au but. Aurélien, c'est un ami. Il avait déjà enregistré l'EP, qu'on n'avait pas sorti, avec le groupe précédent. En studio, c'est un mec super patient. C'est une crème."

Il n'a jamais été question qu'il intègre le groupe?

"Si, au tout début. On a essayé avec lui, mais il n'avait pas assez de temps avec Mountain Bike."

Quelles sont vos influences?

Italian boyfriend 3 -®Manou Milon.jpg"Il y en a beaucoup dans les groupes pop américains, anglais, australiens voire français. Dans les reviews, on cite souvent Papas Fritas. C'est vrai que je comprends le côté super pop avec une voix de fille et une voix de garçon. J'aime bien tout ce qui est direct avec de belles mélodies."

Sarah, ta copine, a ouvert il y a quelques mois le café littéraire "Parade" (rue de Savoie, 59, à Saint-Gilles). C'était important de garder quelque chose à côté de la musique?

"Absolument, ça nous garde dans la vie concrète. C'est important pour nous de rester les pieds sur terre, en servant des cafés et en lavant la salade. En plus, on organise des concerts bien sympas."

 > Un entretien de Christophe Van Impe

> Photos de Manou Milon


 

 

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