Fly Away: la Corse était belle, la Corse était belge

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Dimanche matin, 8h. Des cernes sous les yeux, Compuphonic fait courageusement tourner ses platines. Quelques festivaliers dansent encore, le pas lourd mais sourire aux lèvres, les pieds nus dans le sable. Ils n'ont pas vu leur lit de la nuit, et n'en verront pas la couleur. D'autres attendent déjà, valise à la main, la navette devant les reconduire à l'aéroport d'Ajaccio. Le Fly Away Festival touche à sa fin. Quatre jours plus tôt, le séjour avait débuté par un trajet d'1h30 dans ce même bus à-travers les routes escarpées des montagnes corses, pour arriver à Cargèse. Certains ont la nausée, d'autres récupèrent tant bien que mal leurs heures de sommeil perdues. La suite? Quatre jours proches de la perfection, durant lesquels on ne sait trop que choisir entre la piscine, la plage, une balade dans les rochers ou succomber à ces apéros à répétition. Une fois sur place, juste le temps de faire le tour du propriétaire que les premiers concerts s'annoncent déjà.

Ulysse, une des révélations de l'année, relève le défi d'ouvrir cette première édition du festival. Challenge réussi avec brio. Ils ont maintenant bien droit à quatre jours de farniente, durant lesquels on les verra surtout traîner à la piscine avec les gars de Kennedy's Bridge. On n'est que le premier soir, on vient à peine de faire connaissance avec le buffetFly6.jpg kilométrique du restaurant, et voilà qu'on nous offre déjà le plat de consistance avec Balthazar. C'est évidemment un luxe inouï de voir les Flandriens dans un tel contexte, plutôt qu'à Forest National ou dans un grand festival aseptisé et impersonnel. Car ici, tout le monde apprend vite à se connaître. Les artistes et les festivaliers se mélangent, discutent, mangent ensemble, et tout semble naturel. La première "beach party" se fera cependant sans nous. C'est que, partant de Bruxelles, on devait être à l'aéroport à 6h. Pas grave, il y en aura encore beaucoup d'autres.

Heureuse surprise que de découvrir une montagne de crêpes au petit déjeuner le lendemain. Cette deuxième journée commence bien. Et elle se poursuivra avec une très agréable découverte en la personne de Joe Bel. Nichée sous un arbre et avec, devant elle, une assistance affalée dans des transats, cette jeune Lyonnaise séduit d'emblée par son grain de voix. Elle termine par une Fly7.jpgremarquable reprise d'"Amoureuse" de Véronique Sanson, qu'elle interprétera encore avec Nicola Testa deux jours plus tard. Il est temps d'aller manger, encore une fois. Premier concert sur la plage aussi, avec le duo Alaska Gold Rush qui joue pendant que le personnel prépare l'apéro.

Nouveau buffet, un de plus, et c'est ensuite Nicola Testa qui se produit en premier dans l'amphithéâtre ce soir. Il s'agit, comme pour beaucoup des artistes à l'affiche, du dernier concert de sa tournée. Il est déjà en pleine réflexion pour la composition de son deuxième album, qui ne devrait cependant pas sortir avant un an. Sur scène, il s'est débarrassé de ses sandales, de son short et de sa casquette, et a opté pour une veste "asiatique" rouge à exemplaire unique. Elle lui a été prêtée, il s'agit Fly9.jpgde ne pas l'abimer ou la perdre. A ses côtés sur scène, on retrouve Emmanuel Delcourt. On le connaissait déjà dans Roscoe et MLCD. Cet été, il avait aussi filé un coup de main sur quelques dates des R'tardataires et d'Alice on the Roof. Le voilà donc entré dans la "famille Testa". Un sans faute pour lui. Sans doute grâce à ces quelques heures passées à bosser ses partitions en bord de plage, un cocktail à proximité.

Le seul couac technique du festival, il aura été pour les Vismets. Forcément, quand le synthé fait des caprices, ça pose problème. Mais les Bruxellois n'ont pas perdu leur sang froid, ont improvisé en reprenant "I'm waiting for my man" du Velvet Underground et ont sauvé les meubles. Aujourd'hui, c'est soirée Tropicana, et voilà qu'on commence déjà à distribuer des colliers de fleurs. Allez, cette fois, on va rester. Manou Milon, tête pensante de "Bruxelles ma Belle" (plusieurs sessions ont été tournées sur place) s'installe aux platines. C'est au moment où il passe du France Gall qu'une panne de courant éclate. Il d'une surprise vu que, quelques mètres plus loin, Soldout débute son set. On en avait presque fini par oublier que le duo était sur l'affiche, mais pas dans le programme. Un concert tendu et électrique, qui ne fera que retarder d'une heure le début de la soirée Tropicana. Ce séjour s'annonce physiquement rude.

Sonnfjord à 11h le lendemain, Fly3.jpgsous l'arbre? Bin on n'a pas vu. Honte à nous, mais il s'agissait de notre seule impasse du festival, car il fallait bien partir un moment à la découverte du village de Cargèse, situé à 7 kilomètres du Club. On passera cette fois sur la partie "ravitaillement" pour s'attarder sur le concert de Noa Moon. Sur la plage, le lieu idéal pour écouter la Bruxelloise. N'étant plus en tournée depuis un moment, elle propose quelques morceaux qui figureront sur son deuxième album. Et change les paroles de "Paradise" en rendant hommage au festival. Le ton de la soirée sera plus rock. Avec d'abord la jeunesse de Kennedy's Bridge. Et ensuite la classe et l'énergie de Fly10.jpgSharko. Ces derniers estimaient avoir "joué trop vite et trop fort", vu l'attente. On les rassure, c'était juste parfait, et c'était simplement un des meilleurs concerts du festival. Place alors à la "pool party", avec Mickey aux platines. Il n'aura évidemment pas fallu attendre cinq minutes pour que certaines finissent à la flotte.

Il est 6h25 quand Teuk, le guitariste de Sharko, rejoint sa chambre. Nous, ça fait longtemps qu'on est sous les plumes. A 11h le lendemain, David Bartholomé est donc tout seul pour son concert acoustique surprise sous l'arbre. Il demande l'aide des festivaliers pour réveiller Teuk au son de "No contest, I'm the best". Rien n'y fait, le gaillard n'ouvrira l'oeil qu'après 17h. Nicola Testa, sublime en formule acoustique, avait remarquablement lancé cette avant-dernière journée, en reprenant notamment "Life on Mars" de David Bowie et l'intro de "Running up that Hill" de Kate Bush. Alaska Gold Rush prend le relais, pendant que Bastian Baker dépose ses bagages. A peine arrivé, celui-ci joue un premier concert sur la plage, suivi d'un autre constitué de reprises en compagnie de Joe Bel. Quatre ans après la sortie de son dernier album, Montevideo pouvait pour sa part proposer un set presque exclusif. Avant que Hollywood Porn Stars ne boucle les festivités sur la touche la plus rock du festival. Cette première édition du Fly Away aura été une réussite totale. C'est certain, dans un an, nous serons à nouveau les pieds dans l'eau à Cargèse...

> A Cargèse, Christophe Van Impe

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