Critiques de concerts - Page 6

  • Pour un demi Dour avec toi (suite)

    Deux derniers jours, voici ce qui nous a marqué. Ou moins.

    Samedi

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    La journée commence pour nous au Labo. Nouvelle scène, remplie d’excellentes choses. Notamment Mars Red Sky. Des Français chargés d’un lourd bagage rock stoner. Une vraie claque, un groupe unique dans cette programmation Dour 2015. Comment décrire… L’ingrédient de base, c’est le contraire d’une envolée. Une nappe rock et lourde, hypnotisante et mélodique. S’ajoutent des riffs puissamment efficaces et un chant diffusé avec parcimonie. Juste trop fort. Meilleur moment rock du festival pour ma part.

     

     

    Direct après, c’est Carl Barât and the Jackals, sur la scène d’en face. L’autre moitié des Libertines nous présente le fruit de son boulot avec son nouveau groupe, l’album Let It Reign, sorti cette année. Un disque simple et efficace. En live, c’est mieux. Belle pêche, belle énergie. Rien de compliqué ou de nouveau, mais bon moment.

    The Drums, sous le chapiteau de La Petite Maison Dans la Prairie. Pas de surprise par rapport aux albums. C’est léger, mais bien léché, bon.

    Dimanche

     

    Dernier jour, c’est dur.                                                                                      

     

    Circa Waves. Another pub rock band ? Ouais, c’est ça. Cool, léger, bien foutu.

    asiwi.jpgAnd So I Watch You From Afar. Ces mecs sont dingues. Que des virtuoses, venus pour une seule et unique chose: vous en foutre plein la vue. Et par la même occasion, vous perdre dans les méandres de leur hard progressif. Probablement parmi les meilleurs musiciens présents sur la plaine de la Machine à Feu ces derniers jours. Ça monte, ça descend, progressions harmonieuses et solos vertigineux. On les adore, ils nous le rendent bien. Terrible.

     

     

    The Strypes

    « Mais bordel, quels âges ont ces mecs ? » Entre 19 et 20 ans. Bim. Ultra pros, hyper rodés. Un album, que des tubes super efficaces. Sur scène, rien à redire. Quand Ross Farrely sort son harmonica et se lance dans un solo digne de Jagger, c’est plus la claque, mais le coup de poing dans la gueule. Ces mecs iront loin.

     

    Nils Frahm

     

    Pianiste virtuose et son électro classique. 

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    Il vole d’un clavier à l’autre , tape sur les cordes de son piano  à queue, bidouille des sons en live. Envoûtant, génial. Après une heure de show, le réveil est vraiment dur.

    Snoop Dog

    Voir la tronche du clébard le plus marrant et connu d’USA, toujours sympa. L’entendre causer et rapper à faible volume et en quantité limitée, cool aussi. Voilà, c’est tout ce qu’il y avait à dire sur le sujet.

     

                    

    Jonathan Dellicour

  • Pour un demi Dour avec toi

    Petit tour dans la jungle dourienne, avec les quelques shows que nous avons pu voir ces deux premiers jours. Impressions et descriptions. 


    Jeudi

    Rival Sons

    RIVAL-SONS_3382_-_copy.jpgIdéal pour débuter ce Dour. Rival Sons, des Californiens aux belles gueules et talent. Un rock puissant et énergique, dans un pur style Classic Rock. Loin du pastiche, ils ont leur style à eux, leur son à eux. Les comparer avec Led Zep  n’aurait vraiment aucun sens, même si c’est tentant. Leur dernier bijou, Great Western Walkyrie, de 2014, est déjà un album mythique. Mais surtout, il est excellent. Alors, sur scène, c’est gagné d’avance. Scott Holliday, à la gratte, tranche l’air de ses riffs à coups de bottleneck. C’est du ricain, du précis, du mélodieux. Jay, au chant, a un organe plutôt pas dégueu. Le genre de rock qui te donne envie d’enfourcher ton destrier et d’aller dégommer du Dalton.

    C’était bien, et ce n’était pas une surprise.

    A Place to Bury Stranger

    Le groupe le plus bruyant de New York, vous avez dit ? Pas improbable. Ca jouait fort, oui. Brouillon et puissant. Pas toujours précis et clair. Pour l’ambiance fin du monde, c’est réussi. Par contre, on a un peu du mal à comprendre où le groupe veut en venir. Intriguant, pour ceux qui n’auront pas trouvé ça intéressant.

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    Dour Bollywood, version techno. Le Syrien, couvert de la tête au pied, djellaba et lunette de soleil, a un look de prince pétrolier du Golfe. Sa musique est débridée, alliant gros beat techno et sonorités arabes, orientales et le reste. Quand il ne chante pas, il tape dans ses mains comme un papa le ferait à l’intention de son petit de 4 ans. C’est marrant, attachant. Super moment.

     

    Young Fathers

    En parlant de papas. Ceux-ci sont trois : le petit black aux dreads folles, le moyen nord-africain chemise boutonnée jusqu’au bout, et le dernier africain, tout grand. Des sonorités allant de la pop au hip-hop. Sur scène, c’est plutôt minimaliste : une batterie et un DJ. Calme, intimiste, puis aérien. Cool.

    Mark Ronson

    Tête d’affiche du jour. Alors, bien, et non. L’album de Ronson est dingue, je m’attendais donc à passer un bon moment live. Avec lui à la gratte, par exemple, même s’il n’était évidemment pas possible de ramener la brochette de star qui figure sur son disque. Malheureusement, difficile de percevoir tout ce talent à travers ses platines de DJ.  La précision « DJ Set » du programme  m’était passée inaperçue. Un ou deux de ses tubes y passent tout de même. Les gens deviennent fous sur Uptown Funk, normal. Mais sinon, c’était un peu pauvre. On a échappé de peu au 7 Nation Army ou à Smells Like Teen Spirit sur la fin. Vraiment, on était à deux doigts. Pas à la hauteur du personnage.

     

     

    Vendredi

    Your Old Droog

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    Smooth, sympa, bon flow, bon hip-hop. Pas beaucoup de monde en ce début d’après-midi, donc forcément un peu mou. Mais ce mec est impressionnant, beau charisme.

    Drenge

    Des kets de Sheffield. Moyenne d’âge 25 ans ou moins. Mais quelle pêche. Un grunge novateur mais inspiré, fort mais subtil quand il faut. Quand ces mecs-là auront un album de plus et davantage de bouteille, ça risque de faire du bruit.

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    Deerhoof

    Un rock métissé et, disons-le, un peu débile. Débile parce que complètement déstructuré. Mais aussi déstructuré qu’un esprit créatif peut l’être, c’est le talent qu’on sent derrière. Et surtout, une maîtrise absolue de chaque instrument. Une petite asiatique à la voix fluette au chant, un beau gosse et un sosie de Slash aux grattes, un batteur aventurier. Belle brochette que voilà, pour l’Alice in Wonderland du festival. Timbré, mais génial.




    Tony Allen Review, feat Damon Albarn & Oxmo Puccino

    Un batteur de légende, qui a tout de même 74 ans. Le Nigérien tient la forme, et sait se faire entourer. De la genèse de cette étrange collaboration, il n’est pas nécessaire d’en savoir plus pour prendre son pied au live. La batterie en avant, certes, en finesse et virtuosité. Celui qui crève les baffles et les écrans, c’est évidemment Damon Albarn, qui assure une bonne moitié du show. Il ne chante rien que le public Lambda connaisse ou presque, mais quel plaisir de (re)voir ce mec sur scène. Il cède sa place à Oxmo Puccino. Le rappeur malien sait y faire aussi, avec son rap/slam à la française. Tony Allen Review, une vraie bouffée d’oxygène et de bonnes vibes dans la jungle de Dour.


    The Wombats

    Pêchu, mélodieux, du rock de jeune surfeur. Chaque chanson est un tube en soi, que les rongeurs anglais jouent à la perfection. Rien à redire.

    Danny Brown

    Le rappeur à la voix de Cartman est vraiment balèze. Son flow n’en finit pas, ça te donne une envie dingue de bouger et de rapper dans le vide. Faudra pas lui demander de se lancer dans du chant lyrique, mais ça on s’en fout.

    Jonathan Dellicour

  • Au Cinquantenaire, les Fêtes de la Musique étaient parfaites

    Pour la troisième années consécutive, c'est le Cinquantenaire qui accueillait les Fêtes de la Musique à Bruxelles. Et cette fois avec une affiche à faire pâlir certains festivals payants. Alors que les Français doivent se taper Patrick Sébastien, ne boudons pas notre plaisir...

    Comme l'an dernier, deux scènes avaient été installées. Samedi, ça débutait avec les Louviérois de Romano Nervoso sur celle du parc. Cela fait maintenant des mois que Giacomo et sa bande défendent l'excellent 10403053_10153393026078485_2371394872627624116_n.jpg"Born to Boogie", sur lequel on retrouve "Maria" et "Psicotico Blues". Après un seul morceau, il ose déjà le bain de foule, délaissant un moment sa bouteille de pinard. La formule est connue mais elle est toujours aussi efficace, et elle se prête surtout à merveille à l'événement. Malgré le t-shirt Beastie Boys de Giacomo, on n'aura cette fois pas eu droit à la reprise de "Sabotage". Quoi qu'il en soit, une entrée en matière on ne peut plus énergique. Place ensuite à MLCD sur la scène installée face aux 1545104_10153393026163485_2253524253472022388_n.jpgarcades. De retour d'une tournée de quelques dates au Japon, les Liégeois ont assuré avec classe. "The smoke behind the sound", près d'un an et demi après sa sortie, est décidément un putain de bon album. Déjà présent l'an dernier, mais dans le parc, Mountain Bike avait cette fois droit à la grande scène. C'était la première fois qu'ils jouaient devant tant de monde, ils étaient paraît-il tétanisés, hé bin ça ne s'est pas vu. Une belle claque rock garage comme à l'accoutumée, sans prise de tête et sans se prendre au sérieux une seule seconde. Pour eux, les Fêtes de la Musique, c'était un marathon puisqu'ils ont également joué à Tournai le vendredi et dans les Ardennes le dimanche. Toujours dans nos coups de coeur, on épinglera encore la prestation de Robbing Millions. Avec talent et énergie, comme lorsqu'ils avaient été 67383_10153393026263485_3214398349853460493_n.jpgimprovisés tête d'affiche aux Nuits du Bota il y a quelques semaines.

    Dimanche, on a eu à peine le temps d'avaler nos croissants que Nicola Testa était déjà de la partie. La révélation pop-électro de l'année jouait à 13 heures, juste après les concerts pour enfants. Un coup dans le mille, si on en croit le monde qui s'est rué au stand de merchandising juste après le concert pour se procurer "No More Rainbows". Mais à l'applaudimètre, c'est Wild Classical Music Ensemble qui l'a emporté haut la main. On vous a déjà dit tout le bien qu'on pensait de ce projet, mené par Damien Magnette accompagné de cinq artistes 11168388_10153393026508485_1625556508677051111_n.jpgayant des déficiences mentales. "Waow, c'est ça en fait le punk", me glisse Etienne, le chanteur de Mountain Bike, en plein milieu du set. Et il a raison. Pas de barrière, de la sincérité et du talent. Et un chanteur charismatique, qui n'avait aucune envie de laisser sa place en fin de concert. Rien à redire, c'était tout aussi excellent que lors des Nuits du Bota. Beaucoup de groupes, soi-disant dans la norme, feraient bien d'en prendre de la graine. Après Aksak Maboul, qu'on avait également déjà vu aux Nuits, c'est Camélia Jordana qui avait l'honneur de clôturer avec classe et volupté les 22306_10153393026653485_2758492151245869387_n.jpgfestivités sur la scène du parc. Tout le monde pouvait ensuite se retrouver sous les arcades pour le bouquet final avec le prestation surprise de Great Mountain Fire. Avec "Sundogs", ceux-là viennent sans doute de sortir le meilleur album belge de 2015. Ils ont livré une prestation enjouée et sautillante, proposant "Cinderella" dès le deuxième morceau. A revoir sans faute au BSF...

    > Ch.V.I.

  • Feel, la nouvelle sensation pop-rock bien de chez nous

    Feel est un power trio pop-rock, pour qui l'histoire commence en septembre 2012 grâce à la rencontre de trois musiciens ; Kevin Cools (chant/guitare), Martin Moreau (batterie/percussions) et François Hantson (basse). De cette rencontre est née une amitié sans fin et qui n'a d'autre dessein que celui de partager l'amour de la musique. Comme un rayon de HREF-1.jpeglumière, ce trio traverse le prisme des grands avec respect et se laisse influencer par Hendrix, Led Zeppelin, Pink Floyd et tellement d'autres que l'exhaustivité restera un fantasme. C'est cette lumière qui pousse les trois musiciens à sortir des sentiers battus et à vouloir communiquer avec le plus grand nombre en s'amusant des limites. Feel, c'est trois fois un qui fait un ; invitation au voyage triangulaire où l'ordre et la beauté sont perdus dans le chaos.
     
    Feel nous propose avec son premier album éponyme des compositions puissantes à mi-chemin entre l’Angleterre des sixties et les nineties Américaines. Un subtil mélange de mélodies et d’énergie, où les guitares à la fois tranchantes et planantes, s’imbriquent dans une section rythmique implacable. Les compositions très variées nous font voyager à travers des paysages sonores à la fois électriques et acoustiques où apparaissent également des percussions. Le trio, mené par la voix de son chanteur K. Cools, transmet son message avec beaucoup de nuances et de sensibilité. Ce premier album montre toute l'étendue du potentiel du groupe, tantôt énergique et puissant, tantôt léger et transcendant. Le premier single « Vavedoo De Top » est une authentique pop-song, qui incite à plonger dans l’univers musical du groupe.


  • The Blank Agains et le Chaff, l'association idéale

    Le Chaff, place du Jeu de Balle, est tout doucement en train de devenir un lieu d'utilité publique. Non seulement, ce café se bat contre le projet très controversé de parking souterrain dans le quartier. Mais en plus, il est en train de s'ériger comme un des rendez-vous incontournables du rock à Bruxelles. Mountain Bike et Nicolas Michaux s'y étaient notamment déjà produits il y a peu. Lundi soir, c'était au tour de The Blank Agains. A la tête de ce projet, dont le nom trouve son origine dans le titre d'un album de Ride, on retrouve Yann Lu, membre 11216574_10153316043458485_4817588550570216114_n.jpgfondateur d'Austin Lace. Ce grand fan de Cure a su s'entourer de musiciens de qualité avec des membres de Broadcast Island et Juno.

    21h30, une bande son s'enclenche et rameute tout le monde à l'intérieur. Sur l'avant de la scène, Julien et Yann alternent au chant. Derrière sa batterie électronique, Bastian donne le tempo. Quant à Jérome, il bidouille à l'arrière sur ses claviers et autres instruments improbables. 11012112_10153316043423485_9196818250267392699_n.jpgDans le public, on reconnaît les têtes de Gordon (Recorders), Thierry (Le Yeti) ou encore Ted (Nicolas Michaux). Preuve que le projet intéresse et intrigue.

    Ceux qui s'attendaient à du shoegaze pur et dur, vu le nom du groupe, auront peut-être avalé leur chope de travers. Car Yann, principal compositeur du groupe, va également chercher des influences dans la dream-pop des années 80 et 90. Ca donne un mélange hybride qui, certes peut encore être affiné, mais qui traverse avec brio différents univers. Le répertoire a été balayé dans son intégralité avec, cerise sur le gâteau, un morceau inédit ("Sand in the Sky"). "Light in yer Head" et "Love is the Drug" sont déjà imparables. Les instruments à peine débranchés, la sono du Chaff balance comme par hasard une ribambelle de morceaux de Cure durant le reste de la soirée...

    The Blank Agains seront encore présents aux Fêtes de la Musique à Nivelles (le 19 juin) et au FesPival (le 27). Et il ne serait pas étonnant de les voir passer pour la deuxième fois au Bota à la rentrée. En tout cas nous, on pouvait difficilement rêver mieux pour terminer ce week-end de Pentecôte...

    > Christophe Van Impe

     


  • Nuits du Bota (J8): Au Botanique, tout le monde est gagnant!

    "We Love Las Vegas !" clamait haut et fort le Botanique en réorganisant la soirée de samedi suite au désistement de Teophilus London, qui préférait se rendre dans la cité des casinos avec Kanye West plutôt que de se pointer à Bruxelles. Soit. Avec un seul jeton à quatorze euros, le Botanique se transformait donc lui aussi en salle de jeux où ses visiteurs ont réussi la prouesse de multiplier par dix leur mise "plaisir".

    Pas de smoking/champagne, c'est pas le style de la maison. Une pils en main, on commence notre petit tour par l'Orangerie, où Mochélan Zoku lance la Roue de la Fortune de la vie avec des yeux de trentenaire éveillé et attentif. Le groupe en "live" donne du fort bon son et s'arrête souvent sur la bonne case. Pas d'extravagance, mais loin d'être cheap pour autant, voilà de quoi se mettre parfaitement dans l'ambiance. 

    botanique,robbing millions,pomrad,recorders,walter hus,eaves,mochélanUn autre gars qui regarde la vie et nous la présente à travers sa musique: le Britannique Eaves. Ca peut paraître longuet comme quand on attend en vain une bonne main, mais le jeu se révèle également passionnant et procure de très belles envolées. Un peu comme le Texas Hold'em. Bon, c'est vrai que comme croupier, Eaves (on a retrouvé le chanteur de Soul Asylum) est plutôt du genre "Deux secondes je vais me tirer une balle en coulisses puis je reviens", mais il connaît son taf et l'exécute avec beaucoup de talent, tel un Jeff Buckley avec quelques ascendances psychés. 

    botanique,robbing millions,pomrad,recorders,walter hus,eaves,mochélan

    On retourne à l'"Orangerie" avec Pomrad, fringués comme l'écurie de F1 Marlboro-McLaren et avec une guitare-synthé (:RRRrrrr:) autour du cou. Daft Punk a mangé trop de sucreries et ça gonfle un peu à la longue. Comme ces machines à sous colorées qui font un bruit métallique. On a choisi une machine qui ne donnait pas mais c'est pas grave, on n'a pas perdu non plus...

    Première incursion à la Rotonde pour voir à quel jeu jouent les Recorders. Celui d'un set acoustique spécialement concocté pour l'occasion. Avec une reprise de The National ("I'm afraid of everyone") qui fait égalité de justesse. C'est du Stud Poker quoi: le poker est un très chouette jeu de base, mais cette version n'est certes pas la plus excitante. Avec un sursaut de temps en temps, quand enfin tu touches deux paires ou quoi... 

    botanique,robbing millions,pomrad,recorders,walter hus,eaves,mochélanOn est excité quand apparaît Robbing Millions sur la scène de l'Orangerie. Drôle de nom à inviter dans un casino, n'est-ce pas... Les Bruxellois ont reçu un coup de fil du Bota jeudi et ont accepté de venir dans un état d'esprit très très relâchés. Sautillants et jouissifs, ils font tourner les têtes comme une boule dans une roulette. Un petit foutage de gueule pour les absents ("Merci Théophile! Et Kanweyewest!") plus tard et c'est parti pour une course folle à travers les numéros. Et ils se relaient pour faire le show (de plus en plus maîtrisé) sur scène comme une valse de croupiers qui lancent les boules musicales dans nos oreilles.  

    botanique,robbing millions,pomrad,recorders,walter hus,eaves,mochélanD'apparence plus calme mais tout aussi prenant, le Blackjack. On a vraiment le sentiment (même si les chances de victoire n'en sont pas plus nombreuses pour autant, loin de là...) d'avoir sa destinée en main. Ici aussi Walter Hus a réfléchi pour construire ce véritable domino musical où chaque son de l'orgue ou des batteries est programmé sur le disque dur de son ordinateur. Avec l'intensité de son piano en "live", il a séparé. Avec les gens venus danser et l'entourer chaleureusement, il a doublé. Et gagné. Le tout sous un air vivifié de "Sound of Belgium" et un décor enchanteur. Et il reste encore pour un dernier tour de piano, comme quand on demande a son croupier fétiche de faire encore une main avant de partir en pause.

    Ah oui... L'abus de jeux d'argent et de hasard est dangereux, pas celui de concerts... 

    >Philippe Sadre (Photos de C.V.I.)

  • Nuits du Bota (J7): Nicolas Michaux appartient aux Nuits

    Le Grand Salon, c'est la salle de la créativité et de toutes les douceurs au Botanique. Si vous espérez entendre du gros son et des basses à faire vibrer les vitres du Botanique, alors passez votre chemin. C'est dans ce cadre fabuleux que Nicolas Michaux a été invité à présenter sa création originale "Demain n'appartient qu'à la nuit".

    Les Nuits, il les avaient déjà illuminées l'an dernier en ouverture de Fauve au Cirque Royal. Mais ce soir, c'est lui le roi de la soirée. Entouré de douze musiciens tous aussi talentueux les uns que les autres, parmi lesquels Bram Van Parys (Bony King of Nowhere) et Thomas Van Cottom (Soy un Caballo et Cabane), il a balayé tous les morceaux déjà composés pour l'album à 19588_10153285990823485_804700964347975740_n.jpgvenir et pour lequel on ne cesse de décompter les mois. Certaines nous sont déjà familières comme "A la vie, à la mort", "Nouveau départ" ou "Les îles désertes", mais l'apport de tous ces musiciens leur apportent encore une envergure supplémentaire.

    Pour clôturer en beauté, il fera même appel à Walter Hus sur "I'll be your mirror". Comme par magie, cet espèce de David Lynch de la musique électronique belge, qui squatte les lieux depuis le début du festival, enclenche les orgues et la batterie rien qu'avec son ordinateur portable. Et on se surprend à redécouvrir ce merveilleux morceaux du Velvet sous une autre facette.

    Il est largement passé minuit, quand Nico s'apprête seulement à remballer tous ses instruments. Plus besoin de lui botter les fesses pour l'album maintenant. Il a signé auprès d'une maison de disques, et la pépite est prévue pour début 2016...

    > La setlist: 1. "Le ciel", 2. "Croire en ma chance", 2. "Avec vous", 4. "A la vie, à la mort", 5. "A tiger has escaped from the zoo", 6. "Nouveau départ", 7. "Un imposteur", 8. "Nothing can happen", 9. "Les îles désertes", 10. "Sew up your mouth", 11. "Entre deux", 12. "Part of no part", 13. "I'll be your mirror" (reprise du Velvet Underground, avec Walter Hus).

    > Christophe Van Impe

  • Nuits du Bota (J5): Dominique, à la folie

    Il vit à Bruxelles, même si plus pour très longtemps, et parvient quand même encore à s'extasier devant la beauté du Cirque Royal. Une salle, encore une fois bien remplie, et dans laquelle il s'était pourtant déjà produit à l'occasion de la tournée "Vers les lueurs". Depuis lors, il s'était consacré à l'écriture de deux bouquins ("Y revenir" et "Regarder l'océan"), était venu faire une lecture à l'Orangerie, et était revenu en début d'année nous caresser avec "Eleor". Un album dont on ne se lasse pas. Mais Dominique A a-t-il déjà déçu? Non, pas vraiment, en fait. Quel que soit le support, il parvient toujours à titiller nos sentiments les plus profonds.

    Festival oblige et étant obligé de ne 11139771_10153281892213485_1134990665917509968_n.jpgcommencer qu'à 21h45, il n'a pas pu balayer tout son répertoire comme il l'a fait lors des dates françaises précédentes et comme il aurait sans doute voulu le faire également à Bruxelles. Mais, même si plus concise et plus compacte, la setlist choisie frôlait quand même la perfection. Il aurait pu se contenter de balancer tous les morceaux de "Eleor", sans prendre la peine d'aller fouiller dans les vieux tiroirs, mais ce n'est pas le genre de la maison.

    Ambiance océanique pour débuter avec "Cap Farvel" et "Nouvelles vagues", toutes deux justement piochées sur le dernier album. De cet "Eleor", qui ne cesse de faire l'unanimité, on retiendra surtout les interprétations du morceau éponyme et du superbe "Au revoir mon amour".

    "Par les lueurs" n'est pas en reste avec "Ce geste absent", "Le convoi" et "Vers le bleu". Par gourmandise, on aurait également aimé "Parce que tu étais là", mais ce sera sans doute pour une autre fois.

    Le concert touche déjà malheureusement à la fin lorsqu'il s'attaque à l'inévitable "Le courage des oiseaux". En début de rappel, il improvise et prend de court ses techniciens en rendant hommage à la poétesse russe Marina Tsvetaeva. Pour ensuite finir par un enchaînement parfait avec "L'horizon" et "Oklahoma". On en redemande, mais c'est déjà fini. On retourne alors du côté du Bota, où Rone et Jessica 93 ont fait de cette soirée sans conteste la plus belle de ces Nuits.

    > Christophe Van Impe

  • Avant sa venue aux Nuits Botanique, on a rêvé éveillé avec Jacco Gardner ce jeudi

    DSC00980.JPGQuelques heures avant sa venue très attendue aux Nuits Botanique (ce dimanche 10 mai), Jacco Gardner était de passage à la Rockhal au Luxembourg ce jeudi. La deuxième date d'une tournée européenne débutée la veille du côté de Tourcoing (France) et qui le mènera aux quatre coins du continent d'ici à la mi-juin.

    Sur la (petite) scène de The Floor, le nouveau club très intimiste de la salle luxembourgeoise, ce jeune Néerlandais (27 ans) est apparu tel qu'on le connaît. Physiquement, il semble toujours venir d'un autre monde. Avec ses longs cheveux qui lui couvrent la moitié du visage une grande partie du concert, avec une garde robe qui semble aussi être un mix entre un grunge vivant à la campagne et un cultivateur amish tel qu'on en voit à la télé américaine. 

    DSC00989.JPGMusicalement, par contre, il est plutôt d'un autre ... temps. Féru de pop psychédélique des années 60, il joue des mélodies baroques et oniriques. Une sorte de Syd Barrett de notre époque. Les substances en moins. Du moins d'après ce qu'on en a vu...

    Présent sur scène accompagné de quatre acolytes, Gardner a présenté (comme il le fera à Bruxelles ce dimanche) les titres de son nouvel album, Hypnophobia (sorti voici quelques jours), ainsi que quelques chansons de son prédécesseur, Cabinet of Curiosities (2013). A la guitare ou au clavier, le Batave a enchaîné la chanson éponyme "Hypnophobia", le "tube" de son premier disque "Clear the Air", "Face to Face" ou encore l'incroyable "Find Yourself". Tout ça avant que les musiciens n'échangent leurs instruments lors du rappel.

    La petite centaine de spectateurs présente a ainsi pu vivre un véritable rêve éveillé. Un rêve d'une heure peuplé de synthés, d'orgue et de voix remplies d'écho. Le genre d'heure qu'on n'oublie pas de sitôt. 

    >Julien Carette

  • Paon à l'Eglise Saint-Donat à Arlon, cela tenait du miracle (ou pas loin)

    event134426.jpgAlors que les Nuits Botaniques prendront véritablement leur envol dans une semaine, Arlon accueille de son côté depuis mercredi et jusqu'à ce dimanche les Aralunaires. Un festival qui ne reste pas dans ses murs mais qui se tient aux quatre coins de la cité lorraine. Dans des lieux souvent inattendus. C'est ainsi qu'on a déjà vu certaines prestations se dérouler dans des appartements de particuliers, dans un salon de pompes funèbres ou dans des lieux de culte tels une synagogue ou une église.

    les aralunaires,paonC'est ainsi que le groupe bruxellois Paon a investi ce vendredi soir l'église Saint-Donat, un très bel écrin situé sur les hauteurs d'Arlon. Et  le quatuor mené par Aurélio Mattern (qu'on a connu dans Lucy Lucy) et Ben Bailleux-Beynon (également tête pensante des Tellers) en a fait un usage magistral. "C'est une première pour nous. J'espère pas une dernière" glissait Aurélio en plein milieu du concert. On l'espère également sincèrement. Car vu la prestation de haut vol à laquelle on a assisté, l'expérience mériterait d'être renouvelée! 

    les aralunaires,paonSi on avait pensé que, vu le lieu, le quatuor se la jouerait unplugged, il avait bien opté pour l'électrique. Et bien lui en a pris. Car l'acoustique de Saint-Donat a apporté une dimension encore supplémentaire aux "pop-songs" pourtant quasi déjà parfaites des Bruxellois.

    Du coup, ce rendez-vous, baptisé "La Célébration" par le groupe (des "livrets de messe" avec le programme des chansons avaient même été posés sur les chaises), a tout eu du miracle auditif. Accompagné d'une chorale improvisée ("comme les "Paonnes", ce n'était pas terrible, on les a appelées les "Poulettes"), Paon a véritablement enfilé les perles. Tout leur premier album (sorti voici quelques semaines) y est passé.  

    Et si les oreilles ont donc été choyées, les yeux n'ont pas non plus été en reste. Entre un éclairage coloré illuminant subtilement l'arrière de l'église et des bougies disséminées un peu partout, le visuel a apporté un côté intimiste et charmant à une soirée juste magique.

    >Julien Carette