Bastian Baker: "Avant j'écrivais les histoires d'amour de mes potes, cette fois c'est la mienne"

L'été pointait le bout de son nez lorsque nous avons rencontré Bastian Baker à Bruxelles. Alors que l'Europe entière se passionnait pour le Championnat d'Europe de football, le Suisse n'avait d'yeux que pour la Stanley Cup, finale du championnat nord-américain de hockey sur glace, sport qu'il à pratiqué à un certain niveau. Mais le chanteur, passé par le jury de The Voice Belgique, a embrassé la carrière de chanteur et nous présente son nouvel album, plus intime que jamais.

Bastian, depuis quelques années le succès est au rendez-vous. Est-ce que cela n'a pas été un peu vite?

Bastian1.jpgBastian Baker: "Je dois dire que je le vis bien (rires), je suis dans une bonne période, une période d'hyper-créativité. C'est mon troisième album, je suis tout le temps en train d'écrire et je cherche des nouvelles musiques, des nouvelles collaborations. C'est frais, c'est cool. C'est pourtant une reprise (Hallelujah de Jeff Buckley) qui m'a fait connaître en France quand on y pense, mais cette chanson a une histoire magnifique."

Voici donc ton cinquième album, Facing Canyon. Un titre un peu énigmatique?

B.B.: "J'aime quand les gens se posent des questions à propos des titres des chansons ou des albums. Pour le coup, je suis parti avec des potes dans un van, dans l'ouest américain. J'avais pris des démos avec, qui allaient très bien avec les longues routes américaines, et mes potes ont été très critiques avec mon travail. Puis au bout, il y a eu ces grandes falaises, présentes depuis des milliers d'années, qui te font prendre conscience de l'immensité du truc. Ca fait réfléchir."

Certains titres de l'album font réfléchir aussi...

B.B.: "Tu veux certainement parler de "Charly from Sydney". C'est ma première chansons qui traite de l'actualité. Je me souviens parfaitement des deux évènements, où j'étais. Lors de l'attaque de Charly Hebdo j'étais à Las Vegas, et lors de la prise d'otages de Sydney j'étais en Islande, là où il ne se passe jamais rien. Il y a un côté "random" dans ces attentats, être à la mauvaise place au mauvais moment. C'est le thème de mon texte, cette part de hasard qui fait que tu es en vie ou pas. Ce qui est touchant, c'est que lorsque je chante cette chanson en concert, tout le monde se tait."

Lorsqu'on est chanteur, on pense forcément à l'attaque du Bataclan?

B.B.: "C'est clair que oui. Tu sais depuis cette date, dès que j'arrive dans une salle de concert, je regarde les sorties de secours. C'est le climat de terreur qui s'est installé. Et je connais le terrorisme, je l'ai étudié à l'école, le comment du pourquoi de ces actes. Cela me touche donc un peu plus, car je connais un peu l'envers du décor."

Dans cet album, on peut lire dans ta vie comme dans un livre ouvert

B.B.: "Clairement. D'ailleurs depuis quelques temps les gens me croisent dans la rue et me disent: "Tracasse pas, ça va aller", ils ont de la peine pour moi. Dans l'esprit du public, je suis un peu l'éternel célibataire. Mais j'ai pourtant rencontré une superbe femme, actrice, polyglotte, intéressante, belle à en mourir. Nous n'avons pas rompu, mais simplement on a regardé nos agendas et on a bien vu qu'on ne se verrait pas avant Noël. C'est la vie. Avant j'écrivais les histoires d'amour de mes potes, cette fois c'est la mienne."

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Et dans ces chansons, tu laisses ressortir ta tristesse?

B.B.: "Oui mais pas que. Dans "I Want You", je me moque ouvertement de ma tronche et de cette situation qui est à l'inverse de ce que je peux connaître. J'étais là, à courir après elle, à lui servir à boire, à lui faire une omelette. J'étais le guignol de service."

Le titre "Tattoo On My Brain", c'est tout de même un crève coeur?

B.B.: "Oui, c'est la pire, la plus triste et celle qui exprime le mieux ce que je peux ressentir. Il y a "White Room" aussi, où je parle des rêves que je fais d'elle. Si je lui ai fait écouter les chansons avant de les mettre dans l'album? Oui, bien sûr, il y en a même que j'ai pu écrire à côté d'elle, à la fashion week. Elle m'a même dit: "Ce sera un tube ça baby". Je me suis quand même demandé si je devais sortir ces chansons, si je devais ouvrir les vannes."

Enfin, il y a ce duo avec B.J. Scott

B.B.: "Oui, ma meilleure amie sur The Voice. Nous n'avions rien planifié. Après les primes, à la place de dormir, on jouait jusqu'à pas d'heure dans le lobby de l'hôtel. On a aussi refait le monde, parlé de la condition humaine, et puis nous avons écrit ce morceau. Il a fallut trois jours pour faire l'arrangement et c'était dans la poche."

Sinon, tu es toujours aussi heureux de revenir en Belgique?

Ho que oui. C'est dans votre pays que j'ai bu ma première bière. C'est sympa, mais la Suisse fait le meilleur chocolat (rires).

Dès le 30 septembre, retrouvez dans les bacs le nouvel album de Bastian Baker, Facing Canyon.

Interview réalisée par Florian Holsbeek

 

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