Critiques de concerts - Page 10

  • Baxter Dury et Nicolas Michaux, la leçon d'élégance

    Tu as vu un bon Anglais en costume-cravate un peu à la ramasse avec des jolies choristes fredonnant des "Pam pampapam papam pampampaaaaam"? Yes love, tu étais au concert de Baxter Dury à l'Orangerie. Un peu branleur mais très classe (à moins que ce ne soit l'inverse), le natif de Wingrave dans le Buckinghamshire est arrivé fort joyeux sur scène. Un peu trop peut-être vu les répétitifs "Woohooo!" Et rires nerveux, mais le début de set est un régal pour tous les fans de sa "lazy pop flamboyante" : "Isabel", "Pleasure" et "Claire" en enfilade! Soit principalement les meilleurs morceaux des deux derniers de ses quatre albums. Et justement, avec quatre albums au compteur, 55 minutes de concert, c'est un peu chiche. Même si on aime çe style détaché, ce chanteur stylé avec ce look d'agent secret raté, ces musiciens motivés (mention spéciale au bassiste, en combinaison de motard rouge, chaussettes blanches et moustache vintage) et ce cygne gonflable géant au dessus-la scène bien installé.baxter-tt-width-604-height-403-crop-1-bgcolor-000000.jpg

    Apres quelques bières consciencieusement éclusées sur scène, deux-trois bons mots (bonsoir les "Brussels Belgian Bunnies", "I wanna play In 'Brussels on Thursdays, Fridays, Saturdays,... forever! And have chocolaté for breakfast") après un "Pic Nic On The edge" assez punky) et un rappel vite envoyé, il s'en est allé au stand merchandising signer t-shirts et vinyls. Comme quoi, c'est pas un mauvais bougre... Il a même la classe on va dire!NICO_9_5566BD-480x320.jpg

    Avant ça, Nicolas Michaux s'était déjà chargé de faire monter la température, notamment sur le très érotique "Un Imposteur". Au final, il n'aura pas joué beaucoup moins longtemps que la tête d'affiche de la soirée. On se souvient de lui comme du chanteur d'Eté 67, mais on le préfère encore en solo. "C'est la première fois de notre vie qu'on joue sous un canard, enfin une espèce de canard, un cygne quoi" rigole-t-il. Le single "A la vie, à la mort" est déjà en passe de devenir un classique tant il tourne en radio. L'album est en préparation. Vu l'importante demande, notamment en France, un EP pourrait déjà sortir en février. On a hâte. Ce lundi soir, il assurera la première partie de la date parisienne de Girls in Hawaii à la Cigale.

    > Philippe Sadre et Christophe Van Impe

  • BirdPen (lundi 17 au Bota): "Entre la Belgique et nous, c'est une longue histoire"

    Si vous aimez Archive (à l'AB le 25 février), c'est au Bota que vous devrez être ce lundi 17 novembre. Dave Penney, par ailleurs chanteur du collectif britannique, y sera de passage pour présenter le troisième album de BirdPen. Avec son compère Mike Bird, Dave commence à connaître la Belgique par coeur. "C'est déjà notre troisième passage en 2014 par chez vous", explique-t-il. "Cet été, il y eu le Festival de Ronquières. Et au printemps, nous avions déjà joué au Botanique, mais au Witloof Bar. C'est un grand souvenir d'ailleurs car cette salle voutée est superbe. J'adore jouer dans des endroits beaux, pittoresques et improbables. En Suisse, nous avions notamment donné un concert dans un château du 18e siècle. On connaît très bien le Bota et on adore cet endroit. On a le privilège de passer directement du Witloof à l'Orangerie, sans passer par la Rotonde."14503_10152235041718485_44585663_n.jpg

    Entre BirdPen et la Belgique, le lien est très fort. "Oui, et c'est pourquoi on a beaucoup de dates chez vous. Les gens sont sympas, on connaît beaucoup de gens et la bière est bonne! Nous sommes très attentifs à la scène belge. On connaît dEUS, BRNS, Puggy ou Roscoe, avec qui on a déjà partagé la scène." Cette fois, il s'agira de faire découvrir le troisième album, qui succédera à Global Lows (2012). "Il est aventureux, mélancolique et progressif. Nous sommes impatients de le jouer pour découvrir les réactions du public. Nous l'avons enregistré, mixé et produit. C'était une belle expérience. On voit qu'on a toujours des choses à apprendre. On savait exactement ce qu'on voulait, et on a pris le temps de le faire. C'était comme un nouveau challenge."

    Surtout que Dave est beaucoup pris par Archive, qui est en train de bosser sur un nouvel album. "Organiser mon agenda entre Archive, BirdPen et le reste? J'adore ça! Je fais également pas mal de DJ sets, qui me permettent de m'aérer l'esprit. Les membres d'Archive forment un collectif de très chouettes personnes. Ils respectent beaucoup ce que je fais avec brident. Et le travail de chaque groupe inspire l'autre, c'est une situation de "win win". Même si la manière de travailler au sein de chaque collectif est différente. Je dirais que BirdPen est plus personnel en ce qui me concerne, il y a plus de rôles bien définis dans Archive."1625535_10152235041303485_874014640_n.jpg

    BirdPen n'est pas encore aussi reconnu que son "grand frère". "Il faut être patients car ça commence à très bien marcher dans certains pays comme l'Allemagne ou en Europe de l'Est. Les gens y sont ouverts à ce genre de musique atmosphérique. Il y a du potentiel.

    > Une interview de Philippe Sadre et Christophe Van Impe


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  • The War On Drugs a fait des étincelles

    A l'instar de Future Islands, présent la semaine passée au Botanique, le groupe autour d'Adam Granduciel est une des "hypes" de l'année. Evidemment, point de danses extravagantes ici, mais bien une consécration également venue "sur le tard" et des critiques extrêmement flatteuses, sur scène ou sur disque. Et ce dimanche à l'Ancienne Belgique, on a en effet aperçu quelques étincelles.

    "Lost In The Dream" est le troisième album du groupe américain qui, à ses débuts il y a une dizaine d'années, comptait en ses rangs Kurt Vile, parti faire son chemin avec les Violators... dont faisait également partie Granduciel. Tout comme Steve Gunn, qui assurait la première partie dans une AB out depuis des lustres. Un rock fort agréable, tantôt psyché tantôt folk, parfois longuet, mais une bonne mise en bouche.
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    Le coup de fouet, on l'a bel et bien reçu avec The War On Drugs... en même temps que le chanteur. On attendait de l'électricité dans la salle pendant "Red Eyes", on l'a également eu juste avant pendant "Buenos Aires Beach" de drôles de petits grésillements, et Adam Granduciel s'excuse ensuite de ne pas avoir chanté la fin, essaie de régler son micro et reçoit un vilain coup de jus. Il envoie valser sa guitare de rage par terre et quitte quelques instants la scène avant de revenir et de lancer à la foule anxieuse de voir comment ça allait: "Pas de problème, ça fait partie du show!". Il s'allume tranquillou une clope et envoie quelques mediators dans la salle pendant que le technicien s'affaire, et le concert peut reprendre avec le premier single de leur dernière plaque.

    Jusque-là, tout s'était déroulé sans beaucoup de fioriture (pas de fond visuel par exemple) avec un canevas efficace, comme sur l'ouverture "Eyes To The Wind", "An Ocean In Between The Waves" et surtout le splendide "Under The Pressure", qui prennent graduellement de l'ampleur pour laisser exploser toutes les couleurs de leur musicalité. Très joli mais parfois un poil lassant sur les plus longs solos. Amusant d'entendre le chanteur se souvenir d'avoir joué au Club il y a quelques années et, "sans vouloir saoûler tout le monde avec ses histoires", être content d'être dans la grande salle. L'incident, une petite reprise de Bob Dylan ("Tangled Up In Blue") et un rappel sans le traditionnel "Mais ils sont partis vont-ils revenir?" plus tard, et Granduciel termine un bon concert en balançant le plus ancien "Baby Missiles" et son harmonica au public. Woooh! >Philippe Sadre


  • Daan revisite Joe Dassin et Charles Aznavour

    Parvenir à captiver un public, pourtant majoritairement néerlandophone, en reprenant du Joe Dassin et du Charles Aznavour, il fallait oser. Dans une Rotonde pleine à craquer, Daan n'a pas hésité à s'aventurer sur ce terrain glissant. Pour le premier de ses trois concerts intimistes, l'ancien chanteur de Dead Man Ray avait décidé de prendre des risques. "J'en déduis que je t'aime" d'Aznavour et "Marie-Jeanne" de Dassin sont deux morceaux qu'il n'avait jamais repris en live, au contraire de "Fuzzy" de Grant Lee Buffalo interprété en début de set. Ayant jadis vécu dans les Ardennes, Daan est définitivement, avec Arno, le plus grand amoureux de la langue française dans le Nord du pays.

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    Et il est tellement talentueux et attachant qu'on lui pardonne tout. "Vous être trop gentils, car vous applaudissez même mes erreurs", rigole-t-il, avant de se demander si toute l'assistance vient de Sint-Niklaas. Ou encore quand il décide d'enregistrer les chants du public, mais appuie maladroitement trop vite sur ce satané bouton. Ce qui donne un... "je vous enregistre" en choeur pendant tout le reste du morceau. D'humeur taquine, il s'est même permis de chantonner "I will always love you" de Whitney Houston.

    Mais surtout, désarmant au piano, il a sublimé tout son répertoire habituel. Débarrassés de leurs beats, "Victory" et "The Player" révèlent une profondeur encore plus intense. "Normalement, c'est le moment où je félicite mes musiciens. Mais là... Enfin, ils sont formidables hein. Mais égocentrique comme je suis, j'ai parfois besoin de me retrouver seul", lance-t-il à l'issue du deuxième rappel. Il remettra ça ces mardi et mercredi, toujours à la Rotonde (il reste des places) avant de revenir, sous une forme plus "classique" à l'AB.

    > Christophe Van Impe

  • Future Islands a fait danser l'Orangerie

    Jeudi dernier, l'Orangerie du Botanique affichait complet depuis plusieurs mois pour accueillir l'une des sensations de l'année. Depuis son interprétation de "Seasons (Waiting on you)" au David Letterman Show en mars dernier et ses 2.789.267 "views" (au moment d'écrire ces lignes) sur Youtube, le groupe de l'hyperactif chanteur Samuel T. Herring est passé au statut de buzz. Mais un buzz avec une solide base et pas uniquement un seul morceau valable.

    En première partie, le groupe Celebration, également de Baltimore, Maryland. Difficile de juger sur quelques minutes mais à entendre le braillement de la chanteuse, on se dit qu'on a bien fait de faire un détour pour acheter une pils au nightshop avant.

    future islands,singles,season Il est 21h06 quand le quatuor tant attendu arrive sur scène. Et 21h06 et des poussières quand l'ami Samuel commence à se dandiner comme un zozo sur une "synthpop" maîtrisée et efficace. Certains spectateurs pensent reconnaître "le" single dès la deuxième chanson, mais il s'agit de "A Dream Of You And Me", également issu de leur quatrième (et dernier en date) album "Singles". Le public réagit positivement, danse pas mal et s'amuse de voir "en vrai" toutes les mimiques de ce chanteur tout en sueur. Parfois à la limite du too much (les faux pleurs, ça va une fois...), mais il donne la pêche et le dansant. Il fout un peu la trouille aussi quand il se rapproche à dix centimètres de la tête des spectateurs ou grogne comme un ours. Fameux contraste avec ses musiciens en fait, qui ont dû à eux trois sourire maximum quatre fois...

    "Seasons (Waiting On You)" a fait son effet mais ce n'était même pas le sommet musical de la soirée, atteint avec l'ouverture "Back In The Tall Grass", "Sun In The Morning" et les plus anciens "Walking Through That Door" et "Tin Man", qui a remporté le prix de l'applaudimètre. Samuel allume une clope au milieu du rappel, s'excuse auprès de la sécu, puis donne une dernière fois au public ce que ce dernier est venu chercher: une grosse dose d'énergie pour une soirée fort sympathique. > Philippe Sadre


  • An Pierlé à l'Atelier 210: l'avenir sera brillant

    Après quelques dates en Flandres, et notamment dans des églises, c'est à l'Atelier 210 qu'An Pierlé avait décidé d'interpréter en intégralité son futur album. Point de "Mud Stories" ou de "Such a shame" (sa reprise de Talk Talk) donc, mais uniquement des nouvelles compositions. Et ce fut une excellente surprise. f6f346eb6317bae96e05d76134daf294.jpg

    Vêtue d'une longue robe blanche un peu désuète et assise derrière son synthé, la Gantoise a séduit. Plus apaisée que par le passé, elle a délaissé la folie pour l'émotion. Et les nouveaux morceaux passent plutôt bien. Comme ce "Birds Love wires". Une chanson, faisant presque penser à du Lana Del Rey au début, qui aurait pu être vite pompeuse. Mais pas avec elle. Même avec un répertoire totalement inconnu, elle est parvenue à captiver l'assistance pendant 1h15. "Je dois encore trouver la teneur des paroles entre les chansons", s'excuse-t-elle hilare. Sur "The cold song", elle demande à ce qu'on diminue la lumière "car c'est une chanson qui parle de la mort". Après un deuxième rappel, où elle rejoue une deuxième fois "Birds love wires", elle quitte la scène sous une standing ovation. "Bon, puisque c'était chouette, on va en faire un album hein". On attend ça avec impatience...

    > La setlist: 1. "Feel for the child", 2. "Road to nowhere", 3. "Certain days", 4. "Birds love wires", 5. "Changing tides", 6. "It's like", 7. "There is no time", 8. "Dragon Jesus Mary", 9. "Monkey", 10. "Sovereign", 11. "Bedroom dust", 12. "The road is burning". Rappel 1: 13. "The cold song", 14. "The house of sleep. Rappel 2: "Birds love wires".

    > Christophe Van Impe

  • Les belles atmosphères de Yann Tiersen

    Une scène remplie de musiciens et choristes, et de nombreux instruments qui donnent vie à de belles chansons "terrestres": Yann Tiersen a régalé ses fans présents en nombre à l'Ancienne Belgique dimanche soir.

    On l'avoue sans "Phare" (hum hum): on avait un peu perdu le Breton de vue depuis le magnifiquement désabusé "Monochrome" et le raz-de-marée d'Amélie Poulain. Pourtant, loin de se reposer sur ses lauriers et plutôt désireux de s'éloigner d'une hype qui ne lui ressemblait pas, il a continué à travailler sur une musique fort personnelle. Et c'est justement au milieu de la grosse tournée américano-européenne d'"Infinity", son dernier album, qu'il est venu déposer tout son matériel le temps d'une soirée à Bruxelles.

    yann tiersen,infinityAprès une première partie dans une veine "The National moins torturé" bien assurée par les Américains (dont le chanteur est né en Nouvelle-Zélande) de Black English (!), les paroles de "Meteorites", écrites et contées par... l'Ecossais Aidan Moffat, retentissent dans la salle. "Infinity", qui a vu le jour entre l'Islande et la Bretagne, est directement mis à l'honneur puisque suivent rapidement "Ar Maen Bihan" et une interprétation très inspirée de sa choriste, "Slippery Stones" ainsi qu'une version un peu moins "Noël" mais tout aussi "chorale" de "A Midsummer Evening". Un mélange de voix et d'instruments fort agréable qu'on retrouve pendant tout le concert.

    Lorsqu'il a soulevé pour la première fois son violon, on a d'ailleurs entendu une demoiselle s'exclamer (en néerlandais dans le texte) derrière nous : "Il peut vraiment jouer de tout, c'est incroyable". Yann Tiersen est un multi-instrumentiste de talent certes; mais c'est tout son groupe qui joue à la chaise musicale pour notre plus grand bonheur: et que le batteur aille faire les choeurs, le guitariste devenir claviériste et ce dernier venir appuyer sur les clochettes de toutes les couleurs. Un groupe complet et charismatique, dans une ambiance ventue voire tourbillonnante.

    Durant cette heure quarante de concert, Tiersen s'autorise évidemment quelques retours en arrière comme "La Crise" ou "Sur Le Fil" et "La Longue Route", exécutés en solo lors du premier rappel. Mais c'est l'album "Dust Lane", sorti en 2010, qui procure les plus beaux moments de la soirée: "Chapter 19", interprété avec beaucoup de cœur par le Féringien Olavur Jakupsson, "Palestine" et enfin "Ashes", dont la version a cappella en final a fait naître d'immenses sourires sur tous les visages. > Philippe Sadre

    Voici un extrait du concert capté par Arte sur l'île d'Ouessant, où réside Yann Tiersen, donné à l'occasion de la sortie du dernier album.


  • Avec Ivan Tirtiaux et Matthieu Thonon, l'automne est de sortie

    La chanson française bien de chez nous a encore de beaux lendemains devant elle. Samedi, dans une Vénerie pleine à craquer, nous avons assisté à une soirée pleine de douceur et de volupté. 3hLDMA3kxQQazly2i0DVPcHxB7NQWs6LUhK7vlUCDhM.jpeg

    Le lever de rideau, c'était pour le régional de l'étape. A Boitsfort, Matthieu Thonon se produisait en effet en terrain conquis. Venu présenter l'album "De beaux lendemains", c'est avec une intro au piano que n'aurait certainement pas reniée Yann Tiersen qu'il a débuté sa prestation. La mise en scène est soignée et de circonstance. Accompagné de son groupe et de deux choristes, il est entouré d'un sac de patates ou encore d'un bulldog de porcelaine, chacun de ces objets faisant référence à une parcelle de sa discographie. Tantôt drôle tantôt touchant, mais toujours "dans sa bulle", il nous rappelle par moments Alex Beaupain ou Albin de la Simone. Une très agréable mise en bouche pour la suite.

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    Ivan Tirtiaux était aussi venu avec un nouvel album sous le bras. Magnifique et habité, "L'Envol" a été balayé de A à Z. On pense inévitablement à Dominique A, pour cette voix tellement chaude et vibrante, mais en plus folk. Sa guitare, prénommée Cesaria (car il l'a perdue, pour ensuite la retrouver, le jour de la disparition de Cesaria Evora), suinte quant à elle le blues pour donner à l'ensemble un parfum de spleen et de nostalgie. C'est délicat et, même si c'est le printemps qu'Ivan chante sur "Charlatan", parfaitement en adéquation avec l'automne qui commence à envahir nos soirées. Lui aussi est promis à de veux lendemains, puisqu'il s'apprête à débuter une alléchante tournée ProPulse.

    > Texte: Christophe Van Impe

    > Photos: Lara Herbinia

  • L'échauffement parfait d'Oscar And The Wolf à la Rockhal

    223671.jpgLa Rockhal à Esch-sur-Alzette s’est agrandie ce jeudi. Pas physiquement, le bâtiment situé en plein cœur de la zone industrielle de Belval étant resté le même. Mais bien fonctionnellement, puisqu’un nouvel espace a été inauguré. Baptisé "The Floor", celui-ci  possède sa jolie petite scène et un bar élégant. Le tout pour un résultat plutôt stylé qui n’est sans rappeler l’ambiance et la chaleur de certains Clubs. Le tout aussi pour une capacité d'accueil allant jusqu'à 200 personnes.  Bref, le complément idéal aux deux salles principales du complexe mais aussi au Rockhal café, qui accueille chaque mois des concerts gratuits qui valent toujours le détour (on y a vu Balthazar, Sylvan Esso, …).

    Jennifer Lopez et "Freed From Desire"

    Ce jeudi, c’est le groupe belge Oscar And The Wolf qui a essuyé les plâtres avec sa musique électro-pop plutôt calme. Enfin, ça, c’est surtout sur leur premier album complet sorti voici quelques mois et qui marche fort par chez nous: Entity. Car en live, le côté dansant du quatuor néerlandophone prend vite le dessus. Avec en vedette, Max Colombie, un chanteur à la voix simplement surnaturelle. Entre petits déhanchés, moulinets avec les bras et un ensemble pantalon de training - t-shirt doré du meilleur effet, le beau-fils de l’ancien footballeur (et aujourd’hui entraîneur) Franky Vercauteren a assuré le show. Tout l’album Entity y est passé (ou presque), dont forcément les tubes « Princes » et « Strange Entity ».  Mais on n’oubliera pas non plus l’insertion d’un petit bout du « Jenny From The Block » de Jennifer Lopez ou une reprise très réussie de … « Freed from Desire ». Non, vous ne rêvez pas, il s’agit bien du tube électro dansant des années 90 de la chanteuse italienne Gala. Bref, jeudi soir, on n’était pas loin de l’échauffement parfait avant la grand-messe prévue ce vendredi à l’Ancienne Belgique. Un concert complet depuis belle lurette...  

     

  • Avi Buffalo, un soufflé qui retombe en live

    Il y a des groupes comme ça qu'on ferait mieux de n'écouter que sur album, afin de ne pas être déçu. Avi Buffalo en fait partie. Avec "At Best Cuckold" Les Californiens viennent pourtant de sortir un des plus beaux albums de 2014. Mais ils Avi.jpgne parviennent définitivement pas à le sublimer sur scène. On en a eu la triste preuve mercredi au Botanique. La demande était pourtant tellement énorme que le concert avait dû être déplacé du Witloof Bar à la Rotonde.

    Aux débuts, la pop sucrée d'Avi Buffalo avait été comparée à celle des Beach Boys. Mais la musique s'est orchestrée et flirte désormais davantage avec l'univers de Mercury Rev. C'est sublime sur album et... quelconque sur scène. Pendant une heure, on a eu la désagréable impression que le concert n'apportait rien de plus. Au contraire, à cause de transitions foirées entre les morceaux et d'un charisme proche du néant absolu, ça perd même de sa puissance. Dommage de décevoir à ce point quand on a autant de talent...

    > Christophe Van Impe