Kennedy's Bridge: "Nous ne sommes plus dans l'urgence"

Le nom du groupe, ils l'ont trouvé en traversant le Pont Kennedy à Liège alors qu'ils n'étaient encore que des ados. Kennedy's Bridge, qui vient de sortir un EP plus sombre et plus mature ("Contact") et qui était aux Nuits du Bota, sillonnera les festivals d'été. Avec en point d'orgue le Fly Way, en septembre en Corse. Amateurs d'Arctic Monkeys, c'est pour vous...

Êtes-vous satisfaits de votre concert aux Nuits du Bota et de l'accueil du public bruxellois?

"On appréhendait un petit peu, car ce n'était que notre deuxième concert après plusieurs mois. Jusque-là, nous n'avions joué qu'au Reflektor. Mais, au final, oui ça s'est très bien passé. C'était une date importante, car c'était la première en-dehors de Liège. Le public était donc un peu moins conquis d'avance. Maintenant, place à la suite. On fait plusieurs Fêtes de la Musique, à Nivelles et à Mons. On a les Ardentes, les Francos, la Nuit du Soir, les Fêtes de Wallonie à Namur. Et puis le Fly Away en Corse aussi. Cette dernière date sera particulière. C'est un tout KB2.jpgnouveau concept, et assez spécial. Je pense qu'il y aura une très bonne ambiance, avec essentiellement des groupes belges."

Pourquoi avoir sorti un deuxième EP plutôt qu'un album?

"Le format EP nous convient mieux pour le moment, vu qu'on travaille tous à côté. Il y en a deux à Bruxelles et trois à Liège, ce n'est donc pas facile de se voir. On répète tous les week-ends à Liège. Il y avait aussi l'envie de revenir sur scène très rapidement. On aurait pu faire un album, mais ça aurait tout décalé de plusieurs mois. On a mis un an pour faire six titres, et le résultat nous satisfait. On ne fait cependant pas une croix sur un album pour la suite. Si on fait quelque chose à l'avenir, on prendra plus de temps. Nous sommes arrivés à un stade, où on peut se permettre de prendre notre temps pour faire de la qualité."

Le fait d'avoir bossé à la campagne, ça a changé le ton de votre musique?

"On a créé les chansons à la campagne, au Studio Koko à Sprimont, et on les a ensuite enregistrées au Studio 5 à Liège. C'était un environnement sympa, avec des vaches autour de nous. Tout ça nous a permis de nous ressourcer. Paradoxalement, le calme a quelque chose de créateur en musique. C'est vraiment une bonne méthode. Sur le premier EP, on faisait un peu de la pop urgente. Désormais, c'est plus posé et plus apaisé. C'est plus réfléchi, les thèmes sont plus sombres, et on a plus soigné la production. C'était un besoin de calmer les choses. Sur l'album, il pourrait encore y avoir une évolution musicale."

Quelles sont vos principales influences?

"A la base, ce sont les scènes anglaises et américaine des années 2000. Arctic Monkeys, les Strokes, les Libertines, Franz Ferdinand, Babyshambles,... On essaie tout de même que ce ne soit pas du pompage. En Belgique, on aime aussi beaucoup Ghinzu, Girls in Hawaii et Balthazar."

Parvenez-vous à vous faire un nom en Flandre?

"La frontière est malheureusement assez tenace. C'est difficile de passer de l'autre côté. Le public flamand est KB1.jpgassez exigeant, et est très pointilleux sur la langue anglaise et l'accent. On n'a pas encore joué en Flandre, mais on y a eu une interview dans un magazine. C'est plus facile pour nous d'aller jouer en France, et c'est dommage."

Une tournée à l'étranger, ça semble pour le moment compliqué avec vos obligations professionnelles...

"La musique est un milieu dont il est très difficile de vivre. On se voit difficilement mettre notre boulot de côté pour passer dans la cour de récré suivante. Cela nous freine sans doute, mais nous en sommes conscients. On investit beaucoup d'énergie, mais on garde les pieds sur terre..."

> Un entretien de Christophe Van Impe


 

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