Interview - Page 9

  • Le retour bien classe de School is Cool

    School is Cool is back! Deux ans après la découverte "Entropology", les Anversois nous proposent un "Nature Fear" avec un line-up remanié et de nouvelles bifurcations musicales, mélange de mélodies inquiétantes ("Black Dog Panting", premier extrait diffusé sur le net), entraînantes ("The Soothing Sound of Breaking Bones"), "japanisantes" (le tout frais single "Envelop Me") ou solidement 80's ("Tryst"). Un ensemble qui se traduit toujours par une énergie quasi tribale sur scène, de bon augure avant leur passage aux Nuits Botanique.

    Nous avons rencontré la moitié de la classe lors d'une séance promotionnelle dans les locaux de Studio Brussel, qui les avait directement adoptés après leur victoire au Humo's Rock Rally en 2010. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis... Ce captivant "Black Dog Panting" devait-il donc annoncer clairement un changement de cap?


    unnamed12.jpg "Beaucoup de gens ont pensé qu'il s'agissait d'un "statement", mais ce n'est pas le cas", nuance Hanne Torfs, claviériste arrivée en cours d'aventure. "Il s'agit plus d'une évolution naturelle. On peut comparer cela à un enfant qu'on n'a plus revu depuis un certain temps et à qui on dirait "Waw, tu as grandi!""

    "C'est notre morceau préféré, et nous avons voulu lui donner l'attention qu'il méritait", explique le batteur Matthias Dillen. "Le site internet, la vidéo, le remix: tout ceci était une belle planche de lancement pour "Wide-Eyed & Wild-Eyed", le premier single." 

    Sans renier son passé souvent estampillé "rock baroque arcade firesque", School is Cool a pris un virage plus électronique. Plus sombre également, mais avec une place toujours aussi importante pour l'esthétique, sur scène et dans les clips.

    "Nous étions assez nerveux avant nos premiers concerts cette année, mais les réactions à nos vieux... eeeuh nouveaux morceaux ont été positives", dit en souriant le chanteur Johannes Genard. "La setlist doit recréer l'ambiance de cet album avant de jouer des anciens titres. Sans oublier nos vêtements de scène, qui donnent une atmosphère spéciale selon la salle. Nous avons tout entendu à leur propos: Mad Max, hommes des cavernes, urbain,... mais rien qui les définit parfaitement! Nous en sommes très contents, tout comme de nos vidéos: nous apportons les idées, nous en discutons avec le réalisateur, et c'est parti. Le clip se doit d'être un prolongement de la chanson."

    Une production plus intuitive

    Après avoir fait appel à Reinhard Vanbergen (Das Pop, The Happy) pour "Entropology", les Anversois ont décidé de passer derrière le gouvernail pour passer le cap du fameux "deuxième album". A l'instar de plusieurs de leurs artistes préférés. "Kate Bush a également produit seule "Hounds of Love", mon album fétiche, dans un studio aménagé chez elle", poursuit le frontman. "On y avait toujours pensé, puis un jour on nous a fait remarquer qu'on en parlait de manière vraiment enthousiaste, ce qui nous a décidé. Cette liberté nous a permis de travailler plus intuitivement. Par contre, je me suis un peu braqué pendant l'écriture des chansons, qui ne s'est pas déroulée aussi facilement... Comme on dit: "On a toute une vie pour écrire un premier album mais seulement deux ou trois ans pour le deuxième!""

    Réactions virulentes sur le net

    Et puis, il y a eu pas mal de changements de "personnel". Fin 2012, la multi-instrumentaliste Nele Paelinck décidait de rejoindre son conjoint en Argentine. Et en mars dernier, une quinzaine de jours avant la sortie de "Nature Fear", l'imposant Andrew Van Ostade laissait tomber ses tambours pour "raisons personnelles". Ce dernier remaniement a provoqué une vague de réactions négatives, notamment sur la page Facebook du groupe, en stigmatisant une sorte de "Johannes Genard vs le reste du groupe". Mais ni le chanteur ni ses camarades n'ont voulu jeter de l'huile sur le feu.

    "Vous savez, sur internet, on dit un truc et le lendemain on peut dire son contraire", tempère quelque peu Matthias. "Mais nous avons effectivement été surpris de lire des phrases si virulentes."

    "De mon côté, l'adaptation s'est super bien déroulée", fait remarquer Hanne. "Le fait que Justine (ndla: Bourgeus, claviériste/violoniste) soit arrivée au même moment m'a aidée, mais nous n'étions pas juste des "remplaçantes" pour Nele. Nous faisions partie d'un nouveau concept. Nos rôles ont été bien répartis et je constate avec plaisir que personne ne cherche à faire des comparaisons entre les membres de l'"ancien" et du "nouveau" School is Cool."

    Solidarité entre groupes belges

    Un "ancien School is Cool" qui était déjà présent en 2012 à l'Ancienne Belgique dans le cadre d'"AB/Bota", preuve que le combo apprécie se retrouver dans une ambiance noire-jaune-rouge. De quoi reparler du fameux "mur du son" qui s'est formé de part et d'autre de la frontière linguistique.

    "Je ne connais pas un musicien flamand qui ne souhaite pas être reconnu et pouvoir se produire en Wallonie... ni l'inverse d'ailleurs!" s'exclame Johannes. "Nous avons déjà fait des dates, et nous sommes même montés sur scène avec des artistes que nous apprécions beaucoup comme Great Mountain Fire ou BRNS." 

    "Il y a une sorte de solidarité entre les groupes, qui ne parviennent pas à comprendre le ridicule de la situation. Il est quasi plus facile pour nous d'aller jouer en France et pour les francophones d'aller aux Pays-Bas que de jouer dans notre propre pays" ajoute Hanne. "C'est peut-être dû au paysage radiophonique ou quelque chose, je ne sais pas... Mais c'est totalement illogique", conclut Johannes.

    > School is Cool sera le 21 mai prochain une des têtes d'affiche de la "Nuit Belge" au Botanique, en compagnie entre autres des Vismets, Coely, Amatorski, My Little Cheap Dictaphone ou Madensuyu.


    > Philippe Sadre

  • Triggerfinger: "Jouer avant les Rolling Stones ? Un rêve !"

    Triggerfinger-Press-Photo.jpgBy Absence of the Sun, le sixième album des Belges de Triggerfinger est sorti en début de semaine. Rencontre avec les meilleurs rockeurs de Belgique. 

    Votre nouvel album est sorti le 19 avril. Où avez-vous puisé l’inspiration? Vous écoutiez quoi en studio ?

    Mario (batterie) : L’inspiration nous vient d’horizons très différents. Et pas uniquement des musiques que l’on écoute. Tout dépend de ce que tu fais, d’où tu es, de ce que tu vois. Ruben écrit la majeure partie des chansons, il nous propose des choses et on travaille à partir de là. Parfois on reçoit un coup de fil à huit heures du matin. C’est Ruben: «Hey, écoute-moi cette ligne de guitare, qu’est-ce que tu en dis...» Et tout part comme ça ! 

    Ruben (chant et guitare) : La créativité, ce n’est pas quelque chose sur laquelle tu peux poser le doigt. Le groove, tu le trouves inconsciemment. Nous avons travaillé sur un film belge, parallèlement à l’écriture du disque, dont on nous a demandé d’écrire la musique («Offline», de Peter Monsaert, NDLR). On devait par exemple créer un morceau de 5 secondes dans le style « Black Sabbath», un peu flippant! Bon, c’était très inspirant ! Mais 5 secondes, cela nous a laissé un goût de trop peu, alors on a creusé le truc et ça a donné «Masters of all fears» sur le nouvel album. 

    On peut traduire le titre de l’album par «en l’absence du soleil». Un album sombre, donc?

    Ruben : Non, pas du tout. C’est juste un titre qui sonnait bien, assez évocateur. C’est tout! 

    Comment sonnent les nouveaux morceaux en live ?

    Paul : On les teste depuis quelques mois, dans des versions un peu différentes de l’album. C’est assez énorme et le public a l’air d’aimer. 

    Vous avez fait de nombreuses reprises de morceaux populaires, comme «I Follow Rivers», de Lykki Li. Est-ce que c’est juste pour le fun ou cela dope la créativité?

    Paul (basse) : C’est toujours pour le fun! Quand on fait cela, ce n’est jamais pour nous moquer de la chanson. Même lorsqu’on reprend Rihanna. Une bonne chanson reste une bonne chanson. 

    Le carton de «I Follow Rivers», vous l’aviez vu venir?

    Ruben: Cette reprise nous a été demandée par une radio hollandaise. On devait choisir un hit du top 30 et l’interpréter à notre façon. On a choisi ça en vitesse, on a répété 10 minutes avant, c’est tout. Comme ça. Triggerfinger - By Absence Of The Sun (2LP+CD).jpg

    Paul: Ce soir-là, on jouait aux Pays-Bas. Notre manager vient nous trouver: «Les gars, il s’est passé un truc avec ce morceau»... On ne s’y attendait pas. (La vidéo comptabilise plus de 5 millions de vue sur YouTube, NDLR) 

    Que ce soit votre morceau le plus célèbre, très loin de ce que vous faites finalement, cela vous agace?

    Ruben: Pas du tout. Cela permet à un large public d’entrer dans notre univers. Quand on joue nos morceaux, beaucoup ne s’attendent pas à cela mais ils accrochent! 

    Vous ferez bientôt la 1ere partie des Rolling Stones à Werchter. Excités ?

    Paul : On est comme des gosses ! 

    Mario: C’est un rêve! Mais on ne saura pas les rencontrer. Ils sont littéralement intouchables !

    Ruben : Bah, c’est peut-être mieux comme ça... (sourire)

     

    Par Romain Goffinet

  • BRNS balance un premier extrait de son album

    BRNS-500x400.jpgAprès un EP qui a fait sensation en Belgique comme en France (voire un peu partout en Europe), les Bruxellois de BRNS publieront leur premier album, Patine, le 25 août. 

    En attendant, ils ont balancé un premier single, "Void". Ce dernier est déjà dispo sur iTunes et sortira en version vinyle le 19 avril lors du Record Store Day.

    BRNS sera aussi en concert le 16 mai au Botanique (mais c'est déjà complet) et le 28 avril à la Rockhal à Esch-sur-Alzette. 


  • Mokoomba (le 26 mars au Bota): "La Belgique, c'est notre deuxième maison"

    Révélation du dernier "Couleur Café", Mokoomba se posera au Botanique le 26 mars (avec Nina Miskina en première partie), en collaboration avec Zig Zag world, Igloomondo et Couleur Café. Stars nationales au Zimbabwe, ils sont six et viennent de sortir "Rising Tide", un album produit par Manou Gallo et qui fait l'unanimité. Nous les avons rencontrés juste avant le début de leur tournée au Danemark et en Australie.

    On ne vous connaît pas encore très bien en Europe. Que signifie le nom "Mokoomba"?

    Abundance Mutori: "C'est un concept. Cela présente le fleuve Zambèze comme étant la source vibrante de la vie pour le peuple Tonga. On vient de là, et c'est ce fleuve qui nous amène l'eau, la nourriture, le plaisir,... Tous les six, nous sommes originaires de la région des Victoria Falls."Mokoomba.jpg

    En quoi est-ce important pour vous de jouer en Belgique?

    A.M.: "Déjà parce que Zig Zag World, notre boîte de management est basée à Bruxelles. La Belgique, c'est un peu comme notre deuxième maison. Chaque fois qu'on vient ici, et ça nous est arrivé à de multiples reprises, on se sent comme chez nous. Et puis, on n'oublie pas que c'est le festival "Couleur Café" qui fut un des premiers à nous donner l'opportunité de jouer sur une grande scène et devant autant de monde en Europe. On en est très redevable. La Belgique, c'est notre entrée vers les autres pays. D'autant qu'il y a une forte communauté africaine ici. Nous sommes en tout cas très excités à l'idée de jouer au Botanique. Ce sera un peu notre date à domicile de la tournée. On amènera de l'énergie, de nouvelles choses."

    Est-ce compliqué de parvenir à exporter votre musique?

    A.M.: "Non, au contraire. Si tu apportes de la qualité et que tu fais la musique que les gens aiment, alors le courant passe directement. Le public européen est justement très réceptif à ce que nous faisons. Ils aiment l'afro-fusion, et ça se ressent dans l'alchimie qu'il y a entre eux et le groupe. On ne fait que recevoir d'excellentes critiques partout où on joue, et nous en sommes très fiers. Je pense que ce nouvel album va nous permettre d'encore gagner en envergure en Europe. Mais nous sommes ravis de l'accueil."

    Quelle importance accordez-vous au contact avec le public?

    A.M.: "Elle est primordiale. Et ça nous oblige à sans cesse nous renouveler car il n'existe pas deux publics similaires. Où qu'on aille, les gens ont des attentes différentes en matière de musique. La scène, il faut que ce soit un partage. On puise tout autant dans les cultures où on se rend que l'inverse."

    Quel est votre plus incroyable souvenir de scène?

    A.M.: "Il y a bien sûr le festival de Roskilde, l'été dernier, au Danemark. Car tout était gigantesque là-bas."

    A quel point êtes-vous populaires au Zimbabwe?

    A.M.: "Notre popularité y est énorme. On fait des concerts dans la capitale, on passe à la radio, dans les journaux..."

    Comment qualifieriez-vous votre musique?

    A.M.: "C'est de l'afro-fusion. C'est un mélange d'énormément d'influences comme la rumba, le funk, le reggae,... tout ce qu'on aime quoi. On prend tout ce qui vient de nos cultures et on le fusionne en un son qui peut être intéressant pour les gens. On chante un lubale, en tonga et en chakwe, des dialectes, car nos racines sont essentielles."

    > Un entretien de Christophe Van Impe


     

     

     

     

  • Intergalactic Lovers: "Faire salle comble avant la sortie de l'album? Génial!"

    Quelques jours après leur prestation unanimement encensée à l'AB Box le 22 février dernier, nous avons retrouvé une moitié d'Intergalactic Lovers dans un salon de la salle bruxelloise. Une rencontre tout en sourire et simplicité avec de fiers représentants de la musique "Made in Belgium".

    Le concert à l'Ancienne Belgique marquait le véritable départ de la tournée pour le nouvel album (l'excellent "Little Heavy Burdens"), attendu impatiemment par les fans. Ceux-ci ont été comblés, tandis que ceux qui ne connaissaient pas encore cette voix et ces mélodies enveloppantes n'ont pu qu'apprécier.

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    Et vous deux, quels sentiments dominent après ces premières retrouvailles avec la scène?

    Lara Chedraoui (chant): "Nous étions vraiment surpris de voir le show afficher complet longtemps à l'avance. Tous ces gens qui achètent un ticket avant même la sortie du CD, c'est génial! En musique, on peut tellement rapidement changer de style, oublier un groupe... Et là, nous étions très contents de voir un public aussi nombreux."

    Maarten Huygens (guitare, à gauche sur la photo): "C'est un peu étrange de mélanger anciens et nouveaux morceaux, on doit encore trouver la bonne combinaison pour les "marier". Mais on a pris beaucoup de plaisir. Et il y aura les festivals encore cet été!"

    Lara: "L'ambiance d'un festival est plus "vacances", mais j'apprécie les deux. Et puis, on retournera à Dour, d'où on a gardé un magnifique souvenir de notre passage en 2011!"

    Beaucoup s'accordent à dire que les chansons atmosphériques de "Little Heavy Burdens" forment un ensemble plus cohérent que sur votre précédent album...

    Maarten: "Greetings & Salutations" avait été réalisé en plusieurs sessions. Ici, on l'a écrit et enregistré en un temps. C'est venu plus naturellement. Cela se traduit dans l'atmosphère générale du disque je pense."

    Lara: "Pourtant, ça m'a pris du temps pour écrire des textes. Je n'arrivais pas à traduire en mots tout ce que j'avais en tête. Puis d'un coup, c'est venu et ça n'a pas arrêté! Nous avons pu ensuite assembler tout ça avec les belles choses déjà écrites par les garçons. Certains croyaient que nous avions pris une année sabbatique... Oh que non! Nous avons joué pendant presque deux ans notre premier album, tout en écrivant son successeur."

    Une popularité croissante en Allemagne


    Parmi les nombreux concert, il y avait ce trip d'une semaine en Amérique et au Canada l'année passée. Du bon?

    Maarten: "Etre "on the road" aux States... C'est toujours du bon!"

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    Lara: "C'était vraiment ça! En plus, on a eu droit à la chaleur du Texas et à la neige à Toronto! Au SXSW Festival à Austin (ndla: où se produisaient entre autres alt-J, Chvrches, Icona Pop ou encore Bastille),je n'avais jamais vu une atmosphère pareille. Il y avait de la musique partout, dans la rue, dans les magasins de vêtements... Et le public était chaud, bruyant, très américain: "Hey!"."Super!". "You're great"! Mais honnête aussi."

    Maarten: "Tout était super grand. C'est bien simple, il y avait dix fois plus de musique en-dehors du programme officiel que dans les salles et chapiteaux!"

    La tournée reprend ce jeudi à Essen avec le premier d'une longue série de concerts qui vous emmenèra, outre en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse et donc en Allemagne, où vous vous êtes déjà pas mal produit. Peut-on parler d'histoire d'amour avec nos voisins d'Outre-Rhin?

    Maarten: "Ca a commencé à bien marcher assez rapidement, mais à la base c'est un processus qui demande de la patience. Nous avons dû semer avant de voir de plus en plus de gens à nos concerts et pouvoir maintenant retourner dans les mêmes villes."

    Lara: "Le producteur de nos deux albums est allemand, ça aide. Nous pouvons dorénavant compter sur un label et un "booker" là-bas. Nous étions heureux de nous être fait connaître en Flandre, mais c'est intéressant d'essayer de séduire un marché différent."

    Maarten: "On aimerait bien aussi par exemple percer un peu en France. Nous n'y avons joué qu'une seule fois, en première partie de Puggy à l'Olympia."

    Et la partie francophone de la Belgique aussi?

    Lara: "Bien entendu, mais tout reste toujours assez divisé malheureusement... J'ai participé au single "Fate & Glory" sur le dernier album de Montevideo. Même en travaillant ensemble, ça n'ouvre que peu de portes de salles ou de festivals de l'autre côté du pays. Dommage, j'aime beaucoup leur album, comme le dernier des Girls in Hawaii par exemple."                                                                                                                  

    "Fière d'avoir collaboré avec Montevideo

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    Parle-nous justement de cette collaboration: comment as-tu été en contact avec eux?

    Lara: "Un matin, je reçois un e-mail demandant si j'étais intéressée pour chanter sur un de leurs morceaux. En fait, je croyais que je devais moi-même écrire ma partie. Quand je suis arrivée au studio, je n'avais pas presque pas dormi! Le chanteur Jean me dit alors "Euh, ce n'est pas ce qu'on avait prévu", mais ils ont quand même écouté ce que j'avais écrit. Je suis fière d'avoir travaillé avec eux. Mais, comme toujours, j'ai d'abord demandé la permission aux autres membres du groupe avant de dire "oui"! (rires)"

    En parlant d'activité "extra", on vous retrouve sur la bande originale du film belge "Code 37", sorti en 2011: une bonne expérience également?

    Maarten: "On nous a demandé de réaliser toute la bande originale avec une deadline de.... deux mois! On était en plein milieu d'une série de concerts, c'était impossible."

    Lara: "Finalement, ils ont utilisé des chansons de "Greetings & Salutations" et une reprise (ndla: "Help Me Make It Through The Night" de l'Américain Kris Kristofferson) que nous avons "retravaillé" pour l'occasion."

    Maarten: On aimerait certainement retenter ce genre de choses dans le futur... mais avec plus de temps!"


    < Un entretien de Philippe Sadre


    Pas besoin d'aller d'aller jusqu'en Amérique pour voir Intergalactic Lovers en "live" puisque les Alostois seront en concert le 28 mars à Mons (Alhambra), le 29 mars à Namur (Belvédère), le 5 avril à Anvers (Arenberg) et à Dour (14-17 juillet). Ah oui, sinon, le CD n'a toujours pas quitté notre chaîne hi-fi... (photos: Guy Kokken) 

  • On se regarde la prestation live de Pharrel Williams au Grand Journal

    Pharrell-Williams-GIRL-2014-1200x1200.pngPharrel Williams, c'est l'artiste du moment. Celui dont tout le monde parle.

    Son deuxième album, Girls, est sorti vendredi, le morceau "Happy" cartonne toujours autant, il était aux Oscars dimanche soir ... et sur le plateau du Grand Journal ce lundi. Pour répondre aux questions d'Antoine De Caunes mais aussi pour interpréter en live "Happy". A voir ci-dessous !  

  • Massive Attack à l'Abbaye de Neumunster le 2 juillet

    Massive Attack.jpgMassive Attack passera pas mal de temps dans nos contrées cet été. Après les annonces de leur passage à Bruges (pour le Cactus Festival) et aux Ardentes, on a appris ce vendredi que le groupe de Bristol sera à Luxembourg le 2 juillet. Et pas n'importe où puisqu'ils joueront en plein air dans le magnifique cadre de l'Abbaye de Neumunster.

  • Vegas: "Evoluer, c'est prendre des risques"

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    Vegas n'aura sans doute jamais aussi bien porté son nom. Trois ans après "An Hour With", le plus dansant des groupes rocks belges fait scintiller son nom et est de retour avec un album plus lumineux et plus entrainant. Produit par Leo Grandet et Charles De Schutter, qui ont notamment collaboré avec Vismets et M, "Everything You Know is Wrong" marque un tournant dans la carrière de Vegas. Nous les avons rencontrés quelques minutes seulement avant de monter sur les planches de la Rotonde pour un concert bondissant et jouissif. Avec plus de subtilités que par le passé, les blousons noirs sont de retour sur le dancefloor...

    En quoi cet album est-il fort différent des deux précédents?

    Seb (guitare): "Il l'est déjà par sa pochette. Généralement, on bosse toujours avec des couleurs sombres et ici c'est plus lumineux. Quand tu débarques avec une pochette sombre, ça donne directement une connotation plus dark à ta musique. Ce qui aurait donné une mauvaise idée de ce qu'on fait. L'autre différence primordiale, c'est qu'on a bossé les chants à fond. Avant on commençait par les instrus et puis on mettait le chant. Ici, on pose la chanson en fonction du chant. Cela donne un truc plus homogène. Les séquences ont trouvé leur place car tu les utilises comme un instrument au lieu d'un tapis permanent. Et au niveau du mixage, on a fait un mix pop où on a mis la voix d'Alky en avant. Comme les grands..."

    Alky (chant): "Une pochette peut influencer dès le départ. Dans cet album, nos textes sont plus sombres qu'avant. Mais la musique fait ressortir le côté plus dancy. C'est surtout ça qui change. On a voulu aller vers des choses plus positives et ne pas tomber à nouveau dans un truc noir."

    Seb: "On a voulu faire un album rock, mais qui fait danser les gens."

    N'avez-vous pas l'impression d'avoir pris un gros risque?

    Alky: "On se le dit encore maintenant. On en parle souvent. Mais si tu ne fais plus la musique qui te plait, alors il ne faut plus en faire. En tout cas, moi ça me rendrait malheureux."Vegas1.jpg

    Le titre de l'album veut également faire passer un message?

    Seb: "Tout le monde avait peut-être un a priori, une première idée. Là, on fait un peu page blanche et c'est reparti. Maintenant, on ne rejette pas ce qu'on a fait. Nos deux premiers albums sont un héritage. C'est un prolongement, une continuité. On a enfin réussi à poser ce qu'on avait en tête depuis le début. Il a fallu le temps qu'on apprenne. Maintenant, on arrive vraiment à sortir un son personnel et original. On évolue sans perdre notre identité. Récemment, on me demandait ce que ce sera dans dix ans. En fait, tant que ça monte, on bosse."

    Alky: "Le jour où tu stagnes, vaut mieux arrêter."

    Qu'avez-vous écouté récemment et qui vous ait donné envie d'évoluer vers ce nouveau son?

    Alky: "Des trucs comme Swedish House Mafia. Des trucs modernes, mais il faut qu'il y ait du chant et de la mélodie. C'est ça qu'on veut mettre en avant depuis dix ans. Et je pense que sur cet album-ci, on est vraiment arrivé à ce qu'on voulait faire. Avant, on se cherchait. Là, c'est vraiment homogène. On savait où on voulait aller, et c'est ce qu'on a fait de A à Z. C'est ce qu'on avait en tête qui se retrouve sur le CD."

    Seb: "Au niveau guitares, on a écouté des trucs un peu plus modernes genre Kings of Leon ou Biffy Clyro."

    Cet album est-il le plus abouti de votre discographie?

    Seb: "C'est ce qu'on se dit à chaque fois. Ici, on a pondu 30 titres et il y en a 13 sur l'album. Certains sont restés sur dix mesures, d'autres ont été répétés et abandonnés."

    Les morceaux laissés de côté, pourrait les retrouver sur un album ultérieur?

    Seb: "Non. Si on ne ne l'a pas mis aujourd'hui, le morceau ne sera pas meilleur dans deux ans."

    Combien de temps avez-vois bossé sur cet album?

    Alky: "Une petite année."

    Seb: "Un an en off et puis trois mois à partir du moment où tu entres en studio. En amont de l'enregistrement, tu peux compter une centaine d'heure par chansons. On a un studio chez Alky. On enregistre les guitares etc et après, on retourne en studio pour faire les réglages définitifs. Il y a un putain de boulot au niveau de la compo."Vegas2.jpg

    Quel est le morceau qui représente le plus le nouveau son de Vegas?

    Alky: "Raise me up"

    Seb: "Il ouvre l'album. Il donne le ton. Tu sens directement que ce sera énergique, que ce sera rock et dansant."

    A quoi doit-on s'attendre en live?

    Alky: "Ce sera plus dur que sur l'album car on aime envoyer du gros son. Ce sera plus énergique et moins posé."

    Seb: "Quelques morceaux des albums précédents ont été mêlés à la setlist. On présente une heure qui tient la route de A à Z. Tout est réfléchi et enchaîné. Les morceaux joués, ce sont les plus puissants. C'est hyper homogène."

    Il n'y a donc aucune place à l'improvisation?

    Alky: "Pour le moment, non. Mais peut-être plus tard, car on vient d'avoir un nouveau membre dans le groupe. Il gère les séquences et le sampler. Grâce à ça, on pourra peut-être évoluer. Ce ne sera pas de l'impro car on n'aime pas travailler dans le brouillard, mais ce sera plus libre en live."

    Seb: "On aime bien balancer des intros avant les concerts. Avant, c'était une séquence. On arrivait et on jouait dessus. Ici, c'est notre cinquième membre, qui la crée. On n'a jamais deux fois la même intro. Il met des effets. Il y a donc quand même un côté plus aléatoire dans le traitement de nos sons, un côté live. Puis on a aussi la possibilité, si c'est la folie pendant un pont et que les gens commencent à danser, de bouger. La formule est prête à la flexibilité, plutôt qu'à l'improvisation."

    Comment a-t-il rejoint le groupe?

    Alky: "Dim nous a découvert il y a trois ans, lors d'un acoustique à "50° Nord". On jouait tous les soirs un titre. Il est venu nous voir deux ou trois fois, je me suis lié d'amitié avec lui et il est désormais dans le groupe. On avait besoin de quelqu'un. On avait beau chercher, on ne trouvait pas."

    Seb: "Il n'y a pas eu de phase d'adaptation, ça a collé direct. Désormais, les séquences sont vivantes. Le son électronique, qui est censé être figé, ne l'est plus."

    Êtes-vous anxieux par rapport à l'accueil de l'album?

    Alky: "On est plus anxieux pour l'accueil du live. Sur scène, on a une pression."

    Seb: "T'as beau avoir répété 200 fois, c'est différent."

    Alky: "Ce n'est pas comme si tu jouais pour trois potes..."Vegas4.jpg

    Peut-on dire que Vegas, c'est la somme de toutes vos influences?

    Alky: "Non car elles totalement différentes. Vegas, c'est un assemblement de nos quatre personnalités. Mais je ne pense pas que nos influences aient joué, sinon on aurait sorti un album new-wave. Moi, j'écoute IAMX, du hip-hop américain, beaucoup de house."

    Seb: "Alors que moi c'est plus du rock classique, de la new wave. La phase punk et post-punk, ça c'était vraiment ma came. Après, ça dévie avec des groupes comme Nine Inch Nails, Tool. J'ai flashé sur Biffy Clyro aussi. A 15 ans, j'écoutais les Guns, Led Zep,..."

    < Un entretien de Christophe Van Impe

  • Moaning Cities: "Cet album, c'est un voyage"

    Il y a quelques jours, nous vous disions tout le bien de ce que nous pensions de Moaning Cities, ce groupe belge qui exhume avec brio la veine psyché. Quelques minutes après leur concert à la Rotonde, nous avons rencontré Valerian Meunier (chanteur/guitariste) et Bertrand Gascard (guitariste) dans leur loge.

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    Vous revenez d'une tournée d'une semaine en France. Avec quel sentiment?

    Valerian Meunier: "C'était super. Nous avons été vachement bien accueillis partout. C'est une tournée qu'on a montée nous-mêmes. On avait de l'aide de groupes de différentes villes, avec qui on avait déjà joué, et qui nous ont filé des plans. C'était bien intense. Au début, c'était assez calme. Mais sur les trois ou quatre dernières dates, on a fait des concerts bien énergiques. Nous étions crevés. A chaque fois, il fallait se lever tôt car les distances étaient conséquentes. Encore ce matin c'était un peu rude, mais bon... ça valait la peine car le concert à Lille, par exemple, était juste incroyable."

    Comment était l'accueil du public, qui ne vous connaît pas encore nécessairement?

    VM: "Ca dépend. Le mardi à Paris, à l'Espace B, les gens étaient assez calmes. Ils étaient cools mais pas hyper chauds quand je compare avec la fin de semaine. Mais bon, on ouvrait pour Holy Wave. Les gens nous ont donné de super retours, ce qui fait très plaisir."

    Et à Lille, en quoi était-ce tellement particulier?

    VM: "Il faisait 35 degrés sur la scène. On suait tous comme des boeufs et les trois, quatre premiers rangs devant nous dansaient comme des dingues."

    Bertrand Gascard: "On a joué deux fois à Lille et c'était à chaque fois la même chose. Je ne sais pas ce qu'il y a avec les Lillois mais ils hurlent à mort pendant les morceaux. Quand les gens hurlent après un morceau, c'est cool. Quand ils hurlent pendant, c'est incroyable. On a aussi des super souvenirs de Paris et de Nantes."

    VM: "Chaque concert a sa particularité. Parfois, tu te dis "putain on a fait un super concert, c'était carré, les conditions étaient bonnes", tu peux aussi avoir un échange avec le public qui est incroyable, ou alors tu peux avoir des surprises où ça décolle à un moment et que tu n'as rien vu venir."

    Et terminer par le Botanique, dans une Rotonde pleine à craquer, c'était la cerise sur le gâteau?

    VM: "Ouais. Nous étions déjà passés à l'Orangerie, il y a deux mois et demi, en première partie de Jacco Gardner. Mais clairement, nous n'avions jamais joué sur des scènes aussi grandes."

    BG: "Nous étions crevés. Mais d'un autre côté, tu te dis que c'est l'apothéose de la tournée et que tu vas pouvoir partager ton album. C'est super gai. Tout le monde était un peu naze en journée. Et puis, vers cinq ou six heures, tu as une espèce de pêche. Quand on est descendu de scène, on était tous sur les genoux."

    VM: "En plus, c'était bien rempli. Tu arrives sur scène, les lumières se lèvent un peu, tu vois toutes les têtes et là tu de dis "okay..." "

    Avez-vous eu l'impression de franchir un cap avec ce concert?

    VM: "Oui, ça marque le coup. Là c'est un concert de sortie d'album. Et l'accouchement a quand même été assez long et laborieux. Mais, c'est une satisfaction. C'est comme un premier enfant. C'était laborieux car on écrit les morceaux depuis près d'un an et demi. On les a enregistrés en août. On a mixé pendant deux mois et demi. Avec deux sessions différentes en mix. Une première où on a défini un peu les choses. Puis on a fait une écoute avec un autre ingénieur son avec qui on bosse et qui nous aidait d'ailleurs pour ce concert au Bota, Jean-Guy. Il nous a aidés à avoir une bonne réflexion sur les morceaux, à prendre du recul. Cela nous a permis de taper dans le tas là où il fallait."

    Avez-vous dû sélectionner des morceaux?

    VM: "On s'était dit à la base qu'on allait faire quinze morceaux et qu'on en mettrait dix sur l'album. Mais, au final, la sélection s'est faite avant et on a préféré travailler un maximum les morceaux qu'on voulait enregistrer. On n'avait pas des masses de temps. On a eu huit jours en studio. Or, il faut compter un jour par morceau. On en a calé dix, onze en huit jours."

    BG: "Pour revenir sur le côté laborieux. Ce n'est peut-être pas exactement le terme. C'est plutôt à la sueur du front. C'était laborieux dans le sens positif. Tu as des phases plus difficiles. Mais, dans l'ensemble, c'est énorme. C'est vraiment un voyage quoi."Moaning2.jpg

    Y a-t-il une anxiété par rapport à l'accueil de l'album?

    BG: "Non. En fait, on avait testé pas mal les morceaux en live. Ce n'est pas comme si on sortait des morceaux jamais entendus. C'est aussi parce qu'ils avaient déjà été joués, et que le public avait bien régi, qu'on a voulu les enregistrer."

    VM: "Le disque qu'on fait, c'est la musique qu'on veut faire et qu'on aime. Nous sommes convaincus à 100%. C'est chouette si on peut avoir de bons retours. Mais on pourra également encaisser les critiques. Il y aura certainement des critiques négatives, des remarques. C'est normal."

    Décririez-vous Moaning Cities comme un groupe de live?

    VM: "C'est l'idée car un morceau studio, c'est une performance. Et chaque concert en est une autre. Il y a des contraintes techniques. On ne peut pas avoir exactement toutes les parties sur certains morceaux."

    BG: "Avec nos ingénieurs, on réfléchit à l'approche. L'idée n'est pas de les restituer exactement comme ils sont sur l'album, mais d'avoir de l'énergie et de communiquer quelque chose."

    VM: "Je n'aime pas trop les concerts où tu vois entends l'album. Ok, c'est pro. Mais je trouve que le concert doit apporter une valeur ajoutée. Après, on adapte aussi. On a par exemple fait des sessions acoustiques, comme à Mons lors du premier concert de la tournée. C'est aussi une façon de revisiter les morceaux et de les vivre très différemment. Pas mal de morceaux partent justement d'une ébauche acoustique, avec guitare/voix. On peut évoluer vers ça. Ce n'est pas parce qu'un morceau est parti dans une direction qu'il ne peut pas revenir à sa source."

    Les morceaux de l'album, vous les jouez depuis combien de temps?

    BG: "Certains sont nouveaux pour nous en live."

    VM: "Et d'autres, depuis six mois, un an. On a commencé à en proposer certains lors de notre tournée en France et en Suisse."

    Comment fait-on pour tourner en France et en Suisse avant même d'être connu en Belgique?

    BG: "On donne des coups de fil et on envoie des mails!"

    VM: "La tournée en Suisse, c'est parce qu'on avait des potes qui avaient une assoc' là-bas et ils organisaient des concerts."

    BG: "C'est la même chose pour la France. A Nantes, nous étions invités par un groupe que nous avions déjà fait venir ici. On avait aussi un plan sur Rennes, qui ne s'est malheureusement pas fait. C'est un réseau entre groupes de la même veine psyché. Il y a un côté fraternel. On adore revoir ces types."

    VM: "Encore cette semaine en France, nous avons été reçus comme à la maison."

    Aviez-vous eu d'autres groupes avant?

    VM: "Tim oui. Moi j'ai remplacé le guitariste dans un groupe. Mais c'est notre premier vrai projet sérieux."

    BG: "Avant, nous étions tous des musiciens de chambre!"

    On pourra vous voir en festival cet été?

    VM: "On a un festival en France qui vient de tomber, en juin. Pour le reste, ça discute..."Moaning3.jpg

    Quels sont vos influences. Si vous ne me citez pas les Doors, je ne vous croirai pas...

    VM: "Clairement."

    BG: "C'est drôle. Parce qu'on adore les Doors mais ce n'est peut-être pas ce qu'on a le plus écouté."

    VM: "Il y a beaucoup de choses. Clairement toute la musique rock n' roll et blues des années 60, même 50 et 70. Mais aussi de la musique contemporaine du début du vingtième. Tim, lui, écoute beaucoup de musique orientale, forcément avec le sitar."

    BG: "La période psyché de Woodstock, tout ça..."

    VM: "On fait aussi du métissage avec de la musique africaine, du Moyen-Orient et même de l'Inde. Et, de l'autre côté, de la musique de l'ouest, que ce soit du blues ou du rock. Ce n'est pas quelque chose de nouveau, certes. Il y a eu plein de projets depuis les années 60. Les gens se sont ouverts au reste du Monde et je trouve ça intéressant. Tim a appris le sitar en Inde avec un grand maître. Il a fait son initiation là-bas pendant plusieurs semaines."

    Tim Sinagra: "J'ai toujours eu comme rêve et fantasme d'inclure ces influences à un groupe rock. Mais je ne suis pas allé là-bas pour ça. C'était un voyage initiatique, qui allait vers le sitar. J'ai commencé à apprendre les techniques de la musique classique indienne. Mais, ce rêve était toujours présent dans un coin de ma tête. J'ai tilté il y a quelques années sur "Robert Plant and the Strange Sensations", qui a fait ce genre de mariage et j'ai vraiment accroché. Quand j'ai rencontré les bobbies là, c'était une évidence. C'était salvateur. Je suis parti quatre mois en voyageant entre Lille et Istanbul avec un ami d'enfance. On dormait dans la rue, sous les ponts, chez des gens qui nous accueillaient. Je suis resté deux mois en Inde."

    Vous sentez-vous proche de groupes plus actuels comme Tape Impala, ou Black Rebel Motorcycle Club?

    BG: "Ouais, clairement. Ce sont des groupes qui nous ont amenés vers ce qu'on fait maintenant."

    VM: "En ce qui me concerne, c'est en allant à des concerts qui m'ont transcendé que j'ai eu envie de faire de même."

    Et si tu devais n'en citer qu'un?

    VM: "Celui de Black Rebel à l'Orangerie pour la tournée "Howl". J'étais sur mon cul. La musique, la performance, ce qui s'en dégageait,... Il y a aussi eu le concert de la tournée du deuxième album des Black Angels, dans la même salle. Puis tout un tas de concerts bizarres."

    Vous sentez-vous singuliers sur la scène belge?

    BG: "Pas vraiment. Il y a d'autres groupes du même genre comme Bed Rugs, avec qui on a joué à Deep in the Woods. On a un bon feeling avec eux. Ils sont plus psyché-pop."

    VM: "Mais 'est vrai qu'il n'y en peut-être pas des masses. Ou alors on ne se connaît pas tellement. Il y a quelque chose en faire en Belgique."

    BG: "Il n'y a pas non plus une envie de créer une école autour de ça."

    VM: "Hier à Lille, deux mecs sont venus nous trouver. Il nous avait déjà vus il y a quelques mois. On leur a donné envie de faire de la musique. Et ça, c'est la meilleure chose que j'ai envie d'entendre après un concert."

    Comment imaginez-vous l'évolution du groupe?

    VM: "Des claviers vont probablement débarquer d'un moment à l'autre."

    BB: "Il y a un tronc commun, et puis on peut évoluer. Sur l'album, il y a de l'africanisant, du blues,... On tourne autour de quelque chose, et puis le reste vient s'agglomérer autour."

    Moaning4.jpg

    "Pathways Through the Sail", le premier album de Moaning Cities sortira dans les prochains jours. N'hésitez même pas, foncez...

    Crédits photos: Nico Neefs et C. Lessire.

    < Un entretien de Christophe Van Impe

     

  • FAUVE ≠: "Ni des génies, ni des grosses merdes"

    Mystérieux, fascinant et captivant, FAUVE ≠ constitue le phénomène musical du moment. A quelques semaines d'un deuxième passage aux Nuits du Botanique (le 22 mai au Cirque Royal) et alors que l'album "Vieux Frères" vient de sortir, nous avons rencontré trois des membres du collectif parisien. Empreint de pudeur, voici leur récit:

    Il y a chez vous une volonté de discrétion et d'anonymat. Et en même temps, vous faites la Une des Inrocks et Libération vous consacre sept pages. Comment parvenez-vous à gérer ça?

    Vieux Frère 1: "C'est assez simple. Il faut juste être clair sur ce que ça implique pour toi de te fixer ce genre de contrainte. C'est hyper important pour nous et on n'a pas envie de faire de compromis. On est prêt à avoir moins de visibilité dans les médias. Si jamais on fait une couv' ou s'il y a simplement un article, on préfère ne pas le faire plutôt que d'être obligé de donner une photo de nous. Quand on rencontre des journalistes de Libération par exemple, on ne veut pas apparaître. On ne veut pas qu'on puisse nous identifier. Sinon on ne se rencontre pas, c'est pas grave. Il n'y aura pas l'article, tant pis. FAUVE ≠ est trop important dans nos vie que pour le compromettre pour ce genre de choses. On ne l'a pas fait pour ça. Comme la télé, tu vois. Nous, on n'ira pas en télé, on le sait. On nous a proposé plein de trucs hein. Mais on n'ira pas. Tant pis, ce sera moins gros. Il y a beaucoup de refus de notre part. La télé, c'est systématique. Honnêtement, on nous a proposé presque tout ce qui est possible d'imaginer comme émissions quand tu es un groupe de musique, un projet artistique. On a tout refusé."

    Pourrait-on rapprocher votre volonté d'anonymat de celle d'un groupe comme Wu Lyf?

    VF1: "De ce que je m'en souvienne, Wu Lyf c'était discret au début. Et puis ils ont vite commencé à faire de la télé dans tous les sens. Nous, c'est exactement ce qu'on ne veut pas faire. Il y a la question de savoir pourquoi on le fait. Daft Punk, je pense qu'il y a un concept artistique. Le coup des robots, ils doivent bien se marrer. Un mec comme Banksy qui fait des graffitis, c'est un truc purement légal. Nous, il y a de la pudeur, de la timidité. Wu Lyf, je ne sais pas ce qu'il y avait derrière. Si c'est juste pour faire le buzz, et puis t'afficher partout, je trouve ça bizarre. C'est un truc qu'on n'est pas du tout prêt à faire.."fauve2.jpeg

     Ne risquez-vous pas d'un jour ne plus avoir le choix?

    VF2: "On a toujours le choix."

    VF1: "Encore une fois, il faut juste être clair sur ce que ça implique. On sait qu'on ne sera jamais un groupe mainstream ou populaire. Parce qu'on n'ira jamais à la télé et qu'on ne montrera jamais notre gueule. Mais ça n'a aucune importance. C'est pas grave, c'est pas pour ça qu'on l'a fait."

    Quelle est la part autobiographique des textes de FAUVE ≠?

    VF2: "100%. On parle de nos vies. Ou en tout cas de ce qu'on vit ou de ce que vivent nos proches."

    Pourrait-on s'orienter, à l'avenir, vers un FAUVE ≠ moins désenchanté?

    VF1: "Peut-être plus apaisé. On se dirige tout doucement vers quelque chose qui ressemble plus à la deuxième partie du disque "Vieux Frère", avec des titres comme "Vieux Frère", "Lettre à Zoé", même "Loterie". Il y a un peu plus d'apaisement. Parce que grâce à Fauve, grâce à ce truc invraisemblable qui nous est arrivé, on a retrouvé certaines choses qui nous manquaient. Comme l'estime de nous-même. Il y a un peu de colère qui est partie. Cette agressivité aussi qu'on avait au fond de nous il y a quelques années et qu'on ressent dans un titre comme "Voyou". On ne parlera pas non plus de notre boulot et de notre boss qui nous gueule dessus parce que ce serait mentir, ce n'est plus la réalité de nos vies aujourd'hui. Par contre, il y a des choses dont on pourra toujours parler parce que ce n'est pas forcément lié. Certains trucs me viennent à l'esprit comme le célibat, la maladie, la peur de l'échec,..."

    FAUVE ≠, ce serait donc un peu votre thérapie?

    VF1: "C'est une thérapie de groupe, c'est complètement ça. Par contre, on n'a pas la prétention que ça puisse remplacer des séances de psychanalyse. On ne dira jamais à personne: "tiens, écoute Fauve et ça ira mieux". Ce serait terriblement prétentieux. Nous ça nous fait du bien. C'est pour ça qu'on le fait et qu'on n'est pas prêt à compromettre le projet. Ca nous a été trop utile, ça nous a été vital à un moment."

    Fauve1.jpeg

    Quelle durée de vie donnez-vous à FAUVE ≠? Car il y a tellement de fulgurance et de sincérité dans le projet qu'on a l'impression qu'il pourrait nous claquer entre les doigts à n'importe quel moment.

    VF2: "Franchement, on n'en a aucune idée. FAUVE ≠, ça s'arrêtera de soi-même quand l'utilité qu'on en a n'aura plus d'objet. C'est un outil qui nous permet de sortir de notre routine et d'aller mieux. A partir du moment où ce ne sera plus le cas, où ça deviendra une routine en soi... C'est super égoïste comme démarche."

    VF1: "Mais égoïste dans le bon sens du terme. C'est égocentré. C'est pour ça que ça nous a surpris que ça puisse avoir un écho auprès de gens extérieurs. Il y a une date de péremption à FAUVE ≠. On ne sait juste pas trop quand. Mais on n'aura aucun problème à arrêter le projet."

    VF3: "On pourrait imaginer que la partie musicale et écriture de textes ne soit qu'une première partie de l'aventure FAUVE ≠. Et qu'à l'avenir, on pourrait faire autre chose, avec d'autres personnes du collectif qui reprendraient un peu plus d'importance. Et faire, je ne sais pas, des courts-métrages, un bouquin, de la photo,... Passer un moment à ça et ensuite revenir vers la musique."

    VF1: "Le plus important dans l'aventure, c'est qu'il s'agit d'une histoire en commun. On est des amis de longue date. C'est pour ça que l'album s'appelle "Vieux Frère". Le véhicule du moment, c'est la musique. Peut-être qu'un jour FAUVE ≠ n'aura plus lieu d'être, mais qu'on continuera. On fera peut-être autre chose, mais pas nécessairement sous le nom FAUVE ≠ et pas forcément publiquement."

    FAUVE ≠ divise énormément. Soit on adore, soit on déteste. Mais vous ne laissez personne indifférent...

    VF2: "Je ne pense pas que ce soit vérifié. A la base, il y a des gens qui ont une critique ultra-positive du projet, peut-être presque trop. Et du coup, ça enchaîne un contre-coup ultra-négatif. Mais en fait, il y a beaucoup de gens qui ne s'expriment pas, qui ne connaissent pas, qui s'en foutent. Ca polarise à partir du moment où on connaît. Peut-être justement parce que les gens sont entrés dans le projet via une critique ultra-positive, qu'on le leur a présenté ça comme le truc du siècle. Il y a des gens qui disent n'importe quoi quand même. Nous ça ne nous plaît pas dans un sens comme dans les autres. Les critiques genre "ce sont des génies" ou "ce sont des grosses merdes", bin on ne se reconnaît dans aucune des deux."

    La critique vous touche-t-elle?

    VF1: "Pas trop, non. Ce qui nous touche, c'est quand on sent que les personnes qui vont écrire ou parler de nous ont vraiment compris qui on était et pourquoi on faisait le projet. Et ça nous emmerde vraiment quand on a le sentiment que la personne en face de nous n'a pas bien compris ou nous prend pour ce qu'on n'est pas. Par contre, que les personnes disent que ce qu'on fait est bien ou pas, on y est totalement indifférent. Un coup, quelqu'un va dire que c'est révolutionnaire. Un coup que c'est totalement surcoté, que ça ne vaut rien. Tu dois ne prendre que le positif et te persuader tout seul que tu es un génie? Ou ne prendre que le négatif et t'enterrer six pieds sous terre? Il faut prendre du recul."

    A quoi la deuxième partie de "Vieux Frère" ressemblera-t-elle?

    VF1: "Sincèrement, on ne sait pas encore. Il s'écrit au fur et à mesure. D'un point de vue esthétique, on ne sait pas trop. Mais la démarche, ce sera la même chose. Un besoin de figer les choses. On va parler de ce qu'on vit. Désormais, on vit des choses différentes. Pas seulement mais quand même. Par contre le style musical, la façon de poser la voix, on ne sait pas encore. Cela s'imposera en fonction des chansons."

    Fauve3.jpg

    Lors de votre dernier passage au Botanique, votre projecteur avait rendu l'âme après un morceau et vous aviez été obligés de continuer dans le noir. Quel souvenir en gardez-vous?

    VF2: "Ah, tu étais là? C'était un peu plus dur!"

    VF3: "Mais c'est un super souvenir."

    VF2: "On a vraiment adoré, comme à chaque fois qu'on est venu ici."

    VF1: "Sur le coup, c'est toujours dur à gérer les imprévus, les problèmes techniques. Il y a du stress car on n'a pas l'habitude. On commence à faire des concerts, mais ce n'est pas un truc naturel pour nous. C'est plus singulier et, au final, on en garde des super souvenirs. Car on se rend compte, et c'était carrément le cas là à l'Orangerie, de la bienveillance des gens qui viennent nous voir. Ce côté, il y a un problème mais on ne te hue pas. C'est plutôt "c'est cool les gars, c'est pas grave, on continue"."

    VF2: "Il y a quand même eu un moment de deux ou trois minutes où on se demandait si ça allait repartir ou non. Qu'est-ce qu'on fait? On continue ou on s'arrête? Mais les gens étaient quand même à fond dedans. Tu ne vas pas arrêter le concert au bout d'un titre et demi. On avait envie d'être là."

    VF3: "S'il y a un problème avant le concert, tu peux le retarder. Mais une fois que t'es lancé, tu continues."

    Vous venez de faire cinq dates consécutives au Bataclan (il y en aura vingt en tout d'ici mai). C'était comment?

    VF1: "Super. Même s'il y a ce truc un peu stressant de jouer dans la ville où t'habites. T'as ta famille et tes amis qui viennent. On gère tous ce truc différemment. Mais tu peux jouer devant mille personnes et avoir un trac modéré. Et jouer devant cinq personnes, qui sont ta famille et que tu connais bien, et là complètement flipper. Il y a ce truc un peu chelou."

    VF3: "C'est aussi la première fois qu'on jouait cinq soirs d'affilée dans la même salle. Le positif c'est que tu ne dois pas tout désinstaller, tu connais la salle, tu peux travailler le son. Tu te balades un peu dans la salle pour voir comment elle est foutue. Tu as plusieurs jours pour travailler des trucs de scénographie."

    VF1: "Et puis tu tentes des trucs. Il y a des trucs qu'on a fait certains soirs et pas d'autres. On apprend encore tous les jours. On n'a jamais appris, donc on part de très loin. Il n'y a jamais eu d'apprentissage réel de ce métier. Pour nous, ce n'est pas un truc normal, logique ou familier."

    Quel regard portez-vous sur la scène musicale belge?

    VF2: "Moi j'aime bien Girls In Hawaii."

    VF1: "Et les Tellers aussi à l'époque."

    VF2: "Ghinzu et dEUS bien sûr."

    VF1: "Bon après, on connaît les grands classiques comme Brel. Même Stromae, franchement on le respecte grave. Maintenant, je ne sais pas s'il y a une dynamique ou une scène locale."

    VF2: "Il y a plein de grands groupes qui viennent de Belgique, donc tu te dis qu'il y a quelque chose qui se passe."

    VF3: "Balthazar aussi!"

    VF1: "Sincèrement, on accorde peu d'importance à l'origine d'un groupe. Si ça se trouve il y a une scène punk-rock de ouf à Charleroi, mais on n'en sait rien."

    < Un entretien de Christophe Van Impe