Festival - Page 7

  • Pukkelpop (J1): c'était après-midi "Black Power"

    pukkelpopLe Pukkelpop est avant tout un festival de découvertes. Certes, on y retrouve quelques (belles) têtes d’affiche mais on y va surtout en espérant voir avant tout le monde  (enfin, vu que le festival affiche sold out...) les grands de demain. On se souvient ainsi y avoir aperçu pour la première fois Bloc Party, Sigur Ros, The National, Selah Sue, .... Et c’était bien avant qu’ils ne soient « headliner » de grands festivals.

    Il en sera peut-être de même dans quelques années des Anglais de Gengahr. Le quatuor jouait peu après 12h30 ce jeudi sous le Marquee. Pas simple. Surtout devant un public clairsemé. Mais les quatre Londoniens ont brillamment relevé le défi, offrant un set juste excellent, à l’image de leur premier album, A Dream Outside, sorti avant l’été. On adore la voix androgyne de Félix, leur chanteur. Et y a pas à dire, avoir de bonnes chansons, ça aide à livrer un bon concert. 

    pukkelpopQuelques mètres plus loin, on retrouve nos chouchous de Mountain Bike qui jouent sous la tente 100% belge, la ?!Wablief ?! (ouais, cela s'écrit comme ça...).  Heureusement, la chaleur (qui peut y être véritablement accablante) y est à cette heure de la journée encore supportable. Toujours habillés de leurs maillots de basket estampillés NBA (Pat Ewing, Larry Bird, Magic Johnsson et Denis Rodman), nos quatre copains en caleçon ont livré un bon concert, toujours rythmé et sautillant à souhait. 

    Après ce démarrage en fanfare, on l’avoue, on a été un peu déçu de la prestation de Natalie Prass. Sans doute qu’on en attendait trop au vu de son premier album éponyme paru voici quelques mois. Ce fut agréable, on ne dira pas le contraire, mais on s’est un peu ennuyé.  Pas question de bâiller, par contre, lorsque Seasick Steve monte sur scène. Avec sa longue barbe blanche et son look à chasser l’alligator au fond du bayou, cet Américain de 74 ans ne paie pas de mine. Détrompez-vous ! Sa musique country-folk-boogie est à tomber ! La crème de la crème. pukkelpopOn ne s’en est d’ailleurs pas encore complètement remis lorsque Kodaline débarque sous le Marquee. On avait (beaucoup) aimé le premier album gorgé de tubes de ces Irlandais, moins le second sorti voici peu. Et malheureusement, leur prestation de ce jeudi a confirmé cette dernière tendance. Certes, il reste quelques chansons imparables mais l’ensemble sent de plus en plus le formatage. Une sorte de « Coldplay bis » (pas le Coldplay des débuts, celui de ces dernières années…). Histoire sans doute de faire sourire, pleurer et surtout crier les nombreuses jeunes filles présentes sous la tente. Du coup, au bout de quelques morceaux, on prend la tangente pour aller applaudir le rock baigné de soul du très stylé Curtis Harding  dans le Club. Un choix gagnant, même s’il manque un petit quelque chose pour assister à un grand moment. Et ce malgré les reprises de « Ain't No Sunshine » de Bill Withers et du « California Dreamin' » des Mamas & The Papas. 

    Place ensuite à quelques mètres de là à Michaël Kiwanuka. Le jeune Anglais aux origines ougandaises  débarque dans le Limbourg avec de nouvelles chansons. Ces dernières (plutôt pas mal) sont destinées à un nouvel album à paraître très bientôt. Mais cela semble un peu déconcerter un public venu entendre avant tout les hits de son premier disque (Home Again, 2012). Ceux-ci arriveront en fin de set pour un final magnifique sous les yeux de Seasick Steve, venu écouter le rock et la soul de celui qui avait été élu « Best Sound of 2012 » par la BBC. 

    pukkelpopAprès un petit détour pour voir, sur la dance hall, que le jeune prodige hexagonal Hugo Leclercq, alias Madeon, se débrouille plutôt bien derrière ses platines (même si sa renommée n’a visiblement pas traversé la frontière linguistique vu le peu de monde présent), direction le Club pour reprendre et terminer en beauté notre après-midi « Black Power » avec la délicieuse Lianne La Havas. Avec sa voix soul et son pantalon en cuir tout droit sorti de la dernière scène de Grease, il ne faut pas longtemps pour que l’ambiance chauffe, que l’atmosphère devienne moite, même si au final, là aussi, il manquait un petit quelque chose à ce show sans doute trop lisse...

    Direction la Main Stage pour se rendre compte que, petit un, Fred Durst, le chanteur-leader de Limp Bizkit qui était ses 45 ans,  a, apparemment, enfin réussi à perdre les quelques kilos qu’il avait en trop au début des années 2000. Petit deux, que les gamins de 15 ans qui écoutaient le groupe à l’époque sont désormais trentenaires mais sautent et boivent comme dans leur jeunesse. Et, enfin, petit trois, que le groupe phare de la scène nu metal sait encore mettre un boxon pas croyable sur une plaine, avec un son juste monstrueux. Du coup, même s’il a livré un bon concert, Interpol a eu un peu de mal à soutenir la comparaison juste derrière. Et ce, même si les tubes des rockeurs new yorkais (« NARC », « Evil », « C’Mere » ou « Slow Hands ») sont toujours aussi diablement efficaces. 

    >J.C.

     

  • BSF (J5): Le "BZF" au Kunstberg, c'est leuk!

    Trois jours après avoir foulé la scène de la salle de La Madeleine avec Mud Flow, Vincent Liben était de retour en solo ce mardi soir. Son deuxième album ("Animalé") en français a d’ailleurs recueilli de jolies critiques. Les thèmes et le concert en général sont plus lancinants qu'explosifs, mais on se laisse souvent entraîner par un groupe compact. Le final est enthousiasmant, et on se dit qu'il faudrait une réécoute a's’n'aise du CD pour se faire un opinion définitive, plutôt favorable en ce moment. On sort d'une salle joliment remplie mais loin d'être full et on voit la file, bloquée devant l'entrée par une barrière, qui s'allonge pour Daan...

    intergalactic lovers,bsf,roosbeef,vincent libenSur le Monts des Arts, on a en moyenne plus de place que ces derniers jours. On a raté Abel Caine (Voici une belle grande photo quand même pour les fans... :hum:)  mais on parvient à choper les derniers morceaux de Roosbeef. Son nom prête aux jeux de mots, mais le groupe basé autour de la chanteuse Roos Rebergen n’est pas anglais mais bien néerlandais.

    Avec Tom Pintens en ses rangs, comme trait d’union entre les Pays-Bas et Anvers, où le troisième album a été pensé. Les mauvaises langues (et nostalgiques des slows de fin de TD’s à l’ULB) diront qu’il s’agit d’une version en Nederlands de Krezip, mais Roos avec sa robe à pois et ses joues… roses se donne assez pour offrir au « Brussel Zomer Festival » un prélude sympa à Intergalactic Lovers.

    intergalactic lovers,bsf,abel caine,roosbeef,vincent libenLes Alostois font partie des groupes belges ayant le plus tourné ces deux dernières années. De retour de Slovaquie où leur apparition au Grape Festival de Piestany a été annulée par des intempéries, le groupe a de nouveau fait étalage de ses belles mélodies. La setlist confirme notamment le bien qu’on a pensé du nouveau morceau, « F ». Le public s’en sort plus qu’honorablement sur le refrain d’ « Islands » et semble plus spontané sur les anciens « Delay » et « Howl ».

    Entre chaque chanson, Lara charme comme toujours la foule et mène la danse (dans tous les sens du terme) dans les deux langues, quand elle se moque gentiment de la dizaine de ballons de couleurs lancés sur scène pendant le même « Islands » (« Merci à l’équipe technique pour ce show extraordinaire ! ») ou quand elle invite le public à se retourner et à dire bonjour à leur manager resté sous la petite tente merchandising.  

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    Allez, juste pour ne pas sembler trop conquis, on regrettera un volume sonore pas toujours au top et la fin un peu plus tôt que d’habitude (on aimerait par exemple pouvoir apprécier « Drive » plus souvent)… mais c’est juste pour ne pas sembler trop conquis. On a par contre croisé plusieurs spectateurs francophones ravis de la découverte et déçus de ne jamais avoir entendu parler de ce groupe. Ah, la Belgique... >Philippe Sadre 

    Photos de Denoual Coatleven

     

  • BFS (J4): Benjamin Clementine a été foooormidaaaable

    Le Mont des Arts on t'aime bien, et la pluie n'a rien à voir avec ça. Mais, à vrai dire, cette fois on n'avait pas trop envie de te voir. Même si tu auras le mérite de nous apprendre que ce bon vieux Pierpoljak était encore en vie _C3A9430_1024.jpg(et visiblement désormais sans rastas). Car ce lundi, c'est à la Madeleine qu'il fallait être. La soirée y débutait avec Celena-Sophia, deux soeurs qui nous chantent leurs soucis de la vie quotidienne et leurs problèmes de coeur. C'est frais et sur la fin, avec "Dis le moi encore", ça remporte son petit succès.

    On se prépare alors pour Kris Dane. Et on s'étonne de constater que la salle n'est remplie qu'à moitié, au maximum aux 2/3. Les gens n'avaient-ils pas envie de sortir de chez eux? Sont-ils passés à-côté du somptueux album de l'ancien membre de la première mouture de dEUS et de Ghinzu? Sont-ils tous soudainement devenus fans de Pierpoljak? Non, en fait, ils sont tous sur le _C3A9464_1024.jpgtrottoir, sous la pluie. On jette un coup d'oeil à l'extérieur, et c'est... jusqu'à la gare centrale que les fans de Benjamin Clementine attendent en file indienne. Certains s'impatientent, certains s'énervent et la police débarque pour mettre un peu d'ordre dans tout ça. Mais personne ne rentre, en tout cas pas pour le moment. Priorité à ceux qui ont un "pass Madeleine" pour la soirée. On ne comprend pas trop, mais on profite quand même du set de Kris Dane, qui dégouline de classe et qui évoque Leonard Cohen, Bob Dylan et Neil Young. Dehors, certains perdent patience et rentrent chez eux. Alors que nous, à l'intérieur, on est tout confort. Allez comprendre.

    Ce n'est qu'au début du concert de Benjamin Clementine que la sécurité n'a eu d'autre choix que de faire rentrer une partie des fans les plus patients (et mouillés). Leur patience a finalement été récompensée. On a assisté à quelque chose d'intemporel, le genre de _C3A9559_1024.jpgconcert dont on ne sort pas indemne. Assis à son piano, l'ancien chanteur de stations de métro parisiennes, nous a fait chavirer. Il continue et ne se déconcentre pas malgré le brouhaha des gens qui discutent près du bar du fond, il se prend de compassion pour les jeunes filles qui font des malaises au premier rang à cause de la chaleur,... Dans la fond de la salle, sous sa casquette verte, Stromae est attentif. Lui au moins, il a pu rentrer...

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J3): Nicola Testa et Magnus, de vraies têtes de beats

    Petit conseil aux festivaliers. Si vous voulez assister à un concert à la Madeleine, débarquez en début de soirée et ne bougez plus de là. Sinon, vous aurez peu de chances de pouvoir y entrer. On reviendra plus tard sur ce désagrément mais, dimanche pour Nicola Testa, c'était déjà la toute grande file sur le _C0X7852_1024.jpgtrottoir de la rue Duquesnoy. Et ce n'est rien par rapport à ce qui nous attendait le lendemain, mais gardons un peu de suspense! Faut dire que Nicola Testa, qui "n'est pas une rock star mais une licorne", a pas mal fait parler de lui ces derniers mois. Entre son concert archi-bondé à la Rotonde et une présence dans la plupart des festivals de Bruxelles et de Wallonie, on n'a vu que lui. Mais il le mérite amplement car son premier album, "No More Rainbows" est une grande réussite. Comme au Bota, il a livré un show haut en couleurs et survitaminé. Il nous a même donner envie de danser, c'est dire! On a beau adorer Soldout (photo), la vraie star de la soirée à la Madeleine, c'était lui. Et on se souvient avec un peu de nostalgie de l'avoir vu, devant une poignée de proches à lui, dans la cave du Brass. C'était pourtant il n'y a pas si longtemps, mais c'était avant l'album...

    Mais le Mont des Arts, cette fois, a également envoyé du lourd. Avec tout ça, merci Nico, on a raté Gonzo. Mais ces amoureux du Muppet, de l'humour potache et du punk qui tache ne nous en voudront pas, car nous avions déjà parlé d'eux aux Francofolies et à Ronquières. Nous sommes arrivés sur place (le temps de faire le tour du Mont des Arts) pour les derniers _C3A9037_1024.jpgmorceaux de Sharko. David Bartholomé, qui entamait à ce moment "Sweet Protection", avait l'air en forme. Même sans son batteur habituel (convalescent depuis les Francos, suite à une fracture du bras, mais présent aux percussions quand même), il a profité de cette tribune pour proposer quelques nouveaux morceaux. Avec talent et humour (intelligent), comme toujours. Un sale couac pourtant: les écrans un poil détraqués de part et d'autres de la scène passaient des publicités aveuglantes.

    Il a ensuite laissé sa place à Tom Barman et son projet electro Magnus. Sur album, c'est sympa, mais ça n'arrive quand même pas à la cheville de dEUS. On y allait donc sans grand espoir de spasmes, de frissons et de sueurs froides. Au pire, quelques bières allaient nous donner l'impression d'assister à un concert de dEUS. Bin, on s'est gouré. Car en live, c'est décidément de la bombe. Surtout que le groupe est désormais renforcé par Tim Vanhamel, jadis tête pensante de l'extraordinaire Millionaire, et qu'on a également retrouvé à la guitare _C3A9234_1024.jpgdans dEUS, Eagles of Death Metal et dans The Hicky Underworld. Bref, le garçon a du talent, de belles bouclettes et de la bouteille. Encore un peu d'efforts, et il aura la même place que Mauro Pawlowski dans notre coeur de guimauve. Tom Barman, qui n'avait encore jamais mis les pieds au BSF, gesticule comme s'il était habité. Et, même sans les invités de l'album, il parvient à faire bouger le Mont des Arts. Et ça, c'est déjà un exploit. Ce garçon a décidément bien des talents cachés...

    > Christophe Van Impe (avec Ph.S.)

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J2): Elvis Black Stars, premier frisson rock n' roll du festival

    Ouvrir la soirée du BSF au Mont des Arts, où beaucoup viennent se balader, boire un verre et taper la discut' sans vraiment se soucier des concerts (l'effet pernicieux du pass pour 10 jours), ce n'est déjà pas un cadeau. Mais alors le faire quand c'est le déluge, ça relève carrément de l'épreuve de force, voire de la torture. Samedi, la poisse elle était pour Elvis Black Stars. On y va? On n'y va pas? La tentation était grande d'aller s'enfermer toute la soirée à la salle de la Madeleine, bien à l'abri, mais au final on_C0X7171_1024.jpg ne regrette pas notre choix. Surtout qu'on avait déjà raté Elvis Black Stars aux dernières Nuits du Bota, pour on ne sait plus quelle raison, alors qu'ils assuraient la tête d'affiche d'une soirée bien rock avec Romano Nervoso, The K et Briqueville. Et que leur dernier EP, franchement il claque bien. Même dans des conditions scabreuses et devant une poignée de courageux sous ponchos, ils ont assuré comme si de rien n'était. Musicalement, ils n'ont évidemment rien inventé, mais les sonorités nous rappellent les plus belles heures de la Britpop. On pense à Kasabian, aux Arctic Monkeys et même à Oasis dans la manière de chanter. Mais surtout avec une énergie omniprésente. On tient la première touche rock n' roll du BSF, enfin!

    Il a évidemment suffi qu'on arrive à la Madeleine pour que la pluie cesse de tomber, ça il fallait s'y attendre. Mais ça en valait la peine, pour assister à l'énième retour de Mud Flow. C'était ça ou Moriarty (photo), il fallait choisir. Mud Flow, c'est un peu comme Sharko, on a l'impression que ce groupe ne cesse de disparaître pour mieux réapparaître. Sur scène du moins, car la dernière production discographique remonte déjà à 2007. Il _C0X7253_1024.jpgn'empêche que ça fait un bien fou de réentendre ces morceaux piochés dans ce "A Life on Standby" qui avait bercé nos oreilles en 2004. Surtout quand le groupe décide de débuter son concert par le superbe "Chemicals". Vincent Liben ne chômera pas pendant ce festival, puisqu'il sera de retour dès ce mardi avec son projet solo, toujours à la Madeleine (20h30).

    Pendant ce temps, le climat s'est définitivement calmé pour le concert en tête d'affiche de Cats on Trees au Mont des Arts. Alors que dire des Français, qui gonfleront par ailleurs encore leur popularité en prenant prochainement place dans les fauteuils de The Voice? Pas grand-chose en fait. C'est sympa, c'est gentil et c'est plein de belles lumières. Mais, même avec des cordes en _C3A8884_1024.jpgplus par rapport aux débuts, ça tombe vite à plat. Il n'y a que sur "Sirens Call" et "Jimmy" que le public se réveille. Yohan Hennequin à beau faire le guignol pour remplir les blancs entre les morceaux, ça ne prend pas. Plouf. Finalement, ça aurait peut-être été plus rigolo avec la pluie.

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J1): Great Mountain Fire est bien le groupe belge de 2015

    Attention, il ne faut plus dire "Brussels Summer Festival", mais simplement BSF. Et c'est parti pour dix jours! Vendredi, les organisateurs ont eu de la chance avec le temps car l'orage s'est arrêté quelques heures seulement avant le début des festivités. Et ce sont les Gantois de Douglas Firs, qui ont eu _C0X6401_1024.jpgl'honneur d'ouvrir le bal au Mont des Arts. Devant une assistance encore clairsemée vu l'heure, ceux-ci ont séduit grâce à leur son très "americana" Même si on avait un peu de peine pour Gertjan Van Hellemont, le chanteur, quand il tentait en vain, et en français, d'inciter le public à reprendre le refrain de ses mélodies. Les morceaux sont pourtant bien foutus, rappelant par moments Lou Reed, Arctic Monkeys ou Balthazar. Pas étonnant, vu que Simon Casier (Balthazar) fait partie du groupe, au même titre que Christophe Claeys (Amatorski et Magnus).

    Nous avons ensuite fait un saut jusqu'à la salle de la Madeleine pour le début du set de Bony King, accompagné d'un certain... Gertjan Van Hellemont, qui venait de piquer un sprint depuis le Mont des Arts. La Madeleine, un endroit dont nous vous reparlerons souvent durent ce festival puisqu'il remplace désormais pour de bon le Magic Mirrors, avec une capacité d'accueil supérieure, ce qui évitera certains désagréments connus les années précédentes. Et que c'est là qu'il y aura tous les soirs les afters.

    Nous n'y sommes cependant cette fois pas restés très longtemps, car il était évidemment hors de question de rater Great Mountain Fire qui, avec "Sundogs", a sans doute sorti le meilleur album belge de 2015 (en concurrence avec le superbe "Mont Royal" de Roscoe). Même si on les a vus un peu partout cet été, et encore récemment à Ronquières, GMF a encore une fois été à _C0X6517_1024.jpgla hauteur. Leur set est de mieux en mieux en place, et les mélodies des nouveaux morceaux nous deviennent déjà familières. Ceux-ci sont d'ailleurs tellement bons qu'ils nous feraient presque oublier que "Cinderella", joué en début de concert, était un tube il y a quelques années. La température n'a cessé de grimper durant le set jusqu'au final, agrémenté de la présence de l'ancien batteur de School is Cool aux percussions et des potes de Robbing Millions. Le premier coup de chaud du festival!

    Le Mont des Arts était ensuite noir de monde pour l'arrivée de Charlie Winston. Avec lui non plus, on n'est plus vraiment dans la surprise puisqu'il a écumé les festivals ces dernières semaines. Pour ne pas _C3A8322_1024.jpgl'avoir encore vu, il fallait franchement le faire! Heureusement, pour l'avant-dernier passage de la tournée en Belgique, il a eu le bon goût de ne pas proposer la même setlist qu'il y a deux semaines à Ronquières. Dans le Hainaut déjà, il était parvenu à mettre tout le monde dans sa poche grâce à un show généreux et bien ficelé. Sous son éternel chapeau, le Britannique a enchaîné ses tubes, et il n'en manque pas. C'est "Lately", son dernier single, qui a allumé la mèche d!s le deuxième morceau. Place ensuite à "In Your Hands", "Like a Hobo", "Hello Alone", "Truth",... Déchaîné, il _C3A7995_1024.jpgdescend de scène pour traverser la foule et aller escalader la statue de la Reine Elisabeth située au milieu de la place. Et pour le rappel, il est évidemment rejoint sur scène par Baptiste (Saule) pour "Dusty Men". On s'y attendait, mais ça reste bon. Baptiste qu'on retrouvera d'ailleurs dans quelques jours sur cette même scène avec son projet délirant à tendance punk Gonzo. Ce samedi, c'était au tour d'Elvis Black Stars, Mudflow et Cats on Trees. On reprend notre souffle et on vous raconte ça!

    _C0X7076_1024.jpg

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • Ronquières (J1): du tout grand dEUS pour un record de fréquentation

    Festival familial par excellence, Ronquières joue sur une programmation pouvant facilement « plaire à tout le monde ». Entre jeunes artistes belges, musique plus alternative et valeurs sûres commerciales, le site sympa a réussi à se faire une place dans un calendrier chargé.ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitte

    Sur la grande scène (Tribord), Gonzo-le-groupe rejoint la figurine en carton de Gonzo-du-Muppets-Show . Une chanson d’ouverture digne d’un croisement « The Weezer 41 Gang », on a compris : le groupe n’est pas là pour se prendre la tête. Un passage par la case reggae, country, une reprise « normale » (« Lump » des Presidents of the USA) et un peu moins (« Killing in the name » de Rage Against the Machine en version Elvis Presley), voilà de quoi entamer la journée de bonne humeur. Les spectatrices montées sur scène pendant "Girls" se sont apparemment bien amusées aussi. Baptiste ne quitte pas le site puisque, en début de soirée, on le retrouvera évidemment sur scène avec son pote Charlie Winston.

    Première transhumance vers la scène Bâbord pour Dario Mars and The Guillotines, qu’on a beaucoup aimé voir à l’œuvre ces derniers mois, notamment au Propulse et à l'Atelier 210 avec Romani Nervoso. « Vous allez encore jouer devant… personne ! » lançait leur manager à la chanteuse ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitteBineta Saware en référence certainement à leur récent passage à Dour. Elle proteste gentiment avant de se préparer à sortir les griffes sur fond de riffs serrés. Dans le public, des gens déguisés en ours polaire, en crocodile ou en cerf. Plus de lion puisqu’il est mort il y a quelques jours, mais bien une tigresse sur scène, l’endroit où Dario Mars et ses Guillotines donnent toujours le meilleur d’eux-mêmes. La suite sur disque s'annonce plus que prometteuse...

    Changement de style avec L'Entourage, le premier groupe hip-hop de la journée. Collectif à géométrie variable qui a eu un gros succès et qui aurait sans doute eu une place encore plus haut dans l'affiche s'il avait davantage spéculé sur le nom de son leader. A savoir Nekfeu, la tête pensante de 1995, qui vient de sortir un album solo qui cartonne en France et dont les Inrocks sont tombés amoureux. Le maillot du Paris Saint-Germain est là pour bien rappeler d'où ils viennent. Ils sont plus d'une dizaine sur scène et foutent un beau bordel. Avant de terminer dans la foule pour "On verra" (plus de 21 millions de vues sur Youtube quand même, pour un album sorti en juin!), le tube de Nekfeu. Le concert est fini, une horde de gamines espère se faufiler backstage pour avoir une photo. Non, non, on ne passe pas...ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitte

    Pour Alice On The Roof, c’était blindé de chez blindé, comme lors de son récent passage aux Francos. Une révélation belge. Elle a l’air bien fragile et isolée, avec ses deux musiciens aux extrémités d'une grande scène. Quelques chansons electro-pop, une version de « Princes » d’Oscar & The Wolf dont elle n’a gardé que le côté lymphatique et « le » fameux single « Easy Come Easy Go »  (repris une deuxième fois en fin de set) n’ont pas laissé un souvenir impérissable, même si la musique est plutôt sympathique. Un buzzeke pour le moment.

    Le Néerlandais Dotan aussi a deux-trois singles qui ont beaucoup tourné sur les radios. Ronquières n’avait pas trop l’air de connaître à fond le ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigittepremier (le délicat « Hungry »), mais s’est bien lâché sur « Home ». Un chouette moment de la part d’un artiste qui a bien compris ce que ce tube lui a apporté et qui respecte sa chanson ainsi que les personnes venues en grande partie pour écouter celle-ci. Au milieu, un concert sympa mais parfois un peu monocorde.

    Deuxième teinte hip-hop pour la journée avec La Smala, qui a également recueilli un beau succès sur la petite (mais qui semblait ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigittequand même plus grande que l’année passée) scène. Pas grand chose de nouveau sur la planète rap (« Fumez pas des joints comme nous, » etc.) mais le public s’est bien amusé.

    Notamment entendu dans le public pendant Balthazar: « Nooon, c’est pas des Anglais, écoute quand ils parlent en français… ». Bref, malgré de nombreuses bonnes critiques en français dans le texte, il y a encore du chemin. « Decency » et « Then What » du dernier album ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigittedébutaient un set où les chansons prennent le temps de s’imprégner pour finalement résonner dans nos têtes. Tout comme l’image de la charmante violoniste Patricia Vanneste, toute vêtue de blanc tel un ange descendu sur terre apporter des titres soignés comme « Bunker », « Do Not Claim Them Anymore » ou « Blood Like Wine ». Une excellente prestation des Courtraisiens qu’on pourrait, si on y tient vraiment, cataloguer entre Lou Reed et les Arctic Monkeys.

    Un peu plus haut sur l’affiche donc, BRNS, qu’on retrouve toujours avec plaisir depuis quelques années déjà. On ne s’en rend peut-être pas toujours bien compte, mais le groupe a grandi depuis sespremiers pas. Et pour leur dernier concert belge de l’année avant une série de dates à l’étranger (dont uneronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitte tournée française avec Archive) et une période consacrée à l'écriture, les quatres cerveaux ont démarré à fond et gardé le cap pendant soixante minutes. Devant 2/5 de Balthazar, Tim s’amuse derrière son micro et sa batterie et lance « Mexico » qui initie une farandole, loin du Grand Jojo mais marrante quand même. 

    C’est là d'ailleurs qu’on a remarqué que le « chauffeur de scène » a disparu de la circulation, pour notre plus grand plaisir…

    Charlie Winston lui aussi démarre au quart de tour : « Lately » et « Truth » ouvrent le bal. Le public est dans la poche, le petit Moonwalk sur un fond funky ne fait qu’augmenter la température. L’arrivée de Saule sur scène pour « Dusty Man » conclut un vrai show.

    ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitteRobes noires à paillettes et crantées juste où il faut, Brigitte est dans la place. Les deux Françaises se la jouent lascives, ingénues, souvent sexy, jamais vulgaire. Mais pas super capitvant non plus. Autour de nous, un « On bavait plus à Spa » nous fait sourire. C’est clair, faut adhérer aux chorégraphies, aux ondulations, aux paroles naïves… Ou s’habituer peut-être : le « Accroche-moi » avec le public participatif en fin de concert nous a déjà paru plus enthousiamant que le reste. Une petite respiration en apnée avec ces deux sirènes qui ne nous ont pourtant pas coupé le souffle.

    Vingt-trois heures trente tapantes, dEUS pénètre sur la scène. « Via » et "The Architect" pour commencer. Quand le groupe assure comme ça, il est impossible de résister à « Instant Street », même si c’est la 89e fois qu’on le voit en live. « Quatre mains » confirme sa bonne tenue en live, puis paf ! une panne de courant (malgré Plug RTL et Radio Contact comme partenaires…) de dix minutes au milieu, qui a encouragé certains à rentrer plus tôt. Mal leur en a pris, le groupe revenant encore plus ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigittedécidé à faire plaisir au public avec un décidemment superbe « Bad Timing » ou le duo mythique « Suds and Soda » et « Roses » à la fin. Avec le cerf de début de journée toujours bien présent au premier rang.

    Fin du Day 1, finalement sold out comme le lendemain, soit un total de 32.000 spectateurs sur deux jours : record battu lors de cette quatrième édition! Celui des files d’attentes à l’entrée également apparemment… Tout le monde était prévenu avant un dimanche où on souhaitait bien du plaisir aux festivaliers… 

    > Philippe Sadre et Christophe Van Impe

    > Photos de Lara Herbinia

  • Pour un demi Dour avec toi (suite)

    Deux derniers jours, voici ce qui nous a marqué. Ou moins.

    Samedi

    MARS-RED-SKY.jpg

    La journée commence pour nous au Labo. Nouvelle scène, remplie d’excellentes choses. Notamment Mars Red Sky. Des Français chargés d’un lourd bagage rock stoner. Une vraie claque, un groupe unique dans cette programmation Dour 2015. Comment décrire… L’ingrédient de base, c’est le contraire d’une envolée. Une nappe rock et lourde, hypnotisante et mélodique. S’ajoutent des riffs puissamment efficaces et un chant diffusé avec parcimonie. Juste trop fort. Meilleur moment rock du festival pour ma part.

     

     

    Direct après, c’est Carl Barât and the Jackals, sur la scène d’en face. L’autre moitié des Libertines nous présente le fruit de son boulot avec son nouveau groupe, l’album Let It Reign, sorti cette année. Un disque simple et efficace. En live, c’est mieux. Belle pêche, belle énergie. Rien de compliqué ou de nouveau, mais bon moment.

    The Drums, sous le chapiteau de La Petite Maison Dans la Prairie. Pas de surprise par rapport aux albums. C’est léger, mais bien léché, bon.

    Dimanche

     

    Dernier jour, c’est dur.                                                                                      

     

    Circa Waves. Another pub rock band ? Ouais, c’est ça. Cool, léger, bien foutu.

    asiwi.jpgAnd So I Watch You From Afar. Ces mecs sont dingues. Que des virtuoses, venus pour une seule et unique chose: vous en foutre plein la vue. Et par la même occasion, vous perdre dans les méandres de leur hard progressif. Probablement parmi les meilleurs musiciens présents sur la plaine de la Machine à Feu ces derniers jours. Ça monte, ça descend, progressions harmonieuses et solos vertigineux. On les adore, ils nous le rendent bien. Terrible.

     

     

    The Strypes

    « Mais bordel, quels âges ont ces mecs ? » Entre 19 et 20 ans. Bim. Ultra pros, hyper rodés. Un album, que des tubes super efficaces. Sur scène, rien à redire. Quand Ross Farrely sort son harmonica et se lance dans un solo digne de Jagger, c’est plus la claque, mais le coup de poing dans la gueule. Ces mecs iront loin.

     

    Nils Frahm

     

    Pianiste virtuose et son électro classique. 

    nils.jpg

    Il vole d’un clavier à l’autre , tape sur les cordes de son piano  à queue, bidouille des sons en live. Envoûtant, génial. Après une heure de show, le réveil est vraiment dur.

    Snoop Dog

    Voir la tronche du clébard le plus marrant et connu d’USA, toujours sympa. L’entendre causer et rapper à faible volume et en quantité limitée, cool aussi. Voilà, c’est tout ce qu’il y avait à dire sur le sujet.

     

                    

    Jonathan Dellicour

  • "Salut, c'est cool", les chouchous des Inrocks, au Ward'in Rock

    unnamed.2.pngLe Ward'in Rock vient d'annoncer les trois derniers noms de son affiche 2015.

    Au menu, on retrouve le projet électro Salut, c'est cool, un des chouchous de ces dernières semaines de l'hebdomadaire français Les Inrockuptibles, mais aussi le collectif rap La Smala qui vient de passer aux Ardentes et à Dour. 

    Enfin, on retrouvera aussi les régionaux de Dabacoustic. 

    >J.C.

  • Pour un demi Dour avec toi

    Petit tour dans la jungle dourienne, avec les quelques shows que nous avons pu voir ces deux premiers jours. Impressions et descriptions. 


    Jeudi

    Rival Sons

    RIVAL-SONS_3382_-_copy.jpgIdéal pour débuter ce Dour. Rival Sons, des Californiens aux belles gueules et talent. Un rock puissant et énergique, dans un pur style Classic Rock. Loin du pastiche, ils ont leur style à eux, leur son à eux. Les comparer avec Led Zep  n’aurait vraiment aucun sens, même si c’est tentant. Leur dernier bijou, Great Western Walkyrie, de 2014, est déjà un album mythique. Mais surtout, il est excellent. Alors, sur scène, c’est gagné d’avance. Scott Holliday, à la gratte, tranche l’air de ses riffs à coups de bottleneck. C’est du ricain, du précis, du mélodieux. Jay, au chant, a un organe plutôt pas dégueu. Le genre de rock qui te donne envie d’enfourcher ton destrier et d’aller dégommer du Dalton.

    C’était bien, et ce n’était pas une surprise.

    A Place to Bury Stranger

    Le groupe le plus bruyant de New York, vous avez dit ? Pas improbable. Ca jouait fort, oui. Brouillon et puissant. Pas toujours précis et clair. Pour l’ambiance fin du monde, c’est réussi. Par contre, on a un peu du mal à comprendre où le groupe veut en venir. Intriguant, pour ceux qui n’auront pas trouvé ça intéressant.

    Omar SouleymanOmar.jpg

    Dour Bollywood, version techno. Le Syrien, couvert de la tête au pied, djellaba et lunette de soleil, a un look de prince pétrolier du Golfe. Sa musique est débridée, alliant gros beat techno et sonorités arabes, orientales et le reste. Quand il ne chante pas, il tape dans ses mains comme un papa le ferait à l’intention de son petit de 4 ans. C’est marrant, attachant. Super moment.

     

    Young Fathers

    En parlant de papas. Ceux-ci sont trois : le petit black aux dreads folles, le moyen nord-africain chemise boutonnée jusqu’au bout, et le dernier africain, tout grand. Des sonorités allant de la pop au hip-hop. Sur scène, c’est plutôt minimaliste : une batterie et un DJ. Calme, intimiste, puis aérien. Cool.

    Mark Ronson

    Tête d’affiche du jour. Alors, bien, et non. L’album de Ronson est dingue, je m’attendais donc à passer un bon moment live. Avec lui à la gratte, par exemple, même s’il n’était évidemment pas possible de ramener la brochette de star qui figure sur son disque. Malheureusement, difficile de percevoir tout ce talent à travers ses platines de DJ.  La précision « DJ Set » du programme  m’était passée inaperçue. Un ou deux de ses tubes y passent tout de même. Les gens deviennent fous sur Uptown Funk, normal. Mais sinon, c’était un peu pauvre. On a échappé de peu au 7 Nation Army ou à Smells Like Teen Spirit sur la fin. Vraiment, on était à deux doigts. Pas à la hauteur du personnage.

     

     

    Vendredi

    Your Old Droog

    drenge.jpg

    Smooth, sympa, bon flow, bon hip-hop. Pas beaucoup de monde en ce début d’après-midi, donc forcément un peu mou. Mais ce mec est impressionnant, beau charisme.

    Drenge

    Des kets de Sheffield. Moyenne d’âge 25 ans ou moins. Mais quelle pêche. Un grunge novateur mais inspiré, fort mais subtil quand il faut. Quand ces mecs-là auront un album de plus et davantage de bouteille, ça risque de faire du bruit.

    deer.jpg

     

     

    Deerhoof

    Un rock métissé et, disons-le, un peu débile. Débile parce que complètement déstructuré. Mais aussi déstructuré qu’un esprit créatif peut l’être, c’est le talent qu’on sent derrière. Et surtout, une maîtrise absolue de chaque instrument. Une petite asiatique à la voix fluette au chant, un beau gosse et un sosie de Slash aux grattes, un batteur aventurier. Belle brochette que voilà, pour l’Alice in Wonderland du festival. Timbré, mais génial.




    Tony Allen Review, feat Damon Albarn & Oxmo Puccino

    Un batteur de légende, qui a tout de même 74 ans. Le Nigérien tient la forme, et sait se faire entourer. De la genèse de cette étrange collaboration, il n’est pas nécessaire d’en savoir plus pour prendre son pied au live. La batterie en avant, certes, en finesse et virtuosité. Celui qui crève les baffles et les écrans, c’est évidemment Damon Albarn, qui assure une bonne moitié du show. Il ne chante rien que le public Lambda connaisse ou presque, mais quel plaisir de (re)voir ce mec sur scène. Il cède sa place à Oxmo Puccino. Le rappeur malien sait y faire aussi, avec son rap/slam à la française. Tony Allen Review, une vraie bouffée d’oxygène et de bonnes vibes dans la jungle de Dour.


    The Wombats

    Pêchu, mélodieux, du rock de jeune surfeur. Chaque chanson est un tube en soi, que les rongeurs anglais jouent à la perfection. Rien à redire.

    Danny Brown

    Le rappeur à la voix de Cartman est vraiment balèze. Son flow n’en finit pas, ça te donne une envie dingue de bouger et de rapper dans le vide. Faudra pas lui demander de se lancer dans du chant lyrique, mais ça on s’en fout.

    Jonathan Dellicour