Critiques de concerts - Page 8

  • Royal Flop

    Mercredi, c'était LE concert qu'il ne fallait surtout pas manquer. L'AB affichait sold out depuis des mois, les tickets s'arrachaient à prix d'or au marché noir. Et pourtant, Royal Blood était déjà venu aux Nuits du Botanique en mai dernier. Et c'était passé plutôt inaperçu, vu que l'album n'était sorti que trois mois plus tard, RoyalBlood.jpgen pleine tempête médiatique. Depuis, la presse anglaise en a fait des tonnes, présentant le duo de Brighton comme étant la huitième merveille du Monde. On s'est aussi fait avoir, on le reconnaît. Même si pour l'album, on acquiesce. Il est terrible, bien que pas forcément novateur.

    En live par contre, quel ennui. Musicalement on a évidemment apprécié, mais on n'a pas pris notre pied une seule seconde. Mike Kerr, le bassiste/chanteur n'a sans doute même pas besoin de prendre de douche après le concert. Il ne bouge pas, prend la pose comme une rockstar qui aurait 20 ans de carrière, 10 albums à son actif et aurait déjà sniffé des montagnes de coke dans les backstages de Wembley. C'est trop propre, trop gentil, ça manque d'énergie rock n'roll. Bref, on s'ennuie ferme et ça n'apporte rien de plus que l'album, sinon d'interminables blancs entre les morceaux. Sur "Loose Change", voilà même que la moitié sans casquette du binôme briton réagit au quart de tour après avoir reçu une... pièce de 20 centimes sur le bras. Il arrête brutalement le morceau, invective de manière assez grotesque "le coupable", le fusille du regard pour ensuite balancer rageusement une baguette de batterie en sa direction. Un sketch ridicule, mettant un terme à un concert on ne peut plus mièvre et tiède. Méfiez-vous de la hype, on nous l'avait pourtant dit...

    > Ch.V.I.

  • Hanni El Khatib retrouve le feu sacré

    Non, nous n'étions pas au Cirque Royal pour le concert de Christine and the Queens mardi soir. L'ayant déjà vue à l'Orangerie il y a quelques mois, on a préféré opter cette fois pour le son un peu plus distordu et crade d'Hanni El Khatib. D'autant que le Californien, pour son troisième passage entre les murs du Bota, a également fait sold-out. On gardait cependant un souvenir assez paradoxal de ses deux premiers concerts en salle en Belgique. A HEK.jpgla Rotonde, alors qu'il avait un incroyable premier album sous le bras, il avait fortement déçu. A l'époque, il avait eu la mauvaise idée de s'entourer d'un batteur qui ne lui arrivait pas à la cheville. Du coup, on avait beau avoir complètement pris notre pied avec "Will the Guns Come Out", le soufflé était retombé d'un coup en live. Et la deuxième fois, à l'Orangerie, c'était l'inverse. "Head in the Dirt", avec Dan Auerbach aux manettes, était mollasson, surproduit et manquait d'inspiration. Bref, il était dans la lignée de tout à ce quoi touche le leader des Black Keys depuis un moment: des trucs qui cartonnent, mais qui sont artistiquement inintéressants. Par contre, en live, ça dépotait enfin. Mais voilà, sans Dan Auerbach, Hanni serait sans doute en train de confectionner des fringues pour plagistes de la Côte Ouest et de faire du skate à ses heures perdues au lieu de tourner dans des salles remplies.

    Notre constat après mardi? Le rockeur californien aux racines métissées (de père palestinien et de mère philippine, qui dit mieux?) est enfin capable de trouver un équilibre entre le studio et la scène. Sur "Moonlight", il retrouve son inspiration de 2011, naviguant toujours entre rock garage et blues poussiéreux et défraîchi. Veste militaire sur le dos, il a puisé dans ses trois albums pendant près d'1h30, avec tout de même une priorité au premier et au dernier. Comme d'habitude, on a eu droit à la reprise de "You Rascal You", un vieux morceau des années 30 et jadis remis au goût du jour et francisé par Serge Gainsbourg avec "Vieille Canaille". Certains sont partis juste avant le rappel, afin d'éviter de devoir faire la file au bar. Bien mal leur en a pris. Avec "Come Alive" et surtout un titanesque "Fuck it, you win", HEK a mis un terme à sa prestation en effectuant un grand nettoyage de printemps de nos tympans. Il sera de retour aux Ardentes cet été!

    > Ch.V.I.

  • ABBota: La ruée vers l'or belge

    Le festival hybride des deux grandes salles bruxelloises s'est déroulé le week-end dernier. On était vendredi à l'AB pour le volet "francophone" de ce rendez-vous devenu traditionnel.

    ancienne belgique,botanique,applause,the belgians,mountain bike,fugu mangoPrésent, mais malheureusement en retard pour Alaska Gold Rush, qui ouvrait la soirée. Notre première étape était donc les Bruxellois d'Applause et son chanteur-compositeur parisien Nicolas Ly. Leur rock électronique est soigné, tandis que la voix nous fait penser à du Starsailor. Pas un problème en soi, mais combiné à leur frontman maniéré, ça donne parfois l'impression d'assister à une caricature de groupe musical. Néanmoins, that was a good starter, thank you very much Applause, puisque l'anglais semble être la langue pour communiquer avec les fans. 

    Autre combi franco-belge en pleine bourre, et accessoirement un des chouchous de Sudpop, ces "bons vieux" Mountain bike. Un an qu'ils sont à nos côtés, mais on dirait que ça fait beaucoup plus déjà... 

    ancienne belgique,botanique,applause,the belgians,mountain bike,fugu mango

    La base de fans s'étend autant que fusent les "A poil!" en direction du chanteur Etienne ou les "Joyeux anniversaire" pour le batteur Charles-Antoine, 31 ans vendredi. Et un pot de mayonnaise offert par ses potes du groupe, un! A part ça, leur rock claque aussi bien qu'un dunk d'un joueur de NBA dont ils portent les maillots sur scène... "Merci à l'ABBota de réunir ces deux communautés, il y a des t-shirts en bas... et des tiches aussi!"

    Retour à la Box pour le concert de The Belgians... ou la "projection vidéo musicale", pourrait-on écrire, tant la musique ne sert parfois que de bande-son pour les images (réactualisées au fil des concerts)  défilant sur l'écran. De la Belgique dans tous les sens et dans tous ses maux. Et quand Plastic Bertrand ("Ik ga schaatsen in Braaschaat"...) apparaît pour faire un éloge absurde à notre pays, on explose de rire.

    ancienne belgique,botanique,applause,the belgians,mountain bike,fugu mangoCa pogote gentiment grâce à l'énergie des trois rockeurs liégeois et l'apparition sur scène de Super Belgian qui distribue des faux billets de cent francs (l'"équivalent" d'une petite bière à l'AB...) à l'effigie du groupe. C'est à ce moment-là qu'on se rend compte qu'il n'y a pas grand monde dans la salle... Le concept de mélanger les groupes des deux communautés, comme il y a quelques années, était probablement meilleur de ce point de vue-là. 

    Changement de décor et de style pour le dernier concert de la soirée avec les Bruxellois de FùGù Mango. Le Club se déhanche sur un son indie rempli de rythmes ensoleillés, comme si Talking Heads avait effectué un stage chez des percussionnistes africains. C'est dansant et inventif, comme leur reprise de "Golden Brown" des Stranglers, un exercice quasi impossible selon les connaisseurs.

    Grande distinction pour un groupe qu'on reverra cette année, notamment aux Nuits Botanique où il partagera la scène avec Binti, un projet gantois constitué de... six soeurs. Tout un programme!

    >Philippe Sadre 


  • Panda Bear, l'extase et l'ennui

    Panda Bear a beau avoir sorti un des albums les plus excitants de ces derniers mois, on ne parvient définitivement pas à s'extasier à ses concerts. En fait, c'est exactement le même problème qu'avec Animal Collective, son groupe. En live, ça a parfois un côté... barbant. L'adrénaline monte sur panda-bear-noah-lennox-2014-domino-billboard-650.jpgquelques morceaux, et on ne peut que s'incliner devant autant de talent. Mais c'est souvent pour ensuite faire place à l'ennui pendant de longues minutes. A force de trop intellectualiser et conceptualiser une musique déjà pas facile d'accès, on en vient à déstabiliser son public. Car Noah Lennox n'est pas un manche, loin de là. Mais sans doute qu'il prend plus son pied à jouer au MOMA, comme récemment, que dans des salles comme le Bota. Niché derrière ses machines, devant un écran géant diffusant des images psychédéliques, il a déboulé. Avec talent oui, mais sans âme, sans même le moindre clin d'oeil à Animal Collective. On va se réécouter l'album tiens, ça vaut mieux...

    > Christophe Van Impe

  • La Muerte rugit à nouveau

    Il est 20h55 à l'AB samedi. Sur scène, des chandeliers sont allumés en enfilade. Une odeur d'encens commence également à lentement envahir la salle. Ce soir, c'est bien à une grande messe noire qu'on va assister. Tout le 15882_823302764405936_6666104260946267811_n.jpgmicrocosme du rock n' roll bruxellois s'est donné rendez-vous au boulevard Anspach. Les blousons en cuir d'époque, pas mal défraîchis, sont de sortie. On croise les looks les plus improbables.

    Vingt et un an après la séparation à La Luna, et quelques mois après un premier concert d'essai dans l'intimité à Gand, la Muerte est bel et bien de retour. Un come-back qui n'est pas sans rappeler celui pas si lointain de Channel Zero. Et ça se passe dans une salle qu'elle connaît bien, puisqu'elle y avait déjà joué en 1982.

    Du groupe d'origine, il ne reste que Marc Du Marais (qui a évolué sous divers pseudos depuis lors) et Dee-J. Les autres sont plus "jeunes", puisque débauchés chez Length of Time et Channel Zero. Un nouveau line-up qui permet d'ailleurs de donner une nouvelle jeunesse, avec des arrangements plus modernes, aux morceaux.

    Sac de toile en guise de cagoule sur la tête, Marc Du Marais déambule sur scène tel un bourreau prêt à sauter sur sa proie et vampirise l'attention. Malgré un problème de guitare après une demi-heure, ça déboule sans le moindre temps mort tel un bulldozer. Sur le rappel, le groupe est accompagné d'un... moteur V8, qu'un gars à chapeau de cow-boy se charge de faire rugir. "L'essence des chocs", "Kustom Kar Kompetition" et la reprise de "Wild Thing" mettent un terme à ce concert historique. A revoir dès cet été au Festival de Dour...

    > Christophe Van Impe

     

     

  • Two Gallants, une machine bien huilée

    "Derniers tickets" annonçait le site du Botanique lundi sur la page du concert de Two Gallants, prévu le soir même à l'Orangerie. Après la prestation bien inspirée du duo californien, on espère qu'ils ont trouvé preneur...

    Arrivée juste entre les deux concerts, pas eu moyen de voir la prestation du British Theo Verney en première partie. La musique d'interlude passe toujours dans les baffles quand Adam Stephens le chanteur-guitariste et Tyson Vogel le batteur-choriste foulent la scène de l'Orangerie et entament sans fioriture "My Love Won't Wait", issu de leur avant-dernier album "The Bloom and The Blight" en 2012. Malgré la sortie il y juste un mois de leur 5e opus ("We Are Undone"), les deux gaillards se sont d'ailleurs autorisés de nombreux bonds dans leur déjà belle discographie.

    two gallants,botanique

    Comme à leur habitude, ils ont offert un bel équilibre entre un rock tantôt blues (chaque apparition de l'harmonica suscitant des applaudissements dans le public) tantôt trash. "We Are Undone" et "Some Trouble" continuaient sur cette dernière lancée avant un petit creux au niveau de l'intensité au milieu du set. Rien de grave toutefois, "Fools Like Us" et surtout "Halcyon Days", avec Adam poussant sa voix plaintive au maximum, relançant l'intérêt avant le rappel. 

    Le public se voulait participatif mais se heurtait sur un Tyson Vogel très zen qui rigolait quand même en disant "I really appreciate your faith!" à l'adresse d'un fan l'apostrophant sur Paul Mc Cartney et d'autres choses inaudibles. Il retrouvait son compère près du micro pour "Broken Eyes" et assénaient ensuite un "Incidental" brut. Un magnifique "Waves Of Grain" s'élevait lentement pour terminer les nonante minutes (avec les arrêts de jeu) du concert... >Ph.S. 

     


     

     


     

     

  • Tu nous entends Fauve, tu nous entends?

    Tu nous entends Fauve, tu nous entends? Bin si tu nous entends, va te faire enculer! Y en a marre que chacun de tes textes nous parle jusqu’à nous tordre les tripes? D’ailleurs, les textes de Fauve nous parlent-ils? Ou parlent-ils machinalement à tout le monde? Possible que la logique soit inversée, mais on s’en fout en fait. Le projet n’est de toute façon sans doute pas appelé à durer éternellement, donc autant en profiter. Et peu importe si c’est de bon goût de ne pas aimer Fauve, on s'en fout. Ils ont tout pompé à Diabologum? Bin ouais, et alors? On s'en fout aussi. On adore aussi Diabologum. Mais en attendant, cover_VIEUX_FRE_RES_Partie_2_HD.jpgMichel Cloup joue devant des petites salles clairsemées. Alors qui a tort? Qui a raison? Sans doute chacun, à sa manière.

    Mercredi soir, nouvel album sous le bras, Fauve lançait sa tournée dans une Ancienne Belgique remplie à craquer. Entre projecteur qui flanche à l'Orangerie et pluies torrentielles à Esperanzah, Fauve n'a jamais eu de bol en Belgique. Oui, c'est vrai, on les a préférés à l'Orangerie et à la Rotonde. Mais, à partir du moment où ils remplissent des salles à la pelle à-travers fout l'Hexagone, peut-on leur en vouloir de faire l'AB? Non, définitivement non. Il y a un an, nous les avions rencontrés peu avant la sortie de la première partie de "Vieux Frères". Ils nous expliquaient que leur projet avait une date de péremption, mais qu'ils ne la connaissaient pas. Avec ce nouvel album, plus lumineux que le précédent, peut-être qu'ils ont déjà fait le tour de la question. A une vitesse frénétique, à l'image du débit du "chanteur". Quand l'affaire sera entendue, sans doute qu'ils passeront à autre chose, sous une autre forme. Et on ne demande pas mieux. Car, franchement, un Fauve porteur d'espoir et de belles paroles, on n'en a pas besoin. On a besoin de quelque chose qui nous heurte, qui nous rentre dedans, qui nous fait mal, comme l'avait été "Blizzard" à sa sortie.

    Puisqu'il faut quand même parler du concert, il était excellent. Pendant près de deux heures, Fauve nous a étalé à la tronche tout son répertoire, vieux de même pas deux ans, en allant même rechercher au fond d'un tiroir "4000 îles". "Haut les coeurs", "Infirmières" et "Kane" ont réveillé en nous de vieux démons. Mais après tout, n'était-ce pas le but? On n'allait pas là pour rentrer en frétillant. Fauve est parti sur "Les Hautes Lumières". Pour de bon? Non, ils reviendront en festival. Et après? On n'en sait rien. Eux non plus sans doute. Mais vu leur succès, on les voit mal s'arrêter là. Quoique... Enfin, de toute façon, on s'en fout.

    > Christophe Van Impe

  • L'étonnante métamorphose de Camélia Jordana

    Il y avait l'embarras du choix samedi soir. Bertrand Belin et Mathieu Boogaerts ayant fait le plein à l'Atelier 210, nous avons pris la direction du Botanique. 20h45, nous croisons Carl Barât sur le trottoir de la rue Royale. L'ex-futur-ex Libertines, accompagnée de toute sa clique et veste Union Jack sur le dos, cherche son chemin vers la Rotonde. Désolé Carl, même si ton dernier album solo est excellent et suinte le rock n' roll, pour nous ce sera cette fois l'Orangerie et Camélia Jordana. Mais promis, ce n'est que partie remise. www.asterios.fr-n...14public-45d3666.png

    Six ans après avoir remporté la Nouvelle Star à l'âge de 16 ans seulement, la gamine a bien changé. Enfin, seulement en apparence en fait. Les grosses lunettes d'ado geek ont valsé à la poubelle. Jupe dorée et maquillée à outrance, elle se la joue diva et tente de se donner dix ans de plus, comme si elle voulait définitivement se débarrasser de son corps d'enfant. Mais, elle ne nous bernera pas. Car derrière ces faux airs de femme fatale, c'est toujours une ado fragile qui se cache. On le ressent dans ses interventions parlées, toujours empreintes de timidité.

    Musicalement aussi, elle a bifurqué vers plus de maturité. En 1h20 de concert, elle n'aura d'ailleurs joué qu'un seul morceau de son premier album, dispensable d'ailleurs. Tout le reste est trituré, bidouillé, réinterprété. Entre les chansons, elle nous récite des poèmes. L'ambiance est feutrée, contemplative. Elle s'ose même à la reprise du "Retrograde" de James Blake, exercice pourtant casse-gueule par excellence. Durant le rappel, elle se la joue encore plus adulte en interprétant a capella deux standards de Louis Armstrong ("Saint-James Infirmary" et "What a Wonderful World"). Le concert se termine. Juste à temps pour aller à la rencontre de Carl Barât, qui squatte encore les alentours de la Rotonde...

    > Christophe Van Impe

  • Willow a bien lancé le vendredi soir!

    Le groupe louvaniste a rempli et enthousiasmé l'AB Club juste avant le week-end. Un deuxième album "Plastic Heaven" sous le bras, il trimballe depuis plusieurs semaines sa musique indie-pop aussi bariolée que ses chemises sur scène.

    La salle bruxelloise était finalement sold out sur le coup de 20h, heure d'arrivée des trois jeunes gens de Five Days qui ont bien rempli leur mission en amuse-bouche. Troisièmes du Humo Rock Rally 2014, ils connaissent actuellement un début de notoriété grâce à une série de très chouettes reprises commandées par Studio Brussel. "I Can't Live In A Living Room" de Red Zebra s'est par exemple métamorphosé sans perdre son caractère original. Un coup de maître et un des points culminants d'une setlist se rapprochant parfois (trop...?) fortement de Puggy.

    willow,five days,ab, ab club

    Une prestation qui donnait l'eau à la bouche pour le reste de la soirée. Et voilà les membres de Willow qui arrivent petit à petit au son de "Two Children", issu du premier album "We The Young" sorti en 2012. "Gold" accélère un peu la cadence  avec la voix délicieusement 80's de Pieter-Jan Van Den Troost. Le single "Danger" fait tout le contraire de la signification du morceau "Temperature Drop", empruntant quasi le début de "Kids" de MGMT. Le nouveau single "Stay Stay Stay" (dont on attend avec curiosité la vidéo la semaine prochaine, tant le groupe nous a habitué à de jolies trouvailles) est moins convaincant que le sautillant "Remedy" qui termine la première partie.

    La reprise guitare-voix de "A New England" de Billy Bragg engagera les rappels de jolie manière. Retour du groupe et l'excellent "Weeping Giants ("la première chanson que nous avons écrite est jouée à la fin!" s'exclamait le chanteur), beaucoup plus rock, permettait aux spectateurs de quitter la salle avec un grand sourire. Une belle manière de commencer le vendredi soir de la part d'un groupe qui possède par ailleurs encore une marge de progression. >Philippe Sadre


  • Viet Cong au Witloof, déjà un des concerts de l'année

    Ne blâmez pas le Canada. Ce beau pays n'a pas exporté que Céline Dion, des humoristes à l'accent à couper au couteau et des spécialités culinaires douteuses. Souvenez-vous de Suuns qui, il y a deux ans, avait marqué la scène rock avec son sublime "Images du Futur". La claque de ce début d'année, elle nous vient de Calgary avec Viet Cong. L'album éponyme, sorti il y a quelques semaines sur les label Jagjaguwar et Flemish Eye, est une véritable tuerie. 53944b3f.jpg

    Mercredi soir, ils étaient de passage au Witloof Bar. Complet depuis longtemps, ce concert aurait évidemment pu être déplacé au minimum à la Rotonde. Mais c'est à la demande du groupe qu'il a été maintenu à la cave. La preuve d'une volonté d'y aller progressivement, avant de jouer au club de l'AB en mai et puis en festivals. Cette date était la dernière de cette première partie de tournée européenne. "Demain, on part souffler un peu au Mexique avant de rentrer au Canada", nous explique Daniel Christiansen, le guitariste barbu, s'excusant d'avoir oublié toutes les bases de français apprises à l'école.

    Le concert était d'une telle qualité qu'on a vite oublié le manque de visibilité et l'acoustique discutable du Witloof. Viet Cong en live, ça vous prend aux tripes, ça vous retourne tous les sens. Sur le refrain de "Continental Shelf", joué en milieu de set, on ne peut évidemment s'empêcher de penser à Interpol qui aurait continué à faire du rock. Joy Division, toute la scène de Manchester et les Nuggets ne sont pas très loin non plus. Et comme sur l'album, c'est l'incroyable "Death" qui tire un trait sur la soirée avec ses douze minutes d'orgasme sonore. Le genre de concert dont on pourra dire dans quelques années: "on y était".

    > Christophe Van Impe