Critiques d'albums - Page 6

  • Kveikur, le meilleur Sigur Ros depuis Ágætis Byrjun

    Sigur-Ros-Kveikur.jpgLe groupe Sigur Ros a sorti voici quelques jours Kveikur

    C’est quoi ? Le septième album studio de nos Islandais préférés. Désormais en trio (on a perdu Kjartan Sveinsson, pianiste et multi-instrumentiste, en cours de route), Sigur Ros nous revient avec un disque moins facile d’accès que certains de ses prédécesseurs. Mais il ravira les fans de la première heure. 

    Cela ressemble à quoi ?  Kveikur se rapproche très fort des albums grâce auxquels on a découvert Sigur Ros dans nos contrées : la claque Ágætis Byrjun en 2000 et les magiques () et Takk parus respectivement en 2002 et 2005.

    Le côté plus "pop" entendu sur Með suð í eyrum við spilum endalaust (sorti en 2008 dans la foulée du projet solo du chanteur du groupe, Jónsi) a plus ou moins disparu.  Ici, les ambiances sont plus sombres, plus rêches, parfois même sales voire agressives. Avec une bonne dose d’électro et de guitares saturées. A l’image des singles « Brennisteinn » et « Kveikur ».

    Cependant, le groupe a fait attention à bien garder le côté planant, ambient, qui a fait sa renommée. 

    Pourquoi faut-il se procurer cet album? Beaucoup plus puissant que son prédécesseur, Valtari (paru l’an passé), Kveikur est simplement le meilleur album du groupe depuis le chef d’œuvre Ágætis Byrjun.

    Notre note : 4,5 sur 5.

    Par Julien Carette




  • Blackfeet Revolution, la claque rock venue de l'Hexagone

    Attention, grosse claque en vue. Non, le rock français ne se limite pas aux mièvreries des BB Brunes. Blackfeet Revolution, qui vient de faire la première partie d'Hanni El Khatib à Paris, sort son EP. Et ça percute les timpans et les neurones. Naviguant dans l'univers des Black Keys et des White Stripes, avec des influences stoner et blues, ce groupe hexagonal sort la grosse artillerie. Comme leurs grandes influences, ils sont deux: une guitare et une batterie. Le single "M.I.T.R.A.I.L.L.E.T.T.E", aux guitares bien acéréesblackfeet.jpg et qui sent bon le soufre, fait le même effet qu'un uppercut reçu en pleine face de la part de Mike Tyson. A voir en live pour la première fois en Belgique sur la scène de l'Autumn Rock Festival, le 7 septembre.

    > Christophe Van Impe

  • Château, l'ADN monarchique du rock belge

    Au moment où la royauté belge en prend plein la tronche et que "Game of Thrones" squatte toutes les conversations, l'EP six titres de Château arrive à point nommé. Non, ce n'est pas le projet rock de Delphine Boël, mais bien celui de Geoffrey "Dallas" Hautvas. Orphelin de The Dallas Explosion depuis 2011 et fraîchement intégré comme bassiste au sein des Vismets, celuchateau.jpgi-ci a désormais décidé de s'attaquer à la royauté, à la noblesse, aux problèmes des riches,... un concept novateur, pour lequel il a su s'entourer de la crème du rock belge actuel (Kevin Dochain de Von Durden à la guitare, Malik Alimoekhamedov de Kupid Kids à la basse et Alexandre De Bueger à la batterie). Les six morceaux proposés sont très accrocheurs. C'est du bon rock n' roll bien envoyé, avec parfois un délicieux côté baroque, et une voix toujours aussi reconnaissable. On ne saurait trop vous conseiller "The King's shilling", le titre d'ouverture du EP. Qui n'est même pas dédicacé à ce bon vieux Bébert...

    En tournée:

    22/06: Festival Vibration (Malmedy)
    03/08: Nandrin Alive Festival (Nandrin)
    21/08: Ward'in Rock Festival (Wardin)

    > Christophe Van Impe


  • Half Moon Run, la nouvelle merveille canadienne

    half-moon-run.jpgDark Eyes, le premier album des Canadiens de Half Moon Run, sort (enfin) dans nos contrées. 

    C'est quoi? Arcade Fire, Patrick Watson, Crystal Castles, The Dears, ... Ces dernières années, le Canada nous a donné quelques groupes essentiels (et on en a oubliés beaucoup ci-dessus). La nouvelle petite merveille venue du "pays des caribous" se nomme Half Moon Run et il a fallu le temps pour qu'elle arrive jusqu'à nos oreilles puisque l'album en question est paru voici plus d'un an de l'autre côté de l'Atlantique. 

    Le NME se demande si ces Canadiens sont les nouveaux Arcade Fire tandis que d'autres parlent de l'influence de Radiohead (la voix du chanteur Devon Portielje fait vraiment penser à celle de Thom Yorke sur le morceau "Give up") ou Fleet Foxes sur ce premier disque. De belles références pour un sublime premier disque. 

    Cela ressemble à quoi? Dark Eyes est un album principalement mélancolique, regroupant douze plages (soit une de plus que dans la version US) melangeant pop, électro ou folk. Des morceaux intimes et intenses. Une musique d'une beauté exquise. A découvrir au plus vite! 

    Notre note? 4,5 sur 5.

    A voir au Botanique le 31 octobre prochain.

    Par Julien Carette



  • "What a treat", Laura Imbruglia, elle-même

    Imbruglia.jpgTroisième album pour la chanteuse pop-rock australienne qui a cette fois exploré plus en profondeur son côté folk-country.

    On y retrouve les ingrédients déjà présents sur son album éponyme (en 2006) et "The Lighter Side Of..." (2010), à savoir des mélodies efficaces et des textes "sur des amours non partagés et cette mauvaise manie de répéter les mêmes erreurs" teintés de fausse naïveté et d'humour fataliste. Les premiers singles "Why'd You Have To Kiss Me So Hard" et "Awoooh!" (qui rejoignent les plus anciens "Looking For A Rabbit" et "My Dream Of A Magical Washing Machine" dans la galerie des titres spess') surfent parfaitement sur cette vague.

    Une certaine impression de linéarité se dissipera au fil des écoutes et on ne pourra à la fin que saluer l'intégrité d'une artiste qui se bat pour pouvoir créer et partager sa musique. S'appeler Imbruglia n'a jamais constitué un trousseau de clefs destinées à ouvrir des portes pour la native de Sydney, basée aujourd'hui à Melbourne. Il s'agit bien de la soeur de Natalie, mais sans guillemets.

    Sa créativité et son sens de la dérision sont bien présents dans la vidéo de "Awoooh!" (un croisement en "Saturday Night Fever" et "Teen Wolf") et pour la promotion de l'album  "physique", le CD étant disponible avec un petit puzzle à l'intérieur du coffret. L'argent de la prévente, couplant l'achat de "What A Treat" avec du merchandising, a permis le financement de ces packages qui ont été commandés par des fans bien au-delà des frontières "aussies". Original.

    > Philippe Sadre (avec K.)

    www.lauraimbruglia.com


     


     

     

  • Some Say I So I Say Light de Ghostpoet, un de nos coups de coeur du moment

    863689.jpgLe Londonien (d'origine nigérienne) Obaro Ejimiwe, alias Ghostpoet, vient de publier son deuxième album, Some Say I So I Say Light. Il sera à voir la 4 juin prochain à Luxembourg au Exit 07 (organisé par la Rockhal). 

    C'est quoi? Obaro Ejimiwe, 20 ans au compteur, est du genre surdoué. Voici trois années, Gilles Peterson, célèbre DJ sur la BBC, pariait sur ce parfait inconnu et produisait son premier disque. Un coup de maître puisque Peanut Butter Blues & Melancholy Jam (et son électro plutôt froide) marqua les esprits. Un disque enregistré dans sa chambre mais qui ramassa une nomination au prestigieux Mercury Prize (qui récompense le meilleur album indépendant de l'année en Grande-Bretagne).

    En 2013, il est de retour avec un disque où il élargit encore sa palette. Là où il aurait pu virer "grand public", il a pris le chemin inverse, plongeant encore un peu plus loin dans le hip-hop expérimental.  

    Cela ressemble à quoi? Sa musique se situe entre James Blake, Roots Manuva et Tricky. Avec ses ambiances nocturnes et froides, Some Say I So Say Light fait d'ailleurs beaucoup penser aux débuts de ce dernier (les albums Maxinquaye et Pre-Millenium Tension). 

    Notre note? 4 sur 5

    Par Julien Carette



  • Avec Abel Caine, la Belgique a aussi son Electric Guest

    Abel Caine est le p'tit dernier de la scène électro/pop belge. N'allez pas chercher des références philosophiques bien profondes derrière le nom du groupe. Greg et Micka Chainis, les deux membres fondateurs, sont simplement jumeaux, c'est tout. Et plutôt que s'ête plongés dans la Bible, ils ont sans doute écoutés du Prince jusqu'à l'indigestion lorsqu'ils étaient petits dans les années 80. Ca donne aujourd'hui une pop acidulée et jouissive qui rappelle Foster the People ou surtout Electric Guest. "East West", le premier single issu de l'album sorti le 4 février, commence à tourner sur lAC1µ.JPGes radios. Et vous êtes prévenus, il risque de vous coller aux neurones pendant un bon moment. Avec Abel Caine, le Hainaut prend des airs de Californie...

    Christophe Van Impe

  • Wakin on a Pretty Daze, le magnifique nouvel album de Kurt Vile

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    Cinquième album pour le songwriter américain Kurt Vile. Un must ! 

    C'est quoi? En 2011, on decouvrait Smoke Ring for my Halo, quatrième album d'un artiste (Kurt Vile donc) dont on n'avait pour ainsi jamais entendu parler jusque-là. Un vrai petit chef d'oeuvre rock - folk - lo-fi. Le genre de disque contenant des mélodies qu'on réécoutera encore dans 5, 10, 15 ou 20 avec la même envie. Et dans un monde où la musique se consomme de plus en plus à vite, ce n'est pas rien. Kurt Vile, sa guitare et son look de hippie faisaient penser (musicalement) à Neil Young  ou Bruce Springsteen. Une claque qui fait de son auteur un des secrets les mieux gardés des USA. Wakin on a Pretty Daze est donc son nouveau disque. 


    Cela ressemble à quoi? Le natif de Philadelphie continue sur la même voie. Avec un grand disque de rock hypnotique, mélodique où sa voix trainante et mélancolique fait merveille. 

    Pourquoi vous l'aimerez? Parce qu'il faut déjà un sacré talent pour placer un morceau de 9 minutes 30 en ouverture d'album et faire en sorte que l'auditeur n'ait pas une seconde envie de passer à la plage suivante. 

    Notre note : 4,5 sur 5. 

    Par Julien Carette


  • Deux albums à écouter : Suuns et Phosphorescent

    Sur Sudpop, on essaie aussi de vous faire découvrir les meilleurs albums actuels. Ici, notre choix s'est porté sur les Canadiens de Suuns et l'Américain Matthew Houck qui bosse sous le nom de Phosphorescent.  S'ils sont peu (voire pas) connus, ils sont à découvrir de tout urgence ! 

    Suuns-Images-du-Futur-Secretly-Canadian.jpgSuuns et son album Images du Futur

    C'est quoi? Suuns est un groupe underground de Montréal, auteur en 2010 d'un premier album, Zeroes QC, salué par la critique. Le quatuor fait plus que confirmer sur ce deuxième disque. Un album sorti sur le label Secretly Canadian. Et d'expérience, c'est souvent très bon signe. Ils sont les chouchous de bon nombre de médias (Les Inrocks, Télé Moustique, ...).

    Cela ressemble à quoi?  Attention, ce n'est pas le genre de musique à mettre entre toutes les oreilles! C'est expérimental, plutôt électro-dansant tout en étant minimaliste, un peu futuriste, ...  Bref, le genre de disque qui s'apprivoise mais qui vous le rend au centuple si vous y parvenez. Cela fait beaucoup penser aux Anglais de Clinic mais en encore plus fort. 

    Notre cote : 4,5 sur 5. 



    Phosphorescent et son album Muchacho.

    phosphorescent-muchacho-520.jpgC'est quoi? Derrière ce nom de Phosphorescent se cache le songwriter Matthew Houck. Son premier album est paru en 2003 mais on en a réellement entendu parlé par chez nous voici quelques années avec des disques à tendance americana-folk.

    Cela ressemble à quoi? Ses précédents disques étaient plutôt "roots". Il nous revient ici avec une petite pépite dans une style qu'on pourrait appelé "country-futuriste". On retrouve une petit dose d'électro qui donne un charme fou à ses compositions folk. Bon Iver n'est jamais très loin. Un disque lumineux.      

    Pourquoi vous allez aimer? Simple: Matthew Houck a publié la plus belle chanson de ce début d'année, "Song For Zula". Six minutes de beauté et de grâce, tout en émotion. On n'est qu'en mars mais elle a tout pour être au sommet des différents Top 10 de l'année en décembre prochain. La classe. La grande classe !  

    Notre cote : 4 sur 5.



  • L'album de la semaine : Daughter, la fille dont vous rêvez

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    Cette semaine sort un disque simplement magnifique, le premier album du groupe londonien Daughter:  If You Leave.

    C'est quoi? Il s'agit d'une des dernières signatures en date du prestigieux label 4AD (Bon Iver, The National, Twin Shadow, ...). Celui qui a hébergé ou découvert dans les années 80 et 90 les Pixies, Cocteau Twins, Dead Can Dance, ... 

    Daughter a attiré l'attention en 2011 avec deux EP prometteurs. Bombardé "Espoir-Révélation de 2012", ce trio a su rester calme et se faire désirer, pour ne sortir qu'en ce mois de mars leur premier album, If You Leave.  

    Cela ressemble à quoi? Un voyage de 45 minutes dans un monde créé par une version moderne de Cocteau Twins. C'est sombre, doux, atmosphérique,... La voix de la chanteuse Elena Tonra va illuminer vos journées et surtout ensorceler vos nuits. 

    Notre cote : 4,5 sur 5