Nuits du Bota: Katerine et Suuns ont touché au sublime

On a vécu de bien belles Nuits qui, sur la fin, ont carrément flirté avec le sublime. On en veut pour preuve ce concert absolument époustouflant de Philippe (comment tu t'appelles?) Katerine au Cirque Royal samedi. Une soirée qui avait débuté pour nous dans une Rotonde, désormais garnie d'un squelette d'on ne sait quel dinosaure sous sa coupole. S'y déroulait une soirée presque exclusivement italienne, organisée en collaboration avec le festival Arezzo Wave. Entre les excellents Wrongtoyou (délicat à la Bon Iver) et Joycut (on n'a pas vu, mais on nous a dit le plus grand bien de leur postrock), nos compatriotes d'Italian Boyfriend se sont tapés l'incruste. En live, l'arrivée de Tim (même s'il jouait avec une jambe dans le plâtre) à la batterie apporte un plus incontestable. On a donc désormais la moitié de BRNS dans le groupe, mais ça n'a pourtant strictement rien à voir. C'est délicieusement nonchalant et maladroit. Pour coller au thème de la soirée, ils se sont même permis une reprise de Rafaella Carra, chantée par Sarah. Et César, une fois sorti de Katerine1.jpgscène, de sortir son copion griffonné en italien "Google translate" pour tenter de convaincre les autres de faire jouer son groupe en Italie.

Entretemps, nous avions pris en quatrième vitesse la direction du Cirque Royal, où Blondy Brownie et Alex Beaupain venaient de finir leur set. Nous voilà tip top sur place pour les premières notes de "La Reine d'Angleterre". On le craignait un peu ce concert "intimiste" de Katerine dans ce grand Cirque. Comment allait-il tenir le coup sans pouvoir faire le guignol, en slip, avec ses danseuses? Mais les craintes ont été très vite dissipées, et pas un peu. Nous avons carrément assisté au meilleur concert de ces Nuits. Katerine n'a fait que confirmer, grandeur nature, l'excellente impression qu'il avait laissée il y a quelques semaines lors de son showcase dans les bureaux de Pias. Accompagné de sa pianiste classique et habillé comme un Peter Pan sous LSD, il a tout simplement été sublime. Pendant 1h30, on a navigué entre le concert émouvant (comme quand il rend hommage à son père, récemment décédé) et le standup hilarant. On a évidemment eu une bonne partie du dernier album, mais aussi des classiques revisités comme "Louxor" ou "La Banane". Du très grand art.

Dimanche, cerise sur le gâteau, nous nous Suuns.jpgsommes réconciliés avec Suuns. Lors de leur dernier passage aux Nuits, au Cirque Royal, les Canadiens nous avaient franchement ennuyés. Cette fois, ils ont été hypnotiques, massifs, puissants et prenants. Comme sur ce "2020" joué de main de maître pendant le premier tiers du concert. Un bien joli bouquet final pour de bien belles Nuits. Le canard laqué en terrasse, les transats Ricard et le slalom sur les marches du Bota, tout ça c'est déjà fini. On attend déjà la prochaine édition avec impatience, snif...

> Ch.V.I.

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