Therapy? (23/11 au Bota): "Mon grand-père est mort pendant la guerre 40-45 et est enterré à Gand"

Aucun groupe étranger ne connaît sans doute mieux la Belgique que Therapy? Après être passé par le Nirwana Tuinfeest et le Boerenrock il y a quelques jours, les Nord-Irlandais seront de retour au Botanique le 23 novembre,Andy1.jpg pour un set acoustique. Dingue du ballon rond et abonné à Chelsea, Andy Cairns est tombé encore plus amoureux de la Belgique depuis que les Blues ont pris une forte coloration belge. Et, surtout, il a un lien émotionnel très fort avec notre pays...

Andy, comment pouvez-vous expliquer ce lien si fort qui vous unit à la Belgique?

"La Belgique a toujours été un pays essentiel pour Therapy?, et il y a plusieurs explications. Il y a quelques jours, nous étions d'ailleurs encore chez vous pour deux festivals. Avec le temps, je pense qu'il n'y a pas un endroit où nous n'ayons pas joué dans votre pays. ce serait tout simplement inimaginable de faire l'impasse. Je suis déjà impatient de revenir. Il faudra attendre jusqu'au 23 novembre, ce sera long. C'est notamment en Belgique que nous avons commencé à avoir du succès. Nous y avions mis les pieds dès 1992, dans un petit club, lors d'une tournée qui ne passait que par l'Irlande, l'Angleterre, l'Allemagne et la Belgique. De 1994 à 1996, nous avons connu une période fantastique avec trois prestations d'affilée à Werchter. C'était un record! Le premier reste un très grand moment. A l'époque, "Troublegum" cartonnait. Et puis, j'ai aussi un lien affectif avec la Belgique. Mon grand-père est décédé pendant la Deuxième Guerre Mondiale, et il est enterré à Gand. Mon père m'a un jour emmené sur place. C'était impressionnant, il n'y avait que des tombes blanches en enfilade. Je n'ai jamais compris ceux qui disent que la guerre est nécessaire."

Pourquoi avoir décidé d'opter pour un set acoustique?

"J'étais déjà venu pour ce genre de concert il y a deux ans au Botanique, mais en solo. Je l'avais simplement fait Andy4.jpgparce que les autres membres du groupe ont une femme et des enfants, et qu'il faut bien leur laisser du temps. Mais moi, je ne peux pas rester inactif. C'est une expérience qui m'a beaucoup apporté, et je souhaitais la reproduire avec le groupe. Ce n'est pas du tout une nouvelle orientation, mais c'est une manière de captiver encore davantage le public, en insistant sur les paroles et les mélodies."

Quel impact "Troublegum" a-t-il eu sur l'existence du groupe?

"Cet album a tout simplement changé notre vie à tous. Nous sommes passés de l'anonymat à la lumière. Il nous a permis de partir en tournée quasiment sans interruption pendant presque deux ans. C'était fabuleux. Beaucoup de fans, et pas seulement, considèrent cet album comme une pierre angulaire de leur discographie. Je pense que "Disquiet" est dans sa lignée. Il y a en tout cas des liens évidents entre les deux."

"Vulgar Display of Powder" est-il une référence à Pantera?

"Dans le titre, évidemment. Mais c'est surtout un hommage à ces années 90, qui nous ont permis de faire le tour du Monde et d'explorer des pays où nous n'aurions jamais mis les pieds en temps normal."

Vous avez par contre eu plus de mal avec "Infernal Love", sorti exactement il y a 20 ans, et qui avait pourtant également connu un bel accueil...

"C'est exact. L'année 1996 était une période très difficile pour le groupe. Nous étions en plein troubles, Andy3.jpgnotamment communicationnels. Nous avions beaucoup de pression, car on nous demandait de faire encore mieux que "Troublegum", qui s'était déjà vendu à 650.000 exemplaires. Le délai entre les deux albums était très court, et nous n'avions quasiment pas eu de break. On a mis très longtemps à s'en remettre. Cet album, je ne l'ai réellement accepté que récemment. Il sonne différemment des autres mais, quand je le réécoute aujourd'hui, il y a quand même quelques très bons morceaux."

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