Moaning Cities: "La pression est différente d'il y a trois ans"

Trois ans après l'impeccable "Pathways through the sail", Moaning Cities est de retour avecx "D. Klein". Avec un autre line up, mais toujours avec la même inventivité et la même énergie. Cet album, ils le joueront ce vendredi soir au Botanique. Et c'est ni plus ni moins que la claque de cette rentrée.

Comment se prépare le concert au Bota?

MoaningCities-D.Klein-FRONTcover.jpgTim: "On a pu faire une résidence de trois jours la semaine dernière à Enghien, chez les parents de Mel. On a tout mis en place. Jeudi, on était à Liège, au Koko Studio, là où on a enregistré l'album. Laurent Roux fait des concert filmés, des captations très privées. Ce n'était pas annoncé, c'était juste pour rejouer l'album. C'était super excitant, et c'était un très bon exercice de mettre ce nouveau set en place. Mercredi et jeudi, on sera aussi en résidence au Botanique."

Valérian: "Il y a quelques morceaux qu'on joue déjà depuis plusieurs mois et qui sont rodés. C'est à la fois excitant et flippant. C'est quand même toujours un travail d'interprétation, car il y a pas mal de choses qui sont fignolées en studio et qu'on a du mal à refaire en live simultanément."

Tim: "C'est une pression différente, car peut-être que les gens nous attendent."

Valérian: "La release de février, on revenait de concerts à l'étranger et on était morts. On arrivait au Bota sans vraiment réaliser les enjeux. En exagérant à peine, on essayait de se concentrer pour tenir debout. 

Comment le changement de line up s’est-il opéré ?

Valérian : "Nous étions arrivés à un stade où le groupe était dans le flou. Certains pensaient pouvoir évoluer, mais d’autres étaient plus dans une optique amateure. Les ambitions étaient les mêmes, mais pas l’état d’esprit. Je trouve que cette histoire reste une bonne aventure humaine. Une rupture, c’est toujours compliqué. Mais, quand on a décidé d’en parler, ça a fait du bien. La preuve, c’est qu’on est aujourd’hui sur le label de Greg. La décision s’est prise dans une tente après un concert aux Bucoliques."

Comment en êtes-vous venus à créer le festival Stellar Swamp ?

Valérian : "Nous avons été inspirés par ce que nous avons vu sur la route. Il y avait cette envie de cristalliser ça à Bruxelles. On a proposé le projet à Julie de l’Atelier 210, et puis Denis a fait le lien avec le Magasin 4, où il est administrateur. Malheureusement, ça ne pourra peut-être pas se refaire au Magasin 4. C’était aussi une manière de rester présent entre deux albums, de s’ouvrir vers autre chose."

MoaningCities-bandpicSmall-©MehdiBenkler.jpg

Comment expliquez-vous votre réussite en Suisse ?


Mel : "En Suisse, on a un très bon booker."

Tim : "C’est un pays très curieux musicalement. Ils viennent vraiment écouter de la musique, et ils reviennent. Ils font des bornes pour vous voir."

Valérian : "A Bruxelles, il y a aussi une telle concentration, qu’il est impossible de tout voir. En Suisse, tu as par contre des lieux bien identifiés, comme par exemple le Bad Bone à Fribourg."

Le sitar est-il toujours aussi incontournable dans le groupe ?

Tim : "Non, c’est vraiment des périodes. Ici, il y en a moins car je c’était une période où j’arrivais mieux à m’exprimer avec ma guitare. Je suis néanmoins retourné en Inde il y a deux ans, ça commence à faire long. Cela me travaille ces derniers temps. J’ai trois optiques : faire le chemin de Bruxelles jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle en trois mois à pieds, aller faire un tour dans le désert et rencontrer les Touaregs, et enfin retourner en Inde. J’aimerais bien retourner mon premier maître. Mais, je suis un peu maso. Je ne m’autorise pas à y aller avant d’avoir atteint un certain niveau de travail et de résultat. Je crois que je n’irai pas avant d’avoir 50 ans, car je suis très dur avec moi-même. "

 

Un entretien de Christophe Van Impe

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