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  • #29 de nos albums de 2014: Moaning Cities avec Pathways Through The Sail

    image.jpg2014 aura marqué le grand retour du rock psyché. Avec Temples notamment, mais pas seulement. En Belgique, Moaning Cities a sorti le meilleur album du genre avec "Pathways Through The Sail". Après une longue tournée, le groupe a revu son line up et sera à l'affiche du prochain Eurosonic Festival à Groningue. 

     

     

  • Julien Doré: "Il ne faut pas minimiser le rôle de l'artiste"

    Exceptionnellement, c'est seul et en voiture que Julien Doré a débarqué à Bruxelles mardi après-midi. Nous l'avons rencontré quelques heures avant le troisième passage de sa carrière par l'Ancienne Belgique. Cette fois, nous n'avons même pas évoqué l'album, nous n'avons même pas parlé du concert. A la place, l'artiste hors-normes qu'il est nous a simplement ouvert les portes de son univers. Et ce fut fascinant... 

    Les échanges entre Christophe et toi ont été nombreux. Tu l'as souvent repris, il en a fait de même avec "Corbeau Blanc" et tu l'as plusieurs fois invité sur scène, que ce soit au Trianon ou à la Gaieté Lyrique. Te considères-tu comme son héritier?

    "Non. Je crois qu'il n'y a pas vraiment d'héritage dans la musique. Il y a des gens dont l'esprit peut nous sembler proche du nôtre. Mais je ne crois pas qu'il y ait des choses à voler, à hériter. Ce qui nourrit ma musique est justement d'ailleurs souvent éloigné de la musique elle-même. Par contre oui, il y a des artistes qui me bouleversent juste en tant qu'amoureux de la musique. Chez Christophe, il y a quelque chose qui me touche beaucoup. Au fond, le plus grand nombre de moments qu'on ait partagés ensemble, c'était d'ailleurs en-dehors de la scène. On joue à la pétanque, on boit un thé chez lui, on parle de plein de choses."10818616_10152616608957869_1453079824_n.jpg

    Si tu devais ressortir un morceau de son répertoire, ce serait lequel?

    "J'adore "La Dolce Vita", car j'aime le texte et j'ai l'impression de pouvoir me l'approprier quand je le chante. Mais il y en a plein d'autres qui me touchent beaucoup. Ce qui est très riche, poétiquement parlant chez lui, c'est son univers global, qui est différent à chaque disque. Il est en permanence en train de rechercher des nouveaux sons, des nouvelles idées. Il ne s'arrête jamais de chercher, et ça c'est quelque chose que j'adore chez lui. C'est quelqu'un de fascinant, de très humain, de merveilleux à côtoyer."

    L'été dernier, tu as repris tout l'album "La Notte, la Notte" d'Etienne Daho sur scène. Comment t'est venue cette démarche?

    "Les Francofolies de La Rochelle m'avaient proposé d'être la création du festival. On m'a proposé de revisiter et de réinterpréter ce disque, ce que j'ai accepté. Je connais Etienne. Je lui ai envoyé certaines premières tentatives de répétitions pour voir s'il était d'accord avec ma vision. Je voulais absolument m'éloigner des prods de l'époque."

    10494891_781758091885057_4423639727450910051_o.jpgC'est important pour toi d'avoir un retour de l'artiste que tu reprends?

    "Quand c'est quelqu'un que j'aime, oui. Quand j'estime les chansons à la base, oui. Quand je reprends des chansons qui, pour moi, auraient pu être meilleures ou interprétées différemment, alors je ne me pose pas la question. Dans le cas d'Etienne, j'avais envie qu'il me soutienne dans ma démarche. C'est ce qu'il a fait en validant mes arrangements et en me faisant le cadeau de venir chanter avec moi "Week-end à Rome" quelques semaines après les Francos, lors d'un festival à Carcassonne. J'étais seul au piano avec lui, et c'était super beau."

    Ressortir l'album en l'agrémentant de versions piano-voix, c'était une manière de revenir aux sources? 

    "Au coeur de la tournée, je me suis remis tout seul au piano et c'est comme si, dans ma mémoire, revenait l'histoire de ces chansons, la façon dont elles sont nées."

    T'inspires-tu d'autres disciplines artistiques?

    "Complètement. Ma mise en scène, mes mots, mes textes ne sont pas inspirés d'autres chanteurs, mais plutôt d'autres univers. C'est la danse contemporaine, la danse classique, les pièces de théâtre, la mise en scène. Et des gens comme Bartabas par exemple, dont j'aime beaucoup les spectacles. ll mélange les animaux, la musique et le jeu. Ce sont des gens comme ça qui me touchent beaucoup, inconsciemment d'ailleurs. Par exemple, quand je sors d'une pièce de théâtre qui m'a touchée, des choses me restent."sans+titre-518.jpg

    Et tu écris directement?

    "Non, j'ai l'impression qu'il faut toujours un temps de digestion. Quand on se nourrit des choses autour de nous, il faut les digérer avant de pouvoir les transformer. Si on essaie trop tôt de coller à ce qu'on a ressenti, on se perd vite."

    Gustave Doré était ton arrière-arrière-grand-oncle. En-dehors de lui, es-tu issu d'une famille artistique?

    "Disons d'une famille qui avait le goût de certaines formes d'art. La musique classique était présente du côté de mon grand-père. Ma grand-mère dirigeait aussi un centre d'art, de danse classique, à Cannes. Mais ce qui m'a surtout ouvert à tout ça, ce sont les Beaux-Arts, mes études après le lycée. C'est là que j'ai commencé à goûter à des choses qui me sortaient d'une destinée, qui m'amenaient ailleurs, qui me permettaient d'agrandir mon regard et de rêver à de plus belles choses. Mais pas que pour moi, pour le monde entier. J'ai goûté à l'universel en goûtant à l'art. Et ça, ça a éveillé en moi une mission, qui est celle d'écrire, d'être honnête avec mon univers, avec ce que je raconte et avec les gens qui m'écoutent. Et de partager avec eux quelque chose, qui est de l'ordre de la poésie de l'instant. Et d'espérer que dans cet instant suspendu, poétique, quelque chose reste chez eux, et déclenche d'autres choses plus tard. Aujourd'hui, j'ai trouvé la substance et le sens du pourquoi je fais tout ça. Dans ce partage, il y a la possibilité pour nous tous de changer notre façon d'être avec les autres et de faire du monde dans lequel on vit peut-être un monde meilleur. Je ne suis évidemment pas seul. Mais mon petit rôle, mêlé à celui d'autres artistes, est aussi important que celui des scientifiques ou des hommes politiques. Je pense qu'on a un un grand rôle à jouer aujourd'hui. Les auteurs, les chanteurs, les réalisateurs, les danseurs, les écrivains,..."

    Connais-tu par coeur l'oeuvre de Gustave Doré?

    "Par coeur non. Je pense d'ailleurs que personne ne connaît par coeur l'immensité de son travail et en peu de temps en plus. Il y a bien sûr les gravures pour la "Divine Comédie", mais il a tellement illustré de choses. C'est incroyable. Il remplissait d'ailleurs des pages entières de choses qu'il avait encore à faire et qu'il avait faites. Se sentir vivant parce qu'on a des choses à accomplir, dans le peu de temps qu'on a sur cette planète, ça c'est quelque chose qui me parle. Son temps d'expression a été court, pourtant il a accompli ce qu'aucun sans+titre-627.jpgêtre humain actuellement ne parviendrait à faire. Les techniques étaient bien plus complexes à l'époque."

    Tu as consacré une chanson à Michel Platini. Pourquoi lui plutôt qu'Eric Cantona, qui a pourtant joué dans les deux clubs de ton coin (Nîmes et Montpellier) et qui a un côté très "rock-star"?

    "Oui, c'est vrai. Peut-être parce que j'étais trop proche de Cantona, en terme de football. Ca me parlait plus. Il était plus proche de moi dans le temps. Platini, c'était déjà une icône gravée, à encadrer. Donc, j'avais la distance du regardeur. J'avais le recul d'un homme qui n'était pas footballistiquement parlant trop contemporain. Et puis tout bêtement parce que quand je me suis mis au piano et que cette chanson est arrivée, le mot Platini dans sa forme, dans son écho, a résonné. C'est difficile à faire une chanson sur le football. C'est pour ça que je déteste faire le chansonnier. Certains font ça très bien, moi j'en suis incapable. J'écris des textes qui auraient pu être écrits il y a 100 ans. C'est important pour moi de ne pas écrire sur l'actualité. L'actualité elle est en perpétuel mouvement. Et mon seul but, quand j'écris des chansons, c'est justement de la faire bouger cette actualité, de faire bouger le monde dans lequel je vis. Ce n'est certainement pas pour témoigner de la petitesse d'un jour, d'une semaine ou d'une année. Dans Platini, il y avait un côté hymne iconique d'une image, d'une image Panini. Bien plus que d'un être humain. C'est pour ça que j'avais la distance pour le faire. Ce n'est pas une chanson sur le football, c'est une chanson d'amour, c'est un témoignage. Je m'imagine une histoire avec lui où on observe le football d'aujourd'hui en étant assis ensemble sur un banc de touche. On est dans la contemplation, dans l'observation de ce qui nous entoure, sans jugement. C'est pour ça qu'on est hors du temps."

    Le morceau "Baies des Anges" était empli de références. Es-tu un adepte du name-dropping?

    "Il y en a eu pas mal sur mon deuxième album parce que certains noms faisaient écho d'un point de vue sonore. Beaucoup moins sur LØVE. Il y a aussi du name-dropping, mais du name-dropping de villes, de lieux. Par contre, je ne saurais pas trop comment te l'expliquer. Il n'y a pas d'astuce, ça va, ça vient."

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    Dig Up Elvis, le groupe de tes débuts, était présenté comme étant "belge". Tu peux expliquer?

    "Parce qu'on était Belges! Finalement, les deux seules tournées qu'on a faites dans notre courte carrière de jeune groupe disparu, c'était en Belgique. Un pays qui accepte que ce groupe là fasse des dates, bien plus facilement que notre propre pays... bin on est Belges, c'est tout. Et puis ensuite aussi parce qu'il y a eu ma rencontre avec Sharko, avec Christine Massy, avec Waff, le clip de "Kiss Me Forever" tourné à Peruwelz, ma collaboration avec Arno sur le premier album, les premières parties de Sharko avec Dig Up Elvis à Spa,... Et puis des souvenirs de festival d'été, notamment un moment magique aux Francofolies de Spa. Pendant la Coupe du Monde, je supportais à la fois la Belgique et la France. Ce sont des bons souvenirs. Ce matin, je suis venu jusque Bruxelles en voiture, ce qui est rare. J'étais content d'arriver, de retrouver cette Ancienne Belgique."

    Dig Up Elvis, c'est mort et enterré cette fois?

    "Oui. Baptiste, le batteur est désormais sur scène avec nous. C'est avec lui que j'ai composé "Corbeau Blanc" et "Viborg". J'adore notre histoire, le fait que nous ayons fait notre premier concert dans une vitrine de magasin à Nimes. C'est là que j'ai rencontre Baptiste et Julien. Malgré la "Nouvelle Star", on a continué à jouer ensemble. Je trouve cette histoire très belle. Guillaume est devenu luthier. Il nous fait parfois des instruments. De toute manière, je n'ai plus la force pour être à la hauteur des deux. Réellement, c'est juste un constat. Je préfère refuser quelque chose que de ne pas être à la hauteur. Voilà ça s'est éteint comme ça. J'aimerais un jour écrire quelque chose là-dessus."

    sans+titre-674.jpgJustement, l'écriture ça te tente?

    "Oui, j'aimerais beaucoup. Je le fais déjà pour moi, même si j'aimerais écrire quelque chose que je pourrais ensuite mettre en images. Le clip de "On attendra l'hiver", qui est pour moi la plus belle chose en termes d'assemblages que je sois parvenu à faire, c'est exactement le genre d'idée que j'aimerais développer. J'aimerais réaliser quelque chose de plus long, peut-être un court-métrage. C'est le cas quand j'écris mes textes. Quand les mots viennent, c'est comme si les images venaient en même temps. Les mots, c'est comme si je le voyais, comme si je les sculptais."

    La tournée a été très longue, et se terminera le 11 avril au Zénith de Paris. Penses-tu déjà au quatrième album?

    "Non. Il y a des choses dans ma tête, mais je sais que je ne dois pas m'écouter pour le moment. Je dois d'abord me nourrir d'autres choses. Je dois d'abord aussi réfléchir si on compte faire ou non des festivals d'été. Ce que j'aimerais surtout faire, ce sont des musiques de film en fait!"

    > Une interview de Christophe Van Impe

    > Un tout grand merci à Lara Herbinia pour les superbes photos

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  • U2 sera au Sportpaleis d'Anvers les 13 et 14 octobre

    u2-songs-innocence-cover-larry.jpgAprès la sortie de son nouvel album, U2 va partir en tournée. Et celle-ci, baptisée "The Innonence & Experience tour" fera escale chez nous, du côté d'Anvers. 

    Les Irlandais seront, en effet, au Sportpaleis les mardi 13 et mercredi 14 octobre prochains. Les tickets seront en vente à partir du 8 décembre à 9h. Comme d'hab, ils devraient partir très très vite... 

  • Fauve ≠ balance un premier extrait ... sans musique de son nouvel album

    Vieux-Frères-partie-1-by-Fauve-Corp-groupe-band-album-vinyl-photo.jpgLe collectif français Fauve ≠ publiera début 2015 Vieux Frères - Partie 2, leur deuxième album. Il a balancé ce mardi un premier extrait sur le net. Un extrait, baptisé "Azulejos", pour le moins particulier puisqu'il n'y a pas de musique sur celui-ci, juste une déclamation de près de 3 minutes. 

  • #30 de nos albums de 2014: FKA Twigs avec LP1

    FKA_twigs_-_LP1.pngOn débute ce mardi le décompte journalier qui nous mènera le 31 décembre à notre meilleur album de l'année. Le numéro 1 de notre Top 30 annuel. 

    Et en 30e position, on retrouve une artiste dont on vous avait parlé en janvier dernier dans notre sélection des artistes qu'il fallait avoir à l'oeil en 2014:  FKA Twigs, de son vrai nom Tahliah Barnett. On ne s'était pas trompé. 

    Après deux EP baptisés EP1 et EP2, elle nous a fait découvrir cet été son premier album, LP1. Un disque qui confirmait vraiment les attentes placées en cette jeune Londonienne aux racines jamaïcaines et espagnoles. Elle propose un mélange futuriste de R'n'B et de trip-hop. A la fois planant et (électroniquement) barré. Avec un milieu sa très belle voix. Un must de 2014!