Nicola Testa ou l'incarnation de la lumière

Á l'occasion de la Fête de la Musique à Huy, Nicola Testa nous a encore régalé (même la pluie s'est arrêtée) avec un show haut en couleurs. Une ambiance atmosphérique et planante, une voix cristalline mais puissante, des musiciens énergiques ... il n'en fallait pas moins pour que la Place Verte soit couverte d'applaudissements nourris et de cris perçants de certain(e)s fans. Et le chanteur bruxellois n'a pas failli à sa réputation ! Pendant un peu plus de soixante minutes, il n'a pas arrêté de danser, de sauter, de partager avec le public  tout en souriant. On ne pouvait pas ne pas se dandiner en le voyant heureux d'être là. Ses chansons ont résonné dans toute la ville, reprises en chœur par les admirateurs de la première heure. Il a enchaîné ses titres, meilleurs les uns que les autres, convaincant les plus IMG_3347ret.jpgsceptiques qu'il était bien une des figures montantes de la scène musicale belge (il sera d'ailleurs présent au Mons Summer Festival et aux Francofolies de Spa cet été). Il fallait malheureusement que le concert se termine et Nicola s'en est allé sur les notes percutantes de son titre-phare "We Are Rainbows".

Mais nous l'avons vite retrouvé après ce show ! En effet, il a accordé de son temps au public et s'est prêté au jeu des selfies et des dédicaces. Voilà la parfaite définition d'un artiste talentueux et généreux qui garde les pieds sur terre.

 Vous avez fait appel à la générosité afin de financer le développement de votre premier album. Qu'avez-vous éprouvé lors de la mobilisation de fans pour participer à la réalisation de cet opus ?

"C'est très agréable déjà d'avoir une réceptivité de la part d'un public. Ça permet aussi de pouvoir rencontrer un petit peu et de tester pour voir qui est son public, comment il réagit, par quoi il est intéressé, ce qu'il a envie d'avoir ou de ne pas avoir. C'est une sorte de petit test. Ça met aussi un peu de pression parce qu'on sait pour le coup qu'il y a tous ces gens qui ont déjà acheté le disque, qui ont envie de l'avoir et donc forcément c'est très agréable d'avoir déjà ce contact-là avec le public avant même que le disque ne soit fait."

 On vous compare souvent à Dave Gahan (chanteur de Depeche Mode) et Christine and The Queens. Qu'est-ce que cela vous fait ?

"Il y a pire (rires). Ça ne me dérange pas parce que je trouve que c'est flatteur. Ce ne sont pas des gens que je n'aime pas, ce sont plutôt des gens que j'aime bien. Après, c'est vrai que ce qui est aussi agréable c'est quand on vous compare juste à vous-même. C'est encore mieux mais je pense qu'on a tous besoin d'avoir des références, de IMG_3467ret.jpgsavoir "lui me fait un peu penser à un tel". J'avais ça aussi avant quand j'écoutais de la musique et maintenant je me rends compte de ça encore plus depuis que je fais de la musique !"

Avez-vous été surpris par l'emballement populaire par rapport à votre musique généreuse et lumineuse ? Vous attendiez-vous à un tel retour après la sortie de votre album ?

"On ne sait jamais ... Je ne m'attendais à rien. J'avais envie que le disque soit bien accueilli car c'est quand même un gros travail, ça a été une longue partie de ma vie, ça m'a demandé beaucoup d'énergie, de temps et de travail. Donc, j'avais envie qu'on comprenne le disque. C'était surtout ça qui m'intéressait : qu'on comprenne le disque comme j'avais voulu le faire. Et je pense que dans la plupart des cas, ça a été réussi. J'étais vraiment content ! Après, on aime ou on n'aime pas mais je suis quand même content de la réception qu'il a eu parce que j'ai l'impression qu'on a vu ce que j'avais voulu faire et compris ce que je voulais raconter et je pense que c'est quand même le principal !"

Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais et non en français ou en italien ?

"Souvent, je dis pourquoi pas parce que c'est comme pourquoi est-ce qu'on choisit de faire de l'aquarelle plutôt que de la gouache ou de la guitare plutôt que du piano ... Ce sont juste des instruments et on les prend pour jouer. Et l'anglais, c'est une langue avec laquelle j'aime bien jouer, que je connais bien et que j'ai l'habitude de travailler. Donc, j'avais envie de continuer de travailler avec cette langue-là. Après, peut-être que je vais écrire en français ou en italien ou dans une autre langue. Ce n'est pas interdit en tout cas !"

A l'heure de la dématérialisation des supports, quelle est pour vous la valeur d'un CD ?

"J'aime bien le CD, le disque et le vinyle et le format. C'est très pratique le MP3 mais c'est plus difficile d'avoir une vue d'ensemble du disque. Ce que j'aime bien avec la pochette, qu'elle soit vinyle ou CD, c'est qu'elle amène aussi IMG_3461ret.jpgune lecture supplémentaire au disque comme les clips et tout le reste. Il y a plusieurs niveaux de lecture et c'est ça que je trouve intéressant. Et puis, le CD est un chouette objet aussi."

Êtes-vous déçu de n'avoir pas été récompensé aux D6BELS Music Awards malgré votre nomination dans plusieurs catégories dont le meilleur concert et album ?

"(rires) J'étais quand même content d'être nominé autant de fois surtout que je pense que j'étais un des seuls artistes indépendants. Après, c'est vrai que j'étais un peu déçu de ne rien avoir ... Mais j'avais quand même en face de moi, soumis aux votes du public, des artistes comme Alice On The Roof qui ont vraiment une très grosse fanbase et qui ont aussi plus de moyens que moi. Mais je ne suis pas déçu, je suis content d'avoir participé. Je n'ai vraiment pas de regrets."

On sait que vous êtes fort attaché au visuel, notamment lors de vos concerts, mais êtes-vous à la base de ce show à part entière ?

"Oui, c'est moi qui décide de ce que je fais. Après, je travaille avec d'autres gens que ce soit sur les pochettes, dans les clips ou sur scène pour les costumes. J'ai travaillé avec Jean-Paul Lespagnard, qui est un créateur belge, et on s'est vu, on a discuté, je lui ai donné mes envies et il m'a donné les siennes. Après, je lui ai fait confiance et il faut quand on choisit de travailler avec des gens sinon ça ne sert à rien ... Si c'est pour dire "Tu fais ça, tu fais ça", alors je le fais moi-même et je prends une couturière qui va me coudre les vêtements que j'ai dessiné. Ce que j'aime bien justement, c'est collaboré avec les gens pour le dialogue et la richesse que ça peut apporter. Et puis, j'aime bien aussi avoir les points de vue d'autres artistes sur moi, sur ma musique... avoir un échange quoi !"

Travaillez-vous déjà sur votre prochain album ? Allez-vous explorer d'autres horizons musicaux ?

"Oui, je travaille déjà sur mon prochain album. Je ne sais pas encore parce que c'est difficile à dire puisque je suis IMG_3401ret.jpgau début du travail. J'écris beaucoup de mélodies au piano mais pas beaucoup d'arrangements. Je pense qu'il y aura forcément une différence parce que je ne suis plus le même maintenant : je grandis, j'évolue, je travaille avec d'autres personnes, j'ai d'autres influences et de nouvelles choses à raconter aussi. Donc forcément, ça ne va pas être la même chose mais je ne crois pas non plus que ça va être très différent. Je vais essayer que ça reste moi-même, je ne vais pas faire complètement autre chose. Après, moi-même peut être beaucoup de choses aussi donc on verra !"

> Un entretien de Nicolas Folichon

Commentaires

  • Alice on the roof est surmédiatisée par la RTBF, c'est incroyable et assez révoltant par rapport aux artistes qui n'ont pas participé à leur The Voice.

    Cela reste tout de même du commercial archi simplisime à l'extrême, pas de quoi s'exité, sauf si on aime la télé poubelle.

  • C'est vrai qu'être programmée à tous les festivals, même déjà l'année dernière sans aucun album mais avec une seule et unique chanson, c'est pas du tout normal du tout normal.

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