Un samedi aux Ardentes: le rock psyché l'emporte par KO

Mieux vaut tard que jamais, il aura fallu attendre le dixième anniversaire pour que nous mettions les pieds aux Ardentes. D'emblée, l'agencement du site surprend avec cette longue allée le long de la Meuse ressemblant plus à une fête foraine qu'à un festival. Pas question ici d'une large plaine, comme on en voit un peu partout en Flandres. Ulysse.jpgL'accueil est également bien plus sympathique. L'ambiance débute dès la navette, avec un chauffeur de bus ayant certainement appris les rudiments de son métier au Club Med plutôt qu'à la TEC.

Une fois sur place, il faut donc bien marcher dix minutes pour trouver traces d'un concert. Deux salles sont nichées dans le hall des foires des Coronmeuse: le HFO et l'Aquarium. On est samedi, le temps et est au beau fixe, et on a tout sauf envie d'aller s'enfermer dans ces hangars. D'autant que Moaning Cities, qui sortira en janvier son deuxième album avec son nouveau line-up, termine son set. On avait adoré leur premier disque, qui naviguait entre les Doors et BRMC, et il n'y a pas de raison qu'il n'en soit pas de même pour le suivant.

Caballero & JeanJass n'auront droit à nos faveurs que pendant un morceau, car il est tout doucement temps de voir à quoi ressemble cette scène principale. C'est à ce moment que Broken Back débute. Un concert qui ne nous émoustillera point. Une soupe FM qui ressemble à 1000 autres artistes déjà entendus sur les ondes, à commencer par Milky Chance. Comme Broken_Back.jpgavec les Allemands, on a l'impression à chaque début de morceau d'entendre les premières notes du single. Bin non, ce sera pour le rappel. Quant au story telling du gars qui fait de la musique après s'être cassé le dos, ça ne fonctionnera que le temps d'un album.

Les Ardentes, elles valent surtout par la qualité de leur programmation hip-hop. Vince Staples nous fait en effet vibrer pour la première fois de la journée. L'Américain, issu de l'école Odd Future comme Tyler the Creator (à l'affiche le lendemain) est venu avec un light-show impressionnant. Malheureusement pour lui, il n'est pas aidé par la configuration du HFO. La salle est bien trop lumineuse et, surtout, le son est très limite. Au point que l'ingénieur n'ose pas le pousser trop haut. Dommage.

Notre coup de cœur de la journée, c'est sur la scène principale qu'il a eu lieu avec Goat. On ne comprend pas trop comment ce groupe se soit retrouvé à jouer là. Les gamins qui attendent Bigflo & Oli encore moins. Masqués et fringués comme des Incas, les Suédois proposent une espèce de messe psyché du meilleur goût. Les guitares se font enfin entendre à Liège. Selon la légende, un sorcier aurait jadis jeté une malédiction sur Korpilombolo, le village dont Goat.jpgest originaire le groupe. On a envie d'y croire. Le concert terminé, c'est en cachant leur visage qu'ils montent dans leur navette. Mystérieux, jusqu'au bout.

Changement de registre radical avec Bigflo & Oli. Les deux Toulousains se produisaient pour la troisième fois en quatre ans aux Ardentes. Ce sont les régionaux de l'étape. Olivio touche à la corde sensible en débarquant vêtu d'un maillot des Diables rouges floqué à son nom. La mise en scène vaut le coup, c'est drôle et jamais putassier. Du hip-hop pour les enfants certes, mais de qualité. Avec une Big_Flo&Oli.jpgmention particulière pour l'intervention du champion de France et d'Europe de beatbox, impressionnant de maîtrise.

Son Lux, dans un Aquarium légèrement plus digeste que le HFO, sera notre dernière satisfaction de la journée. La suite, ce seront des prestations en roue libre d'Alice on the Roof et de Pharrell Williams. Même bien trop cool pour ce dernier qui, désintéressé, n'a pas justifié une seule seconde son statut de tête d'affiche...

> Christophe Van Impe

> Photos de Nicolas Folichon

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