Festival - Page 6

  • Francofaune 2015: les fantaisies littéraires de Bertier

    C'est un groupe peu conventionnel qui s'est produit dimanche soir à l'Atelier 210, dans le cadre du festival Francofaune, en ouverture de Dalton Telegramme. D'ailleurs, nous devrions plutôt parler de collectif que de groupe. Chez Bertier, ils sont sept sur scène, et encore beaucoup plus en studio. Qui dit grande première Bertier2.jpgdit souvent bricolage. Mais pas chez Bertier. Avec classe, élégance et professionnalisme, ce premier concert (qui, on l'espère, en appellera d'autres) a été assuré comme si le groupe avait des années de scène derrière lui. Derrière cette prestation, il y a des mois de préparation, de résidence et d'attente(s).

    De morceau en morceau, ou plutôt d'histoire en histoire, les musiciens intervertissent leurs instruments avec une facilité déconcertante. A l'avant, habité, Monsieur chante, un verre de vin rouge posé sur un tabouret à proximité. Et à ses Bertier.jpgcôtés, Madame rêve et chante elle-aussi, parfois même en russe, langue de ses ancêtres. Le chef d'orchestre, c'est Quentin Steffen. Directeur artistique, c'est lui qui dirige cette petite entreprise, passant allègrement des claviers à la trompette. Et puis dans l'ombre, il est là, chemise ouverte, avec sa gratte et sa tignasse reconnaissable entre toutes. Lui, c'est Yan Péchin, le légendaire guitariste d'Alain Bashung (et de bien d'autres légendes comme Thiéfaine, Higelin ou d'autres). Transporté par le projet, il a accepté d'être de la partie. Et arrivé la veille, il n'a qu'une seule répétition dans les dents. Pourtant, ça ne se ressent jamais.

    Pendant quarante minutes, par une prestation envoutante, Bertier nous transporte et nous raconte l'histoire de ce dandy et de sa sirène. On se laisse avoir, on finit par y croire et, quand les lumières se rallument, on regrette que ça se termine déjà. Chez Bertier, tout nous ramène à l'univers de Bashung, mais aussi à celui d'autres grands maîtres comme Gainsbourg ou Christophe. Et Bertier de nous offrir une alternative belge à ce qui se trame en France avec des groupes comme Feu! Chatterton ou Grand Blanc. Dans le fond de la salle, se dessine la silhouette de Jacques Duvall. Il s'est délecté, et retrouve ensuite son ami Yan Péchin. On n'ose imaginer ce que pourrait donner une collaboration. Un jour? Pourquoi pas? La suite est en tout cas déjà en marche, et on trépigne d'impatience... > Christophe Van Impe


  • Antoine Chance, tête d'affiche du premier "Make-A-Wish Belgium South Festival"

    Antoine Chance sera la tête d’affiche du tout premier « Make-A-Wish Belgium South Festival » qui se déroulera le samedi 3 octobre prochain, au Parc du Cheneau, à Braine-l’Alleud. La cause de Make-A-Wish lui tient à cœur. 

     Antoine, la tournée touche à sa fin mais tu joueras encore au « Make-A-Wish Belgium South Festival 2015 ». C’est une cause qui te tient à cœur ?Antoinechance.jpg

     « Jouer un concert est un plaisir que je ne me refuse jamais. Encore moins s’il s’agit d’une belle cause comme celle de Make-A-Wish. Je suis conscient de faire un métier formidable. Mais si en plus, je peux donner un coup de main à la société en lui procurant un peu de rêve, c’est encore plus valorisant. Je ne vais évidemment pas te dire que je déteste les enfants, même si ça aurait fait un bon titre (sic). »

     La tournée a été très longue. Quel regard rétrospectif portes-tu sur cette superbe aventure ?

     « Je suis très heureux. Surtout que je suis très complice avec les gens qui jouent à mes côtés, tant sur scène que dans la vie de tous les jours. Avant ça, pendant des années, j’ai beaucoup pratiqué les salles vides. Il se trouve qu’ici, il y eu un single qui est directement devenu ambassadeur du projet. C’est un peu devenu le passeport pour la suite. Sans vouloir faire de mauvais jeu de mots, j’ai vécu ça comme une chance. Au final, on doit en être à 80 ou 90 concerts rien que sur cette tournée. »

     Une date en particulier te tient-elle plus particulièrement à cœur ?

     « La première à la Rotonde. C’était la première fois que je jouais dans une salle remplie, avec des gens qui venaient pour moi. Mais je ne prends aucun concert à la légère. A Spa et à Ronquières, c’était également assez fabuleux car on jouait devant 12.000 personnes, et on avait des cuivres avec nous. J’ai aussi adoré donner un concert piano-voix à Angoulème. »

     As-tu vite compris que « Fou » allait cartonner à ce point ?

     « Pas vraiment, car j’étais le nez dans le guidon. C’est plutôt mon entourage qui me mettait la puce à l’oreille, qui me disait que ça allait débloquer des choses.  J’ai déjà commencé à travailler sur l’album suivant, mais je refuse de me mettre une mauvaise pression. Je n’ai pas ce souci de vouloir refaire la même chose. Je n’ai pas envie de tout dévoiler, mais j’ai une bonne ‘vibe’. Bien que, si ça tombe, je jette tout à la poubelle dans un mois. »

     L’accouchement du premier album avait été très long…

     « C’était particulier, car c’était la première impression que j’allais laisser. J’allais devoir le défendre, le faire accepter… »

    Les influences sur le deuxième seront-elles toujours les mêmes ?

     « Pour le premier album, j’ai beaucoup parlé de mes influences. Car le public devait savoir à quoi s’attendre. Mais désormais, j’assume davantage mon identité. Je n’ai plus envie de me noyer dans les comparaisons. J’essaie d’être plus libéré. Mais bon, je suis toujours fan d’un article comme Bon Iver par exemple, et j’assume complètement. »

     Tu as beaucoup joué en France et même aux Francofolies de Montréal. Cela t’a-t-il ouvert des portes ?

     « Je ne sais pas, car c’est vachement compliqué comme processus. « Fou », par exemple, a cartonné en Belgique mais ils n’en veulent pas en France. Ils préfèrent « Bye Bye », qui est un morceau auquel nous croyions d’ailleurs beaucoup aussi, mon producteur et moi. Cela ne s’explique pas. Mais c’est intéressant de voir à quel point un morceau peut marcher ou pas en fonction des territoires. A Montréal, l’accueil a été très chaleureux et on a d’ailleurs encore plusieurs dates là-bas. »

     

    En France, ils ne te catégorisent pas trop « fils de » ? Parce que, comme on t’a notamment vu sur le plateau de Michel Drucker…

    « Non, globalement ils m’en parlent même moins. Sans doute parce qu’ils ne parlent pas le néerlandais et ne comprennent pas le clin d’œil (sic). Mais en Belgique aussi, c’est passé. On m’en parlait beaucoup au début, et puis ça s’est tassé. Mais bon, j’en suis très fier. Et je savais très bien qu’il allait peut-être falloir trois albums pour qu’on arrête d’en parler… »

     

    Infos : www.festival4wishes.be

  • Luke: "Aujourd'hui, tout le monde rêve de pondre la musique pour la pub Apple"

    En 2004, avec le fabuleux "La tête en arrière", les Bordelais de Luke marchaient sur les braises encore incandescentes laissées par Noir Désir. "La sentinelle" et "Soledad" étaient autant de coups de poing dans la tronche d'une nouvelle scène française trop bien-pensante. Dix ans plus tard, avec "Pornographie" (sortie le 9 octobre), la tension n'est toujours pas retombée. Thomas Boulard, avant un concert très attendu aux Fêtes de Wallonie ce jeudi (place Saint-Aubain, à 21h10), nous parle de sa révolte permanente.

    Thomas, vous serez aux Fêtes de Wallonie à Namur ce jeudi. La Belgique, elle vous inspire quoi?

    "Des souvenirs d'excellents concerts, notamment lors d'une Nuit Française au Bota en compagnie de Florent Marchet, Daniel Darc et Brigitte Fontaine. Et puis je me souviens également d'avoir enregistré luke.jpgpendant deux semaines aux studios ICP. Le problème, c'est que les cafés ne ferment jamais à Bruxelles..."

    En 2014, tu t'es donné de l'air avec un album solo. Avais-tu un besoin vital de cette respiration?

    "Ca, on ne s'en rend compte que par après. Je ne l'ai pas vécu tel quel sur le moment même. Parfois tu as besoin de goûter à autre chose pour finalement te recentrer sur ce que tu es vraiment."

    Sur l'album à venir, vous déclarez "C'est la guerre". Luke est-il enfin de retour à l'énergie incendiaire et revendicative des débuts?

    "Ceux qui me connaissent dans l'intimité savent que je suis plutôt "contre" que "pour". Je m'implique dans ce que je raconte. Sur cet album, j'ai surtout été inspiré par l'absence de réactions autour de nous. Tout le monde regarde, laisse faire, sans bouger le petit doigt."

    Et ce n'est pas l'actualité récente qui risque de te faire changer d'avis...

    "Attention, il ne faut pas se laisser avoir par le côté immédiat de l'actualité. Tout ce qu'on constate autour Luke2.jpegde nous, ce ne sont finalement que des modèles importés de longue date. A part la révolution tunisienne, et encore!"

    Tu pourrais écrire sans cette rage intérieure?

    "Si c'est pour être d'accord avec tout, alors ce n'est pas la peine d'écrire. J'écris sur l'aberration du monde, sur le temps qui passe trop vite. C'est une écriture de contestation, mais qui est en accord avec mon époque. Je suis révolté par le degré d'acceptation des gens."

    Les groupes porteurs de messages se font de plus en plus rare...

    "Aujourd'hui, on est de plus en plus dans le snobisme. On chante en anglais, on porte de beaux vêtements et on rêve tous de pondre le tube qui sera utilisé dans la pub pour Apple. C'est pour ça que j'aime de plus en plus le rap. Le rappeur, lui il dit des choses."

    Le fait d'avoir cartonné avec "La tête en arrière" au moment où Noir Désir a disparu, ça n'a dû vous aider des masses...

    "A l'époque, tout le monde a fait le lien entre les deux groupes. Or, on aurait préféré qu'il y ait un débat musical plutôt qu'un débat sur l'actualité. C'est pourquoi on s'est distancé de tout ça, car on n'avait rien à voir avec ce qui arrivait à Bertrand Cantat et Noir Désir. Le monde a continué à tourner sans Noir Désir. Et dix ans plus tard, ce n'est pas l'absence de message dans le rock qui me fait peur, c'est l'absence de rock français tout court..."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

  • Zita Swoon Group (le 9/10 au festival FrancoFaune): "Mon père m'a donné l'amour de la langue française"

    Début octobre, le festival FrancoFaune célèbrera la chanson française à Bruxelles. 9 jours, 30 événements dans différents lieux: l’Atelier 210, la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale, le Museum des Sciences naturelles, Chez Maman… En tête d'affiche, on retrouvera Zita Swoon Group, qui ose un spectacle inspiré du mouvement « dada », sur la déstructuration du langage. Nous avons rencontré Stef Kamil Carlens, tête pensante du groupe et ancien membre (fondateur) de dEUS.

    Stef, en quoi consiste le spectacle qui sera présenté à FrancoFaune?

    "C'est un spectacle, qui brasse plusieurs disciplines artistiques. On part de la musique, mais il y a aussi de la danse, du théâtre, de l'art plastique. C'est très lié au travail que je fais comme artiste plasticien. Il y aura des masques, des objets qui bougent,... Ce spectacle touchera à tous les sens, pas seulement àzitaswoon.jpg l'ouïe. Avec Zita Swoon, on a arrêté de faire des concerts "normaux" en 2009. Depuis, on ne fait que des spectacles qui partent d'une idée spécifique, d'une collaboration avec des artistes issus d'autres disciplines ou d'autres cultures. Zita Swoon était un groupe pop classique, Zita Swoon Group est un collectif qui fait des spectacles."

    La pop, ça ne te manque pas de trop?

    "Je travaille pour le moment à un album solo. On sera quatre, l'album sortira en février et on jouera à l'AB fin avril. J'avais arrêté depuis six ans, mais ça me manquait. A côté de ça, on prépare déjà un autre spectacle avec Zita Swoon Group. Je ne m'arrête jamais..."

    A quel moment t'es-tu dit que tu voulais d'écarter du chemin traditionnel?

    "En 2009, on a fêté nos quinze ans d'existence par cinq concerts: un à Paris, trois à l'AB et un à Amsterdam. Il y avait des invités comme Arno et Miossec. Là, je me suis dit que je devais arrêter en étant au sommet. Je suis alors parti quelques mois au Burkina Faso. Là-bas, j'ai travaillé avec des musiciens locaux. Ce fut un déclic, je me suis dit que je devais désormais faire les choses différemment. Humainement, ça a changé ma vie."

    D'où te vient ton amour pour la langue française?

    "De mon père, qui était professeur de français à l'université et qui avait, et a encore toujours d'ailleurs, un grand amour pour la littérature française. Moi, je n'ai pas étudié tout ça. Mais c'était important pour lui qu'on goûte à cette culture. Depuis, ça fait un moment que je me suis mis en couple avec une Wallonne. Je suis un vrai Belge!"

    Quels sont les artistes francophones que tu admires le plus? Avec dEUS, il vous arrivait déjà de reprendre "Requiem pour un con" de Gainsbourg...

    "Gainsbourg évidemment! Je travaille tellement que je n'ai pas le temps de suivre l'actualité musicale. Mais ces derniers temps, j'écoute beaucoup Bertrand Belin. Je l'ai rencontré pour la première fois en France il y a longtemps. Je trouve que son univers continue de grandir. J'adore aussi Camille. De temps en temps, je tombe sur quelque chose, mais je n'ai pas le temps d'approfondir. Je découvre souvent des disques cinq ans après leur sortie."

    Tu te reconnais un peu en Arno?

    "Bien sûr, car comme lui je suis néerlandophone et amoureux de la langue française. C'est un bon copain et c'est lui qui m'a donné envie de devenir musicien. La langue, il s'en fout. Elle a de l'importance, mais il s'en moque et il est touchant. Il a créé une vibe européenne."

    Dans ton travail actuel, y a-t-il encore des réminiscences de ce que tu faisais avec dEUS?

    "Inévitablement. J'ai quitté dEUS il y a longtemps, mais j'ai continué à suivre le groupe. Ils ont beaucoup évolué. Tom Barman est un artiste exceptionnel. Car il n'a pas que dEUS, il a aussi Taxi Wars et Magnus et la qualité est toujours présente. Il a fait plusieurs expositions aussi. "

    Tu n'as jamais regretté d'avoir quitté dEUS?

    "Non. A un moment, ça prenait tellement de place dans ma vie, que je n'avais plus le temps de faire autre chose. Quitter dEUS, c'était un choix naturel."

    Comment vois-tu l'évolution de Zita Swoon?

    "On a déjà touché à beaucoup de choses mais on doit encore grandir. J'ai rentré un dossier pour demander une aide financière à la communauté flamande pour cinq ans. J'ai beaucoup de projets en tête, je contacte plein d'artistes avec qui j'aimerais bien travailler. Dans quelques années, je prévois également de travailler avec le monde arabe."

    Dans ta tête, ça fourmille tout le temps! C'est facile de mettre de l'ordre?

    "Pas trop non... parfois, j'ai quand même besoin de partir en vacances!"

    > Une interview de Christophe Van Impe (photo: Lolbee)

    Tous les renseignements sont à trouver sur www.francofaune.be.

    Le festival possède également sa page Facebook officielle. 

  • Le Ward'in Rock va égayer la rentrée!

     

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    Le village de Wardin, situé sur le territoire de la commune de Bastogne, accueillera le week-end prochain la 19e édition de son festival. De quoi se replonger un peu dans l'insouciance malgré la rentrée.

    Les têtes d'affiches du vendredi sont plutôt rap (La Smala et Disiz) avec les Fatals Picards entre les deux, il fallait y penser! Le samedi, on vous conseille vivement d'arriver tôt pour profiter des compositions inspirées des Anversois de Bed Rugs. Plus tard sur l'affiche, on pointera Alaska Gold Rush et les toujours excellents, chacun dans leur genre, Romano Nervoso et Intergalactic Lovers. En soirée, Charlie Winston continue de faire son Guy Lemaire en visitant tous les recoins de la Belgique. Avec ou sans Saule? >Ph.S.

     

  • On ajoute les Black Box Revelation à l'affiche du Sonic Visions

    timpaternoster-BBR3.jpgOn vous parlait la semaine dernière du retour du duo (très) électrique belge, Black Box Revelation, sur la scène du Pukkelpop. Puis de leur concert le 19 février 2016 à l'Ancienne Belgique. 

    On peut désormais ajouter une nouvelle date au calendrier de ces rockeurs: ils seront au festival Sonic Visions à la Rockhal à Esch-sur-Alzette (13 et 14 novembre). 

    Tout cela appelle forcément un nouvel album ... dont on ne sait encore rien. 

    Pour rappel, à l'affiche du Sonic Visions, on retrouve également AaRON, Alabama Shakes, Catfish and the Bottlemen, Death Cab For Cutie, Flo Morrissey, José Gonzalez, Michaël Kiwanuka, Tobias Jesso, jr, ...

    >J.C.

  • BSF (J9): Giacomo, Andy, Dave, Ruben et les autres...

    Giacomo n'est pas du genre à heurter les sensibilités, quoique. Son néerlandais n'était pas encore al dente, c'est donc en anglais qu'il a exceptionnellement décidé de s'exprimer cette fois. Même devant un public encore assez peu nombreux, Romano Nervoso a encore une fois tout dévasté sur son passage, jusqu'à ce "Maria" final chanté au milieu du public. On ira même jusqu'à lui pardonner sa confusion entre Fabiola et Paolo. Oui oui, l'une est espagnole et l'autre italienne. Mais qu'importe, le roc bien burné des Louviérois nous a encore une fois fait chavirer. Les gars de Therapy? ont apprécié, et le feront d'ailleurs savoir pendant leur concert.

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    Place à Therapy? donc, un groupe cher à notre coeur. Le genre de groupe qu'on a vu dix fois mais qu'on est toujours content de voir une onzième. Pourquoi? Parce qu'Andy Cairns et ses potes sont sympas, ont la pêche et assument tout ce qu'ils ont fait dans leur carrière. Des bons gars quoi. Le genre qui se souviennent du prénom d'un confrère une dizaine d'années après l'avoir rencontré pour la dernière fois. Ou qui parlent du Roi en disant que chaque matin, il ouvre en fenêtre en criant le "Here I am motherfuckers!!!!" inaugural de "Nausea". On retrouve toutes les chansons les plus connues, et les autres parviennent à garder l'ambiance intacte. On se retrouve donc avec trois gars qui font leur truc à fond et qui accumule les "motherfuckers" sans que cela semble même déplacé. Bref, ils peuvent revenir et revenir, on reviendra et reviendra. "Fan-fuckin-tastic!"

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    D'autres Irlandais les suivront sur scène. Plus "Eire" mais issu de Los Angeles. les punk-Celtiques de Flogging Molly assurent depuis des années l'ambiance avec des shows énergiques, et la Place des Palais n'a heureusement pas été une exception à la règle. Dave King était en forme olympique avec sa grande barbe rousse et tous ses musiciens (bon, ok, la violiniste-flûtiste faisait un peu la gueule) étaient dans le même ton.  Ca sent bon les pubs (pas les pièges à touristes), l'amitié, et toute la Place des Palais se lance dans un petit pas de danse. Même les VIP "qui boivent leur kir royal, mais nous on préfère la Guinness. Viva la Revolucion!' Un excellent moment, avec en prime un peu de la canette du divin breuvage lancée par un des membres du groupe (Merci Den'!). 

    triggerfinger,therapy?,flogging molly

    Tête d'affiche de la soirée, Triggerfinger. Une nouvelle fois, ils faut être un habitué des ondes flamandes pour savoir que le groupe a bien plus à proposer que la reprise "I Follow Rivers" (d'ailleurs ignorée de la setlist au contraire d'une autre reprise, "Man Down" de Rihanna).  Le public n'est pas toujours "dedans" face à ce déferlement de son, mais le groupe parvient à capter de nouveau l'attention avec un show parfaitement huilé. Et que le chanteur Ruben et le bassiste "Monsieur Paul" pointent les projos sur le batteur Mario Goossens, véritable diable sortant de sa boîte. Quelques remerciements pour Therapy? et une interaction à distance avec Giacomo de Romano Nervoso (qu'on a vu beaucoup déambuler et danser pendant la soirée). "All this dancing around" et "This it" font augmenter les applaudissements avant deux rappels. Plutôt stylé et puissant.

     > Christophe Van Impe et Philippe Sadre

    Photos de Denoual Coatleven

  • Les Feeërieën 2015 prêtes à vous accueillir

    feeërieënLa tête encore un peu embrumée de la fin du BSF (les dernières chroniques arrivent...), on a zappé le début des Feeërieën, le festival gratuit organisé chaque soir par l'Ancienne Belgique dans le Parc de Bruxelles. Des noms peu connus du grand public pour une belle aventure musicale dans un cadre particulièrement charmant.

    Après une première soirée consacrée à la musique classique contemporaine, les Feeërieën se tourneront vers le folk et les musiques du monde ces deux prochains jours, avant d'accueillir Taxiwars jeudi, le nouveau projet jazz de Tom Barman. Cette douzième édition se terminera vendredi avec la soirée consacrée au label électro-avant-gardiste allemand PAN. >Ph.S.

    Programme complet sur http://www.abconcerts.be/fr/agenda/cycles/feeerieen-2015/85/en-savoir-plus/

  • BSF (J8): une soirée royale avec les Girls et Daho

    C'est le jour de plus grande affluence sur la Place des Palais. Normal, il fait bon et l'affiche est plus grand public que jamais. A commencer par Alice on the Roof. Ne nous dites pas que vous ne l'avez pas encore vue en concert cet été, on ne vous croira pas. A cette heure-là, les artistes jouent d'habitude sur une place aux trois quarts vide. Mais pas elle. Comme aux Francos, comme à Ronquières et comme partout ailleurs, elle fait le plein. Et on avoue qu'on ne comprend qu'à moitié. Du talent, elle en a. Des bons morceaux aussi. Daho1.jpgMais de là à la faire passer pour la London Grammar belge et de la faire sauter les étapes à une vitesse hallucinante, il y a un pas. Le lendemain, elle passait au Pukkelpop. Et une AB et un Cirque Royal sont au programme à l'automne. On espère qu'elle ne se brûlera pas les ailes, car elle manque clairement encore de planches... Car par exemple, jouer deux fois son tube sur le même concert, elle ne pourra pas le faire éternellement.

    Pour Girls in Hawaii, la Place des Palais ce n'était pas une première. Ils s'y étaient déjà produits au tout début de leur carrière, en ouverture de Zita Swoon. Le Roi et la Reine non plus d'ailleurs, vu qu'ils avaient assisté à leur dernier concert à l'AB en compagnie d'Intergalactic Lovers. Sauf que cette fois, nos souverains n'étaient pas là. Personne au balcon du Palais. Pavillon belge baissé, ils Daho2.jpgsont en vacances. Mais c'était tout de même une date particulière pour les Girls, car la dernière à Bruxelles d'une tournée kilométrique qui dure depuis près de deux ans. Maintenant, il est temps de se mettre à l'écriture du prochain album. Et le concert? Bin parfait, comme d'hab' avec eux. Mais ce n'est plus une surprise.

    Place ensuite à LA tête d'affiche du festival. Comme tout star, Etienne Daho a ses caprices. Les photographes sont triés sur le volet (ouf, on a eu l'accès) et les clichés doivent ensuite être soumis à son approbation. Daho, nous l'avions loupé au Cirque Daho3.jpgRoyal. Et on ne peut s'empêcher de penser qu'il serait préférable de le voir en salle. Il n'empêche que, même si la voix n'est pas toujours super bien assurée, c'est une véritable machine à tubes. "Le grand sommeil", "Week-end à Rome", "Duel au soleil", "Tombé pour la France", "Le premier jour (du reste de ta vie)", "Epaule Tatoo", "Bleu comme toi",... tous les tubes y sont passés. Et les nombreux quinquagénaires présents sont tous rentrés chez eux avec un sourire Pepsodent. Mission remplie. Daho a convaincu, et ce BSF ne cesse de gagner en consistance au fil des jours. Ce qui est dommage, c'est que ça touche déjà à sa fin.

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J7): comme des airs de carnaval sur la Place des Palais

    The Ting Tings pour débuter la soirée sur la Place des Palais, c'est plutôt pas mal comme idée. Katie White en mini short et avec une casquette verte vissée sur la tête attire tous les regards. "Great DJ", "That's not my name" et "Shut up and let me go" sont parfaits en fond sonore pendant que nous nous rassasions tant que les stands de nourriture et de boissons sont encore accessibles de manière _C0X8434_1024.jpgraisonnable. C'est cool, ça passe plutôt bien, mais on se souvient malgré tout que tous ces morceaux étaient nichés sur le premier album du duo anglais. Et que depuis lors, et notamment le dernier album enregistré à... Ibiza, bin c'est plus trop ça. Quelques bons morceaux, mais pas mal de soupe donc. Logique sinon, c'est plutôt du côté du Pukkelpop qu'ils auraient été ce vendredi soir.

    La réputation scénique de The Subs n'est par contre plus à démontrer. Tout en couleurs, les Gantois sont parvenus à _C3A0171_1024.jpgcommunier avec le public malgré une scène bien trop haute et trop éloignée de la foule. Le chanteur grimpe aux échafaudages avant de venir prendre un bain de foule. Et "The face of the planet" fait évidemment toujours son petit effet.

    Vient enfin Basement Jaxx. Pour les trentenaires (ou vieux cons, c'est selon) que nous sommes, ça évoque évidemment les nineties. Cette époque où The Prodigy, les Chemical Brothers ou Underworld squattaient les têtes d'affiche des grands festivals d'été. Comment ça c'est encore le cas? Bin du côté de Basement Jaxx, on en a également encore sous la pédale. On a eu droit à un show très coloré avec des_C0X9141_1024.jpg chanteuses blacks changeant de costume toutes les cinq minutes, un guitariste déguisé en corbeau. Et cerise sur le gâteau, lors d'un "Where's your head at?" endiablé, la présence de cinq gorilles sur scène. Bref vendredi, le BSF, c'était un peu le carnaval de Rio mais c'était bien.

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven