Critiques de concerts - Page 7

  • Godspeed You! Black Emperor de retour sur son trône

    Sans-titre-1.jpgLes Nuits du Bota, c'est parti. Enfin presque car la soirée d'ouverture, ce ne sera que pour le 9 mai avec notamment le très attendu Benjamin Clementine, déjà à l'affiche l'an dernier. Pourtant, à l'instar de celui de Flying Lotus il y a quelques jours (visuellement bluffant), le concert de Godspeed You! Black Emperor était référencé comme faisant déjà partie des Nuits. Bref, pas encore d'apéro sur les marches, mais un événement de taille toute de même. Le dernier passage des Canadiens, c'était déjà au Cirque Royal en 2012. Deux ans auparavant, on avait pourtant craint le pire après l'annonce de la séparation officielle du groupe. Mais, rassurez-vous GY!BE, maître du post-rock apocalyptique, se porte très bien.

    godspeed.5.jpgComplet depuis de longues semaines, ce concert aura en effet tenu toutes ses promesses. Vers 21h15, c'est dans une ambiance assez étonnante que les huit membres du groupes montent sur scène. Pendant que le violon de Sophie Trudeau sert d'introduction à "Hope Drone", les autres s'installent successivement, parfois même en étant assis dos au public. Sur l'écran géant, des images jaunies défilent, donnant à l'ensemble une impression de générique d'un film de David Fincher. Episodiquement, l'inscription "Hope" s'affiche, pour rappeler que tout n'est pas que désenchantement chez GY!BE.

    Après un morceau inédit, l'angoisse s'accentue encore avec Mladic. Aux images de prisons se succèdent celles peu flatteuses du "Boucher des Balkans", responsable du siège de Sarajevo et du massacre de Sebreniça. L'ambiance n'est pas à la franche rigolade. Musicalement, la partie symphonique se mêle maintenant à d'impressionnantes montées en puissance. La deuxième partie du concert est, elle, consacrée à "Asunder, Sweet And Other Distress", le dernier album en date. Le public est scotché devant tant de puissance. Les applaudissements sont rares, vu que les morceaux font entre dix et vingt minutes. Avant même d'avoir débutées, les Nuits viennent déjà d'avoir livré un concert-référence...

    > Christophe Van Impe

  • Romano Nervoso et Dario Mars , soirée "di prima qualita" au 210

    Pour 7 euros, aujourd'hui t'as plus rien. Bin, détrompez-vous. C'était le prix, du moins en prévente, de la soirée "Run the Party" organisée à l'Atelier 210 samedi. Avec des groupes de la trempe de Dario Mars et the Guillotines et de Romano Nervoso, avouez que c'était donné. D'autant qu'une partie des rentrées était destinée à l'opération 11.11.11. Bref, toutes les raisons étaient réunies pour que nous allions pointer le bout de notre nez chaussée Saint-Pierre.

    Dario Mars and the Guillotines est en train de forger une solide Dario.jpgréputation scénique. Articulé autour de Renaud Mayeur (ex-Hulk, Les Anges et La Muerte), ce groupe a sorti son premier album en 2014 et avait déjà fait très forte impression au Propulse Festival. Renaud Mayeur, costard noir et fleur rouge à la boutonnière, donne un air très cinématographique à l'ensemble. Tandis que Bineta Sawara, au chant, apporte un côté vaudou, félin et sulfureux. Le mélange est explosif, et ça a donné un concert absolument époustouflant. La première grosse claque de la soirée. Ce groupe a un potentiel énorme...

    Avec Romano Nervoso, il n'est évidemment plus question de découverte ou de surprise. Depuis la sortie de "Born to Boogie, le groupe louviérois a écumé toutes les scènes imaginables. La Sicile, Giacomo l'a dans la peau, jusqu'à l'avoir tatouée sur son avant-bras gauche. Quoi de plus logique donc qu'il débute sur "Vieni dallo zio". Veste en cuir au-dessus d'un t-shirt Kiss du plus bel effet et froc doré à paillettes, il occupe tout l'espace. Il allume clope sur clope, passe de la chope au sky. Ne tenant pas en place devant la scène, le chanteur de Sons of Disaster bondit tel un Marsupilami. Sur "Mangia Spaghetti", Giacomo rend hommage à ses racines. Avant de Giacomo.jpgproposer une reprise. "Vous préférez Black Sabbath ou AC/DC? Ok, plutôt Highway to Hell ou Thunderstuck? Allez, c'est parti pour Highway to Hell!" Ce ne sera évidemment rien de tout ça mais bien "Maria", sa réinterprétation du "Aline" de Christophe", aussi succulente qu'un carbonara "di prima qualita". La soirée touche à sa fin. "Je ne suis censé jouer que 13 morceaux. C'est pour ça qu'on me paie 250 euros, pas pour en faire plus. Mais bon, je vais encore vous faire un morceau. C'est mon premier single, sorti il y a dix ans. Il a été disque de platine, c'est ce qui me permet d'aujourd'hui pouvoir m'acheter des pantalons en or!". Les premières notes su "Sabotage" des Beastie Boys résonnent, et c'est parti pour un dernier moment de fureur. Les lumières sa rallument, les Italiens présents commencent à danser la tarentelle. A l'Atelier 2010, à minuit, la nuit ne fait que commencer...

    > Christophe Van Impe

  • Nicola Testa, un feu d'artifices à la Rotonde

    Un album, ça vous change décidément un artiste. Il y a exactement un an, nous avions découvert Nicola Testa dans le cadre exigu et intimiste du Brass, alors qu'il n'avait encore que son EP sous le bras et que le rythmique de "Koko" commençait seulement à nous faire trémousser. Mais, depuis il y a P1560959.jpgeu le Prix du Public aux Octaves de la Musique, et une présence accrue dans les médias. Du coup, vendredi soir, c'est à la maison, dans une Rotonde archi sold out et surchauffée, qu'il se produisait. Les demandes ont été telles qu'il aurait même pu remplir l'Orangerie sans trop de problèmes. Dans le public, pas mal de personnes n'ayant encore jamais mis les pieds au Bota ou même à un concert. Preuve que le passage en radios, et la qualité de l'album évidemment, font déjà leur petit effet. Que ceux qui n'ont pu se rendre à la Rotonde se rassurent, Nico sera certainement de retour dans un grand festival de la capitale cet été, et sans doute en salles à la DSC_0401.jpgrentrée.

    Beaucoup l'avaient découvert en première partie de Christine and the Queens à l'Orangerie l'automne dernier. Mais cette fois, il était de retour avec son propre show, sur lequel il travaillait minutieusement depuis des mois et face à un public acquis à sa cause. Il avait promis quelque chose de lumineux, et il a tenu parole. A commencer par son t-shirt qui, blanc au départ, s'est progressivement paré par magie de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

    L'ambiance est à la fête, Nico ne peut cacher son bonheur. Et quand il s'installe au piano, se donnant des airs de Martin Gore, il s'excuse presque de devoir interpréter une chanson triste. Le laser, positionné derrière la batterie, donne à la salle des allures de boîte de nuit. Bien décidé à offrir un concert dense, il propose même un morceau inédit. Il s'amuse comme un gamin. Tellement enthousiaste qu'il en fait tomber son boîtier et débranche par mégarde son micro, sans que ça ne le désarçonne. Après 1h30, il s'en va sur "No More Rainbows". Non, il n'y en aura pour ce soir, mais il reviendra très vite...DSC_0627.jpg

    > La setlist: 1. "Mellotron Skies", 2. "World", 3. "Cells", 3. "Land of Glass", 4. "Violet", 5. "Platoon", 6. "Lost & Found", 7. "Home", 8. "Koko", 9. "The Letter", 10. "Look", 11. "Sour", 12. "Rainbow". Rappel: 13. "No More Rainbows" et 14. "F.M.".

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Lara Herbinia

  • Will Butler, l'homme à tout faire

    L'AB Club affichait complet depuis des semaines pour la venue de Will Butler ce mardi soir. L'échappé d'Arcade Fire le temps de "Policy", son premier album solo, a épaté grâce ses mélodies traversant les styles. Le tout avec le sourire.

    Pas de première partie? Qu'importe! L'ami Will (avec un sweat-shirt portant l'inscription... "Will") annonce qu'il se chargera lui-même de l'apéritif: "Quelques morceaux, cinq minutes de pause et puis le vrai concert commence, ça va?".  Deux au clavier, deux à la guitare et une avec son groupe, les terrrrriblement charmantes Julie et Sara... comme inscrit sur leurs sweat-shirts également. 

    will butler,ancienne belgique,ab club

    Voici donc déjà une réponse à ceux qui se demandaient ce qu'allait donner le concert d'un artiste avec un seul album affichant à peine 28 minutes au compteur. Le bougre a de nombreuses chansons en réserves, qui auraient plus que mérité leur place sur "Policy". Comme ce "Surrender" en forme de dialogue avec ses choristes, plein de "hoooouuu" et de drôleries. Le sympathique trio passe sans complexe d'une pop proche de Talking Heads (surtout sur "Something Coming", à des chansons plus rock (voire bluesy), entremêlées de beats limite disco et d'ambiances gospel, avec "Sing To Me" par exemple. 

    Le très catchy "Anna" passe bien en "live", le uptempo (avec sa chorégraphie!) "Witness" est retro, un "Sun Comes Up" sonne 80's avec ses belles ruptures de rythme tandis que la reprise énergique de "The Death of Ferdinand De Saussure" de Magnetic Fields claque bien. Le swingant "Take My Side" marque la presque fin de la setlist puisqu'il y aura un rappel.

    Et un beau: les trois musiciens, avec toujours Will en sorte de chef de bande entouré de ses copines souriantes, s'engouffrent au milieu de la salle pour jouer une version a capella de "Way Over There" de The Miracles featuring Bill "Smokey Robinson". L'AB Club s'est ensoleillé une nouvelle fois en cette belle journée. >Philippe Sadre

     

  • Baden Baden, l'élégance avec

    Il y a deux ans, Baden Baden avait déjà visité une première fois les serres du Botanique. C'était un glacial soir d'hiver, au point qu'une tempête avait perturbé le retour des Parisiens, qui avaient fini par improviser une bataille de boules de neige sur le bord de l'autoroute. Mercredi, c'était par contre plein soleil. La terrasse du Bota était bien remplie, lui donnant déjà de délicieuses allures de Nuits. Le climat bruxellois a beau s'être enjolivé, ça n'a pas pour autant rendu la musique de Baden Baden plus frétillante, et c'est tant mieux.

    La Rotonde ne s'est pas soulevée,10934019_10153216472043485_4026668799389071886_n.jpg mais elle a frémi. Surtout pendant la deuxième moitié du concert, où le groupe s'est laissé aller à des intonations flirtant parfois avec le post rock. Sur "A tes côtés ", l'univers onirique de Sigur Ros n'est pas très loin musicalement parlant. On ferme les yeux, on oublie tout et nous voilà transportés. Une partie de l'album a été écrite dans la frénésie parisienne, et l'autre dans la quiétude d'un petit village normand. Et à l'écoute, cette cartographie des morceaux sonne comme une évidence.

    Même si le dernier album est entièrement composé dans la langue de Molière, l'anglais est encore (un peu) présent en live, sur "Last Song" et "Anyone". Puisque Baden Baden est un groupe de goûts, c'est sur une reprise du "Courage des Oiseaux" de Dominique A que démarre le rappel. Entre poètes et esthètes de la musique, on ne peut que se comprendre. A la sortie de la salle, on croise Antoine, une des deux voix de Girls in Hawaï. Comme nous, il est sous le charme. Après tout, difficile qu'il en soit autrement...

    > La setlist: 1. "L'échappée", 2. "Ici", 3. "Hivers", 4. "Evidemment", 5. "Criminel", 6. "Plongé dans le bruit", 7. "Je sais, je vais", 8. "Dis leur", 9. "A tes côtés", 10. "Last Song", 11. "Depuis toi", 12. "L'élégance". Rappel: 13. "Le courage des oiseaux" (reprise de Dominique A) et 14. "Anyone".

    > Christophe Van Impe

  • Therapy?, ces bons vieux potes

    En ce lundi de Pâques, les Nord-Irlandais les plus sympas de tous les temps ont réussi à secouer comme aux premiers jours une salle acquise à leur cause. Plus que jamais, l'image "c'est comme revoir des vieux potes" prend toute sa signification.

    On va éviter les références aux cloches et aux oeufs pour entrer directement dans le vif du sujet: en première partie, les Flandriens tendance metal de King Hiss ont décrassé les oreilles des spectateurs. Les chansons s'enchaînent bien, c'est puissant et le groupe partage parfaitement son énergie pour une mise en bouche réussie et bien suivie dans le public.

    therapy?,ancienne belgique,king hissMais voilà, ce dernier est là pour ses Therapy? adorés qui débutent avec "Still Hurts", le premier single issu de "Disquiet", sorti le mois passé. A peine le premier zakouski en bouche qu'Andy Cairns et son fidèle bassiste Michael McKeegan nous enfoncent dans la bouche "Isolation" et un féroce "Die Laughing". Résultat: une belle bamboula où, à l'instar des fans de sensations fortes dans les parcs d'attractions, les crowdsurfeurs retournent faire la file. Nouveau cadeau pour eux un peu plus tard avec le duo "Screamager" (lancé par une parodie "I wish that I could be like the cool kids, cuz all the cool kids... well, fuck the cool kids!")-"Teethgrinder".

    Les chansons du nouvel album passent pas mal et les deux gars pointent du doigt en souriant vers les spectateurs comme s'ils en reconnaissaient quelques-uns. C'est même pas impossible en fait... Salement touché par la grippe il y a une dizaine de jours, au point d'annuler deux dates en Angleterre, Andy a retrouvé quasi l'ensemble de ses moyens. Après un "Diane" chauffé à blanc, il sort de scène avec sa guitare, comme pour mieux y revenir. 

    "Knives" ("A love song!") ouvre le rappel, puis Andy se souvient de son premier passage au VK en 1993 avec les anciens "Skinning Pit", "Potato Junkie" et "Nowhere", toujours aussi fédérateur. Après une heure trente de concert, les trois lascars saluent le public bras-dessus bras-dessous, comme des... potes. >Philippe Sadre

  • Pias Nites: le talent pour BRNS, l'attitude pour Baxter Dury et l'excentricité pour Oscar and the Wolf

    Changement de décor et de formule pour les Pias Nites. La cadre un peu bordélique de Tour et Taxis a désormais fait place au Palais 12, en configuration minimale. Et tout se passe désormais sur une soirée, le rock et l'électro, et surtout du belge. Et qui dit belge, dit forcément BRNS, tout juste revenu du festival South by Southwest à Austin (Texas). "Merci à Pias de nous avoir invités. Mais bon, après tout, c'est notre label", lance Timothée Philippe, pierre angulaire du projet. Au chant et à la batterie, il est l'architecte de tous les images.jpegmorceaux. Alors oui, on les a déjà vus partout. Alors oui, c'est un peu intello et prise de tête comme musique. Mais ça n'en reste pas moins jouissif. Les curieux qui sont surtout venus les voir pour "Mexico" en auront eu pour leurs frais, puisque ce morceau est passé à la trappe, le groupe préférant balancer un inédit "I cannot fall" à la place. Un choix logique vu que, par rapport à l'EP, l'album représente déjà une belle prise de risques. Artistiquement, ce fut en tout cas sans doute la meilleure prestation de la soirée, même s'il faut bien avouer que la majeure partie de l'assemblée (en grande partie néerlandophone) était venue pour Oscar and the Wolf.

    N'en déplaise à ceux-ci, on aura préféré Baxter Dury. Perdu au beau milieu d'une programmation rock noir-jaune-rouge, le Londonien a été fidèle à sa réputation. Accent british à couper au couteau, look classe mais débraillé et entouré de poupées gonflables plutôt subjectives, le fils de Ian Dury a brillé. Jonglant entre le cognac, la bière et le vin rosé, il a pris son pied. Plus le concert avançait, plus il se métamorphosait en version dandy de Gainsbourg. Mais sans jamais altérer la qualité de ces morceaux. De quoi requinquer un dépressif!

    Place ensuite au phénomène Oscar and the Wolf. Il semble déjà bien loin le temps où Max Colombie donnait des concerts acoustiques, avec juste l'aide d'un piano. Désormais, c'est la grosse artillerie avec écran géant, paillettes et canons à confettis. Et encore, on n'a pas eu droit aux flammes de la Lotto Arena! Fringué comme s'il était encore en période de carnaval, Max vampirise l'attention. Il gesticule lascivement sur l'avant-scène, il tournoie et provoque quelques orgasmes au premier rang sur "Strange Entity". En un an seulement, Oscar and the Wolf s'est métamorphosé, devenant tout doucement le pendant flamand de Stromae en termes de popularité. Et tant pis pour le côté intimiste qui nous plaisait justement au début...

    > Christophe Van Impe

  • Anaïs, plus forte que la toux

    C'est une bonne bronchite, et non une angine, qui a frappé Anaïs la semaine passée. Elle était pourtant bien là ce mercredi soir à la Rotonde pour assurer le volet bruxellois de sa tournée "HellNo Kitty". Et la toux n'a pas eu raison d'elle devant un public venu en mode "on va revoir une bonne copine".

    Cela faisait quelques jours qu'elle avait annoncé sur Facebook qu'elle avait la crève, tout en écrivant à ses "mogwaïs" (en référence anecdotique aux "Monsters" de Lady Gaga) : "Bon, j'ai plus de fièvre, mais j'ai encore un peu la voix de Kathleen Turner (...) But the show must go on, Bruxelles, me voilà!" Ouf, on était donc sûr de sa présence ce mecredi!

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    Elle commence son set avec "What Would We Have Done Without Joni Mitchell?" et remarque avec plaisir que la salle (surtout la partie à sa gauche) reprend directement en choeur. Bref, comme probablement lors de chacunes de ses prestations, c'est un public conquis qui se trouve en face d'elle. 

    Chaque chanson est l'occasion de plaisanter, que ce soit à propos de la salle, de Bruxelles, de son "short trop petit, comme je pense chaque fois que je vais perdre du poids" ou de son état de santé... Et après avoir demandé un mouchoir au public, voilà qu'elle reçoit un paquet entier sur scène quelques minutes plus tard! On se demande comment le chanteur de Royal Blood aurait pris la chose... :crossover:

    Niveau setlist, elle (se) fait plaisir, avec les anciens ("Mon coeur, mon amour", "Elle sort qu'avec des Blacks") et les nouveaux morceaux ("Une petite fuite", "DRH", "L'autotune"). Sans oublier l'inimitable "Pendant ce temps-là en Ecosse" avec sa chemise lui servant de kilt et son verre de pastis remplaçant le whisky tourrrrbé. 

    Elle quitte la scène après avoir interprété le toujours excellent "Christina", le temps de tousser une nouvelle fois un bon coup en coulisses, et la revoilà pour un final parlant d'un petit cochon en pain d'épice et en transformant les spectateurs en danseurs hawaiiens. Evidemment, ça ressemble plus à une succession de sketches qu'à un concert, mais ça fait aussi partie du personnage. Et c'est pour ça que le public s'est déplacé et a apprécié. Encore un concert demain en France et elle aura le temps de se retaper complètement! >Philippe Sadre (Photo C.V.I.)

     

  • Soko, so Cure

    Il y a de ces chansons maudites, qui ont eu un tel succès, que leurs auteurs ne veulent plus en entendre parler. Le tube "I'll kill her", Soko en a fait des cauchemars. C'est un peu son "Creep" à elle. "I don't do that", lance-t-elle d'ailleurs d'une voix caverneuse, quand quelqu'un la lui réclame en fin de concert. "Cette chanson m'a juste donné envie de disparaître, longtemps". Heureusement, les envies de meurtre, ça lui est passé.

    On avoue qu'on Soko.jpgavait aussi quelques préjugés, à cause de ce morceau un peu folk, chanté avec un accent frenchie à couper au couteau. Mais c'était un tort, car Soko est une vraie artiste, destroy certes, mais avec un univers bien à elle. Depuis cet accident de parcours de début de carrière, elle a pris un virage à 180 degrés. Physiquement déjà, elle ressemble désormais plus à Connan Mockasin qu'à ce clone d'Amélie Poulain dont le minois passait en boucles sur les chaînes musicales.

    Pour enregistrer "My Dreams Dictate my Reality", elle a bossé avec Ross Robinson, au domicile de qui elle a carrément squatté à Venice. Non, vous ne rêvez pas, on parle bien du producteur métal, qui lança Sepultura, Korn, Slipknot et Limp Bizkit. Ce mélange improbable, il donne douze morceaux fascinants rappelant la froideur du Cure des plus belles années. Le fantôme de Robert Smith est omniprésent. De fantômes il est d'ailleurs souvent question dans ses morceaux, car Soko est obsédée par la mort, par ses rêves et par sa jeunesse foireuse et décousue. Elle a vu son père mourir lorsqu'elle avait cinq ans, et ne s'en est jamais vraiment remise.

    Cela ne l'empêche pas d'être drôle et captivante en concert. Lundi, elle sera restée 1h45 sur les planches de l'Orangerie, invitant une fan déguisée en... dalmatien à lancer une chorégraphie sur scène (sur "I thought I was an Alien"), une autre à réciter un poème pourri en flamand ("sur Bad Poetry"), proposant à qui veut un flirt avec une de ses deux musiciennes, faisant la roue, rendant hommage à Keaton Henson ("sur Keaton's Song),... Tout ça s'est terminé par une séance de câlins gratuits au stand de merchandising. Promis, après un tel concert, on n'aura plus jamais d'a priori...

    > Christophe Van Impe

  • Antoine Chance, un "succès fou" entre les bolides

    Après avoir inlassablement écumé les festivals l'été dernier, Antoine Chance s'était octroyé une pause bien méritée. A part sur le plateau de Michel Drucker, jadis squatté tous les dimanches par son illustre paternel, on ne l'avait plus trop vu ces derniers mois. Jeudi soir, il a retrouvé ses talentueux comparses Geoffrey Hautvas (basse) et Yannick Dupont (batterie) pour une soirée pas comme les autres.

    Le concept, c'était un concert intimiste dans le sous-sol feutré de la Antoine.jpgMercedes House, au Sablon. Pour une fois, les habituels gobelets de bière avaient fait place à des flutes à champagne. Et il fallait se frayer un chemin entre les bolides pour venir s'installer devant la scène. "Nous sommes plutôt habitués aux grands stades, ça nous change", rigole Antoine en milieu de set. De "Elle danse" à "Parader en Enfer", tout l'album a été parcouru. Les quelques dizaines de personnes présentes ont même eu droit à une reprise au piano du "Succès fou" de Christophe. La filiation entre les deux artistes étant évidente, ça passe aussi bien que les bulles dans notre gosier. En rappel, le trio interprète encore "Comme la Pierre" et une deuxième fois "Fou". Antoine prend son pied en s'installant un moment à la batterie, et s'en va ensuite tout sourire.

    La belle aventure de "Fou" n'est pas terminée pour autant. A l'étranger, elle ne fait même que commencer. On peut d'ores et déjà vous annoncer qu'Antoine sera de la partie aux Francofolies de La Rochelle et de Montréal. Et si vous voulez encore le voir en Belgique, c'est au Festival de Ronquières qu'il faudra être!

    > Ch.V.I.