Interview - Page 10

  • Maximo Park en interview : "La tournée qui débute ce lundi à Bruxelles nous excite"

    Maximo Park.jpgMaxïmo Park a une grosse actu en ce moment: leur nouvel album (le cinquième) est sorti voici quelques jours et une grande tournée débute. Le groupe de Newcastle sera à Bruxelles ce lundi soir et au Luxembourg (à la Rockhal) le 24 février.  Le chanteur, Paul Smith, nous a accordé une interview voici quelques jours. A lire ci-dessous.

    Paul, les deux premiers singles de votre nouvel album Too Much Information, "Brain Cells" et "Leave This Island", étaient très calmes, sombres et électroniques. Cela avait de quoi décontenancer un peu votre public...
    Oui et non. En sortant d’abord ces deux premiers morceaux, on voulait surtout attirer l’attention
    sur notre capacité à faire autre chose que du rock à guitares.
    Pour ceux qui ne nous connaissent pas, ces morceaux peuvent être une porte d’entrée intéressante vers notre univers. Et pour nos fans, c’est l’occasion de nous découvrir différemment.
    Vous n’avez pas peur de dérouter les fans ?Maximo-Park album.jpg
    Non. Je crois qu’il est important d’essayer de faire de nouvelles choses. On avait envie de changement. Mais que les fans se rassurent : l’album est très diversifié… On continue à faire du Maxïmo Park !
    Vous n’en avez donc pas marre des guitares…
    Non, pas du tout ! Certains morceaux sont même très rock, limite punk. L’album est très éclectique. Nous écoutons tous des choses très différentes. Dans Maxïmo Park, certains aiment la musique électronique, d’autres écoutent de la techno, d’autres encore de la country ou du rock… Bref, le
    disque est un mélange de toutes ces influences. Personnellement, j’ai même écouté les Pet Shop Boys durant l’enregistrement !
    Vous êtes réputé pour être un groupe très « littéraire », limite intello…
    Oui, c’est vrai qu’on lit beaucoup.  Pour ma part, cela influence les textes que j’écris. Durant l’enregistrement du disque, j’ai beaucoup lu Don DeLillo par exemple. C’était très inspirant !
    À quoi fait allusion le titre de l’album, Too much Information ?
    Justement, au fait que nous soyons très bavards dans nos paroles… Pour certains, faire de la
    musique pop avec de vraies paroles, c’est « trop d’informations »… C’est cela que traduit ce
    titre.
    De tous les groupes qui incarnaient le renouveau du rock anglais au début des années 2000, vous êtes l’un des rares survivants, avec Franz Ferdinand… C’est quoi, votre secret pour durer ?
    Dans Maxïmo Park, il n’y a pas de leader. C’est une vraie collaboration entre nous, tout le monde s’implique, tout en gardant sa liberté d’aller vers des horizons différents. On ne fait pas de plan de carrière, on n’exploite pas un filon, et au final on continue tout simplement à aimer ce que l’on fait.
    La tournée débute en Belgique et au Luxembourg. Excité ?
    Bien sûr ! Vous aurez la primeur de notre tout nouveau show! Pour l’instant, nous n’avons joué les nouveaux morceaux que pour des radios anglaises… Mais on sait que l’ambiance est bonne au Luxembourg, nous sommes impatients de voir ce que cela donne !
    Pas trop difficile de reproduire les sonorités électroniques des nouvelles chansons sur scène ?
    C’est vrai que tant qu’on est en studio, on ne pense pas à cela. On se contente de faire les meilleures chansons possibles, mais on ne pense pas à comment elles vont sonner en live ! (rires) Mais il y avait déjà des claviers sur scène, des boîtes à rythme, etc. Une chose est sûre : nos concerts resteront très énergiques !

    Interview réalisée par Romain Goffinet

  • Soldout (ce vendredi à l'Eden de Charleroi): "Ce nouvel album nous ressemble très fort"

    A guichets fermés ou pas, l'Eden sera assurément "Soldout" ce vendredi 25 octobre. Dès 20 heures, la salle carolo offrira sa grande scène au duo bruxellois le plus sexy et le plus exaltant de la scène électro belge. David et Charlotte présenteront leur dernier album "More", qui est sorti dans les bacs le 25 février dernier. Un opus où l'obscurité et la douceur ne font qu'un, où la bestialité et la vulnérabilité n'ont jamais été aussi intimement liées.

    "Notre but a vraiment été d'explorer d'autres univers, de nous distancer des albums précédents", analyse Charlotte, la voix de Soldout. "Avec "More", nous sommes partis vers quelque chose de plus pop, de plus mélancolique aussi. Nous avons ressenti le besoin de travailler les mélodies. Oui, il y a une vraie rupture par rapport au précédent album qui était très énergique, électronique, voire rugueux. Il a été pensé pour la scène. "More" a, pour sa part, été conçu pour l'écoute. Attention, nous avons gardé notre identité de base, mais en présentant une autre facette de Soldout."

    Elle rajoute: "Chaque fois que l'on bosse sur un album, on se bat pour concilier nos deuSoldout.jpgx univers. Pour marier l'univers électro et expérimental de David et le mien beaucoup plus pop. Pour moi, c'est la première fois qu'on y arrive aussi bien. Ce nouvel album nous ressemble très fort."

    "More" se distingue aussi par sa grande profondeur narratrice. Chaque morceau raconte une histoire. Un peu à l'image d'un film. Une référence cinématographique qui n'est pas le fruit du hasard. Que du contraire... Si Soldout a accouché de l'album "More", le groupe a également donné naissance à la bande-son d'un long-métrage belgo-suisse, "Puppy Love" de Delphine Lehericey qui était par ailleurs aux manettes de leur clip "Off Glory".

    "L'album et le film se sont mutuellement influencés", pointe Charlotte. "Le film sort au printemps. On va jouer nos morceaux lors de certaines projections. A Charleroi, ce vendredi, on va d'ailleurs intégrer dans notre set une ou deux chansons de la BO du film. Ce sera la première fois en live!"

    < Emilie Vleminckx

     

     

     

  • Notre interview avec Phoenix : « Travailler sur le prochain Johnny Hallyday? Non »

    DSC_0642.JPGLes Français de Phoenix étaient la grosse tête d’affiche de la journée du samedi de l'édition 2013 du Rock-A-Field, ce week-end au Grand-Duché. Christian Mazzalai (guitare) et Thomas Mars (chanteur) nous ont accordé quelques minutes avant leur concert une petite interview. Pour rappel, ils seront à Rock Werchter ce vendredi.  

    Thomas, Christian, c’est votre première fois au Rock-A-Field mais vous êtes déjà venus jouer au Grand-Duché…

    Thomas Mars : Oui, deux fois. La première au début des années 2000 puis en 2010 après l’album « Wolfgang Amadeus Phoenix ». 

    A chaque fois à l’Atelier, non ? Une petite salle. Vous préférez les petits endroits ou les grandes scènes comme ce samedi ?

    T.M. : Oui, c’était là-bas. Et sur papier, les petits clubs sont plus agréables.

    Christian Mallazai : Mais en matière de scène, toutes les règles sont fausses. 

    C’est-à-dire ?

    C.M. : Qu’on peut être persuadé que dans une telle salle, cela va être une cata, alors qu'en réalité cela devient la plus belle des victoires. Et inversément… En dix ans, on n’a toujours pas compris comment ça fonctionnait (sourire).  

    "On ne veut pas une vie de tennisman"

    Votre précédente tournée avait été très longue. Celle-ci est du même acabit ?

    T.M. : Elle avait duré deux ans, s’agrandissant petit à petit. Pour l’actuelle, on ne veut pas savoir à l’avance quand elle se terminera. 

    C.M. : On ne souhaite pas avoir une vie de tennisman qui sait d’avance où il sera la semaine, le mois ou l’année d’après. Ce serait un peu déprimant. Pour l'instant, on est parti jusqu’en mars. Ensuite, on verra. Suivant nos désirs. Vous savez, si on le voulait, on pourrait tourner pendant cinq ans de suite… Généralement, on arrête quand on sent qu’on ne progresse plus. Mais on en est encore loin. 

    Familialement, cela doit être difficile à gérer de partir pour deux ans de tournée…

    DSC_0658.JPG

    T.M. : Oui mais on tourne « à la française ». C’est-à-dire, en gros, qu’on joue deux semaines puis on revient deux semaines.

    Cela doit encore être plus compliqué pour vous, Thomas, de faire coincider vos agendas avec votre épouse réalisatrice (NDLR : il s’agit de Sofia Coppola qui vient de sortir « The Bling Ring »)…

    T.M. : Ouais…

    C.M. : Elle, elle filme à l’italienne : une semaine de boulot, trois de repos (rire général). 

    Certains groupes tournent de manière "industrielle" : en gros, ils font ça non-stop. Ce n’est pas notre cas. Nous, on est comme un grand restaurant. Il faut qu’il y ait des phases où on réfléchisse à ce qu’on va faire, où on change notre carte. D’où les plages de "repos" dont on parlait. On veut que ça reste une démarche avant tout artistique. 

    T.M. : On ne veut pas rentrer dans une certaine routine.

    C.M. : Mais là, ces derniers temps, on était « à l’américaine » et cela nous a d’ailleurs peu réussi. Nous avons trop travaillé ces derniers six mois. Ce n’est pas forcément les concerts, les interviews, …  mais plutôt toutes les préparations à réaliser. On a un petit problème : on veut tout contrôler. On n’est pas du genre à déléguer. Cela va jusqu’à chaque lumière lors de chaque seconde des concerts… Heureusement, à l’heure actuelle, c’est plus calme. 

    "Il fallait qu'on invente quelque chose"

    DSC_0682.JPGEn live, vous avez considérablement progressé depuis vos débuts, avec l’album United (2000)…

    T.M. : On était mauvais. Et nous n’étions pas les seuls à le penser (sourire). 

    C.M. : La chance qu’on avait, c’est qu’à l’époque, le monde entier était extrêmement mauvais (sourir). Du coup, on parvenait tout de même à se situer dans la bonne moitié. 

    Et puis, il fallait aussi qu’on invente quelque chose. Cela a pris du temps. Les Anglais et les Américains, ils ont une tradition musicale derrière eux. Chez nous, dans notre genre, c’était le désert. Tout était à faire.

    On a souvent dit que Phoenix était plus apprécié en dehors des frontières de l’Hexagone qu’en France…

    C.M. : Cela a été le cas. C’est moins vrai depuis trois albums. Notez qu’au début, on était aussi assez taquin. On n’allait pas du tout dans le sens du poil. Donc, on ne peut pas vraiment en vouloir à quelqu’un. 

    D’autres Français, ceux de M83, ont connu le même genre de parcours que vous. Il a fallu qu’une certaine presse américaine les encense pour que cela commence à marcher en France. Comment l’expliquer ?

    T.M. : De notre côté, on ne cherche pas vraiment à comprendre. Au troisième album, on s’est juste posé des questions sur le fait qu’on tournait peu en France. On était dans une situation où on avait déjà joué deux fois dans certaines villes étrangères et pas à Marseille par exemple.

    C.M. : Mais c’est une excellente question…   

    "Ecrire pour les autres? Je ne pense pas qu'on saurait"

    Toute proportion gardée, on connaît un peu le même phénomène en Belgique où les groupes flamands passent très peu en Wallonie et inversément. Récemment, Balthazar nous disait même qu’un groupe néerlandophone devait passer par la France pour tenter de percer au sud du pays…

    T.M. : On juge plus facilement son voisin, tout simplement. Et on a des a priori. Et ils sont difficiles à gommer. Nous avons aussi connu ça du fait que nous venons de Versailles. 

    C.M. : Ce n’était pas l’idée que les gens se faisaient d’un groupe rock.  Mais c’est ça qui nous intéresse : faire des choses que personne n’a encore réalisé. 

    Thomas, une rumeur a circulé voici quelques jours annonçant que vous alliez participer au prochain album de Johnny Hallyday, tout comme le chanteur de Muse, Matthew Bellamy…

    T.M. : Non, ce n’est pas vrai.

    Cela vous plairait d’écrire pour les autres?

    T.M. : Je ne pense pas qu’on soit capable de composer pour quelqu’un d’autre. Une grande partie du plaisir qu’on a de faire de la musique, c’est de la réaliser ensemble au sein du groupe.  Il y a un "esprit famille" chez Phoenix. 

    C.M. : Et puis, on a un processus créatif très bizarre. Et je ne pense pas qu’on puisse l’imposer à quelqu’un d’extérieur. On n’est pas comme un groupe normal où on peut changer un tel par un tel. Il y a une alchimie qu’il faut pouvoir garder. 

    En ce moment, vous écoutez quoi ? 

    T.M. : Les Canadiens de Mac DeMarco.

    C.M. : On les aime beaucoup ces petits gars. On a tourné avec eux. 

    Pour le reste, ma théorie, c’est que 2013 est l’année où la musique meurt.  Pourquoi ? C’est juste un sentiment. Comme Nietzsche qui disait dans certains de ses écrits que Dieu est mort. 

    Par Julien Carette

     
  • Rock-A-Field (1) : "On espère passer sur trois jours dès l'an prochain"

    Rock+A+Field+2013+Sunday+raf.jpgLe Rock-A-Field, c'est LE festival musical au Grand-Duché de Luxembourg. Forcément, il attire au-delà des frontières grand-ducales. Et pas mal de Belges n'hésitent pas à faire le (court) déplacement. Il est vrai que l'affiche mise sur pied par les organisateurs (qui sont ceux de la salle de l'Atelier à Luxembourg, un gage de qualité) vaut le détour (cette année, on retrouve Phoenix, Queens of the Stone Age, C2C, Bloc Party, Of Monsters and Men, Jake Bugg, Macklemore & Ryan Lewis, Tame Impala, ...).

    Le succès est d'ailleurs au rendez-vous. Cela fait trois ans que le RAF affiche soldout avant que le premier festivalier ne mette un pied sur la plaine de Roeser. Et après être passé voici un peu plus d'un an d'un à deux jours de festival, le Rock-A-Field risque de vite franchir l’étape suivante : une troisième journée. On en a discuté avec Michel Welter, un des organisateurs. 

    Michel, ce jeudi, il reste une centaine de places disponibles pour la journée du samedi. Les tickets "deux jours" et du dimanche sont, eux, tous partis. Cela doit vous donner des idées...

    Michel Welter : C'est la troisième fois d'affilée que c'est le cas. Et oui, on espère pouvoir s'agrandir. On avance lentement mais sûrement. 406789_169036846529390_1918827023_n.jpg

    En changeant de site (celui de Roeser peut accueillir 20.000 personnes par jour) ou en ajoutant un jour de festival?

    M.W. : On espère pouvoir débuter dès le vendredi en 2014. Rien n’est encore sûr mais on y pense. Je touche du bois (sourire). 

    En attendant, on a agrandi la tente Chillax (NDLR: sorte de troisième scène du festival qui accueillera des artistes luxembourgeois). 

    Quels sont les trois concerts du RAF 2013 que vous attendez avec impatience?

    M.W. : D'abord Queens of the Stone Age ! Josh Homme est un ami de la maison. Il est déjà venu avec QOTSA en 2007 au RAF et à l'Atelier avec chacun de ses projets ou presque. 

    Il y a aussi les Américains Band of Horses. Ils ont un catalogue musical grandiose. Ceux qui ont écouté leurs albums le savent. 

    Enfin, je citerai les Français de C2C. Leur show en clôture du festival est la meilleure chose qui pouvait arriver pour terminer celle belle fête. 

    Par Julien Carette

    Plus d'infos sur le Rock-A-Field 2013 ces vendredi, samedi et dimanche sur Sudpop. Suivez également le RAF en direct ce week-end sur notre facebook (https://www.facebook.com/sudinfo.sudpop)

  • Balthazar: "Jouer trois fois à Werchter, c'est un rêve d'enfant"

    Ce mardi, le groupe courtraisien Balthazar fera la première partie de Muse à Werchter. Le premier de ses trois passages de l'été sur la célèbre plaine. Car ils passeront aussi à Rockwerchter et au TW Classic. On en a parlé avec Vanessa, la fille du groupe.

    Vanessa, jouer trois fois à Werchter sur le même été, c’est du jamais vuBalthazart.jpg...

    Evidemment, c’est un peu en rêve d’enfant puisque Werchter est dans la tête des gens synonyme de plus grand festival belge. Et on sera deux fois sur la grande scène (NDLR: lors de «Werchter Boutique» et de «TW Classic», par contre, ils joueront sous une des tentes lors de «Rock Werchter»). Maintenant, on sait à quoi s’attendre puisqu’on a déjà joué là-bas après notre premier disque.

    Dans le fond, tout ça, c’est avant-tout une histoire pour les journaux. On a l’impression que d’un coup, après l’annonce de ces trois dates, des quotidiens comme Het Laatste Nieuws nous découvrent. Cela doit être la première fois qu’ils nous appellent pour une interview.

    Vous êtes pourtant un des groupes belges les plus à la mode...

    On est peut-être «tendance» chez certains mais vous savez, je parie que 90% des lecteurs de Het Laatste Nieuws ne nous connaissent pas. Notre musique passe sur certaines radios mais pas plus que pas mal d’autres groupes.  

    Maintenant, je suis très heureuse de l’entendre, même si on n’a pas vraiment l’impression d’être la grosse «hype» du moment. D’ailleurs, je ne sais même pas si on aimerait ça. Les «hype», c’est souvent du court terme. Or, notre carrière, nous voulons l’envisager à long terme.

    Votre disque sort un peu partout en Europe, vous faites des dates dans les plus grands festivals européens,... c’est quand même rare de voir un tel accueil des médias étrangers pour des artistes belges...

    Cela fait des années qu’on joue hors de nos frontières. Je ne sais pas trop ce qui a fait changer les choses....

    Le fait que vous fassiez trois fois Werchter, que votre deuxième disque, Rats, soit très bien accueilli un peu partout, ...

    C’est sans doute un mix de tout ça, en effet...

    Cela fait huit ans qu’on tourne et notre objectif a toujours été européen et pas simplement belge. Si nous ne tournions qu’en Belgique, nous serions sans doute plus riches aujourd’hui. Mais à nos débuts, pas mal de managers, de musiciens, ... nous ont répétés que si on contente de son pays, on s’habitue vite au luxe. Et cela devient alors plus compliqué de faire des sacrifices pour tenter de percer à l’étranger. Car quand on veut conquérir un nouveau territoire, on repart forcément de zéro ou presque.

    On a l’impression que Balthazar est plus reconnu à l’étranger qu’en terre wallonne…

    On pense la même chose. D’ailleurs, nous n’avons pas joué très souvent en Wallonie. On a l’impression qu’il existe une grande frontière entre nos deux communautés. Les groupes appréciés d’un côté sont inconnus de l’autre. Et vice versa. Il y a un très grand contraste.

    On a clairement aussi l’impression qu’il faut passer par la France pour parvenir à créer une brèche en Wallonie. Mais cela commence à marcher pour nous dans l'Hexagone. Donc...

    Propos recueillis par Julien Carette
  • Puggy: "Être belge, c'est un gage de qualité en France"

    Quatre AB en un an pour Puggy! Depuis Channel Zero et son retour fracassant, aucun groupe belge n'avait fait aussi bien. Le trio, qui sera l'invité de marque du prochain Autumn Rock Festival (le 7 septembre) connaît actuellement un succès considérable en Belgique, mais aussi en-dehors de nos frontières. Nous avons rencontré cette véritable Tour de Babel musicale...arpuggy.jpg

    Puggy de retour à l'Autmn Rock Festival, c'était un peu inespéré vu le succès que vous rencontrez actuellement...

    Matthew (chanteur/guitariste): "Ca nous fait très plaisir de revenir, en tête d'affiche en plus. Nous étions venus il y a trois ans, l'année où il y avait aussi Arid. On avait passé un très bon moment."

    Romain (bassiste): "C'était surtout une des premières fois qu'on jouait sur une grande scène en Belgique. On avait été mis en valeur. Maintenant, c'est à nous de leur rendre la monnaie de leur pièce. Ce n'est évidemment pas un festival international comme Werchter, mais c'est quand même 4000 personnes. Nos racines sont ici, c'est dans ce genre de festival qu'on a créé le groupe et notre notoriété."

    Vous commencez à vous habituer à ce que vous soyez à ce point sur le devant de la scène?

    Romain "Non, ça c'est encore nouveau pour nous. Les têtes d'affiches, on commence seulement à s'y faire. C'est plus stressant car tu joues plus tars et il y a plus d'attentes de la part du public. Mais c'est excitant."

    Ziggy (batteur): "En fait, on doit de plus en plus se prouver."

    Matthew: "C'est normal, mais je ne sais pas si c'est une question de succès. La fanbase elle est là. C'est la médiatisation qui crée un engouement auprès de personnes qui ne sont pas nécessairement fans. Il y a un effet de curiosité. Ils se disent: "Pourquoi tout le monde parle tant de ce truc?" Dès lors, on doit travailler davantage, et jeter plus de poudre aux yeux. Mais les fans, ils étaient là avant les médias. C'est pour eux qu'on vient à l'Autumn Rock Festival. Sinon, on ne ferait qu'un gros festival par an."

    Vous avez quand même joué à Reading et à Leeds... quel souvenir en gardez-vous?

    Ziggy: "C'était notre premier festival en plus! Ce n'était même pas imaginable. C'était incroyable, un truc de malade. On ne savait pas du tout à quoi s'attendre. On était là en mode touristes, avec notre tente dans le camping."

    Romain: "Je garde également un excellent souvenir du Main Square, de notre premier Couleur Café et de Benicassim. Cela nous a ouvert beaucoup de portes."

    En quoi un festival est-il différent d'un concert en salle?

    Matthew: "En salle, tu ne joues que pour tes fans. En festival, tu dois plaire à un autre public. Pour ça, il faut mettre en avant le côté punch et laisser de côté l'aspect théâtral. Ca dégaine un peu plus."

    Quatre dates sold-out à l'AB,ça représente quoi?

    Matthew: "Faire ne fut-ce qu'une fois l'AB aurait déjà été un privilège. Alors quatre fois, et même sept en deux ans... c'était exceptionnel, surtout pour un groupe bruxellois."

    Ces derniers temps, que ce soit à la radio ou à la tv, on ne peut pas vous louper... Vous attendiez-vous à un tel succès?

    Matthew: "On me pose souvent cette question. Cela fait déjà plus de sept ans qu'on joue ensemble. Notre premier album est sorti il y a six ans, et on n'a jamais cessé d'écumer les scènes. On ne peut pas dire qu'on ait chômé. Maintenant, c'est vrai qu'il y a eu un engouement médiatique avec les deux derniers disques. S'y attendait-on? Non, pas vraiment. Tout ça n'était pas planifié, mais on a tout fait pour pouvoir vivre de notre musique. On n'a pas arrêté de travailler. Mais ce n'est pas une garantie de succès, tu peux aussi n'avoir aucune répercussion même en bossant comme un acharné."

    Le fait d'avoir pu jouer avec le groupe américain Incubus, ça a eu un impact important?

    Romain. "C'était un truc de dingue. Leur manager nous avait entendu Puggy à la radio. Il nous a envoyé un e-mail personnel pour savoir si nous étions libres un mois ou deux pour pouvoir tourner avec eux. Au début, on a cru à une blague"

    Ziggy: "On avait dû annuler l'Autumn Rock à cause de ça! Donc, nous voilà forcés de revenir!"

    Comment un Français, un Suédois et un Anglais finissent-ils à créer un groupe... belge?

    Matthew: "Ce n'est jamais quelque chose qu'on a revendiqué. On s'est jamais baladé avec des drapeaux belges à l'étranger. Je t'avoue que ça a même pris du temps pour qu'on parvienne à s'installer en Belgique. C'est juste une réalité géographique, car on vit à Bruxelles. Mais être belge, c'est un gage de qualité en France. Les gens aiment bien."

    Ziggy: "C'est d'ailleurs en jouarpuggy.jpgant à l'étranger qu'on a commencé à nous coller cette étiquette "belge".

    Et sinon, on écoute quoi dans Puggy?

    Matthew: "Les Beatles, Sufjan Stevens, Vampire Weekend... et beaucoup d'autres. Tu as la journée pour qu'on les énumère?

    > Un entretien de Christophe Van Impe

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  • Jennifer Ayache (Superbus): "C'est sur le plateau de "Les Nuls L'émission" que j'ai pris goût à la musique"

    Après le cartons des singles "Lola" et "Butterfly", Superbus est revenu l'été dernier avec "Sunset", un album à la tonalité plus mélancolique. Le groupe français sera tête d'affiche à l'Autumn Rock Festival le 7 septembre. Nous avons rencontré Jennifer Ayache, la chanteuse. Et elle nous parle même de Chantal Lauby (ex "Les Nuls"), sa maman, sans que ça ne la gave...

    Jennifer, ça t'inspire quoi de venir jouer en Belgique?ARF1.jpg

    "On adore. On a un lien très fort avec votre pays, car on y a enregistré trois albums. A part pour le dernier, qui a été conçu aux Etats-Unis, on travaille tout le temps avec des producteurs et des mixeurs belges."

    Pour quelles raisons?

    "En musique, j'ai envie de dire que les Belges sont un peu les "Anglais" du côté francophone. La référence, quoi. Il y a un son belge qui est bien caractéristique. Il y a une manière de faire qui est à vous, et dont je suis fan. Quand tu écoutes dEUS, Ghinzu ou K's Choice, tu entends directement d'où ça vient. Soulwax, par exemple, je trouve ça absolument énorme. Et puis il y a un songrwitting qui est très proche de celui des Anglais."

    Si tu devais résumer Superbus à certaines influences, quelles seraient-elles?

    "Il y en a beaucoup. On mélange tellement de choses. Ca va de Blondie à Nirvana, en passant par Madness, Cure, Madonna et Elvis. Ca part dans tous les sens. Et puis on s'intéresse beaucoup à ce qui sort actuellement. J'ai adoré l'album de Lana Del Rey. J'ai bien aimé M83 aussi. Je suis fan des Yeah Yeah Yeahs, qui viennent de sortir un terrible album, même s'il est plus lent. Skip the Use me parle également beaucoup. Après, je prends tous ces ingrédients et je les mélange."

    Comment définirais-tu le son de votre groupe?

    "C'est de la pop, et donc c'est la liberté, qui passe par plein de choses. De temps en temps des grosses guitares, à d'autres des synthés. Il y a des influences années 80. Au final, c'est la voix qui fait le lien."

    Votre son a pas mal évolué depuis les débuts. Vers quoi s'oriente-t-on maintenant?

    "Le dernier album est un peu plus mélancolique, plus organique aussi. On avait envie de revenir à un son plus humain. On a fait un break de deux ans car on avait besoin de se retrouver chacun de notre côté. Du coup, ce sont des chansons qui sont plus lentes, peut-être plus matures aussi. A un moment, il faut grandir."

    Comment en êtes-vous arrivés à enregistrer à Los Angeles?

    "On a rencontré Billy Bush, qui est le producteur de Garbage et le mari de Shirley Manson, la chanteuse. Il venait de bosser avec "The Naked and Famous, et le courant est directement passé. On a enregistré avec lui au "East West Studio" sur Sunst Boulevard, où sont passés Sinatra et les Red Hot. Il nous a amené un son plus brut, plus distordu. C'était l'humeur qu'on voulait pour l'album."

    A quoi doit-on s'attendre sur scène?

    "On a décidé de faire des clubs, en France. Justement parce que l'album est plus intimiste, et on avait envie de retrouver la chaleur et la proximité du public. Ce sera un mix des cinq albums, avec des vidéos et une interaction avec le public. J'aime bien faire participer les gens. Mais attention, on n'en a pas marre des grandes assemblées. C'est juste que cet album, je ne le voyais pas dans un truc grandiloquent.

    Préfères-tu la scène ou le studio?

    "Les deux sont forts différents, mais j'ai quand même une préférence pour le studio car c'est le moment où tu peux partir dans tout et n'importe quoi. C'est un petit laboratoire et j'adore ça car je suis assez solitaire. En studio, je me sens vraiment à l'aise. La scène, c'est plus un moment de partage."

    Lequel de vos concerts fut-il le plus mémorable?

    "C'était lors d'un festival en Bretagne. On s'en était pris plein la tronche devant 60.000 personnes. C'était très impressionnant et marquant comme souvenir. Toutes les premières fois, en fait, restent mémorables. Comme notre premier Olympia, notre premier Zénith, notre première Ancienne Belgique,,.."

    Recevoir une Victoire de la Musique, ça change une vie?

    "Evidemment, car on ne s'y attendait pas. Depuis, on a un nom qui parle aux gens. Ca change la donne car cela vous met une espèce de label sur la tête. Ca ouvre davantage de portes, c'est certain."

    Qu'y a-t-il de prévu pour la suite?

    "J'ai plein d'idées en tête, mais je dois encore faire le tri. On finit cette tournée jusqu'à l'automne, et puis on verra. J'ai commencé à travailler sur des choses en solo. Mais j'ai gardé tout ça de côté pour le moment, car c'est totalement différent. Ca m'a fait du bien de prendre l'air. C'est très électro. J'ai bossé avec Greg Avau de Joshua. Cela risque de sortir à un moment."

    A l'origine, le groupe s'appelait Twiggy. Pourquoi ce changement?

    "Twiggy, c'était une mannequin des années 60. Malheureusement, le nom était forcément pris. Alors, j'ai ouvert le dictionnaire de latin, que j'avais gardé de l'école. J'ai tapé au hasard. Je me suis rendu compte que c'était le nom du dernier Empereur de Rome, et que ça voulait dire superbe, brillant, magnifique, orgueil,... au final, ça colle bien au message du groupe car on essaie de voir la vie avec légèreté."

    L'aventure Superbus, c'est un rêve éveillé?

    "Absolument. J'ai commencé alors que j'avais quinze ans et aujourd'hui je vais sur mes trente. Je ne m'attendais certainement pas à en arriver là."

    Qu'aurais-tu fais de ta vie sinon?

    "Certainement quelque chose d'artistique. De la peinture, de la photo, un truc dans le genre."

    L'héritage familial n'a pas été trop dur à porter?

    "Non. Mais de temps en temps, c'est vrai que je me sens obligé de devoir encore faire mes preuves car ma maman est tellement aimée des gens."

    Vous échangez beaucoup d'impressions?

    "Bien sûr. Elle me conseille, elle écoute mes chansons et elle vient voir mes concerts dès qu'on passe à Paris. C'est une maman quoi. Nous sommes très complices. Je suis très fière d'elle. Là, elle vient de sortir un film qui s'appelle "La Cage Dorée", qui parle de la communauté portugaise. C'est absolument génial. Elle est drôle comme je ne l'avais jamais connue auparavant."

    T'a-t-elle poussée vers le milieu artistique?

    "Non, pas du tout. Elle voulait me protéger, donc ce n'est pas vraiment le truc qu'elle avait envie que je fasse à l'époque. Mais à force d'accompagner ma maman à "Les Nuls L'émission" et de voir tous ces groupes et artistes, j'y ai pris goût. Sur le plateau, j'ai commencé à jouer de la batterie avec Status Quo, Nina Hagen, Texas,... Ca a fait son petit bout de chemin dans ma tête et je me lancée dans l'écriture de chansons."

    N'as-tu jamais été tentée par une carrière cinématographique?

    "Non car c'est quelque chose qu'il faut vraiment sentir, et je suis encore un peu trop timide pour ça. Je m'imagine plus derrière la caméra, à filmer des gens ou à réaliser des clips. Moi, dès que je peux m'exprimer, ça me plaît."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

     

     

     

  • Breakbot: "Je rêve de remixer Beyonce, Prince ou Daft Punk"

    Si Justice avait rencontré Michael Jackson, ils auraient sans doute donné naissance à un rejeton nommé Breakbot. Derrière cette valeur montante de l'écurie Ed Banger, délicieusement retro et qu'on croirait débarquée d'un film de Tarantino, se cache Thibaut Berland, touche-à-tout musical et sosie de Sébastien Tellier à ses heures perdues. Nous l'avons rencontré juste avant sa prestation aux Nuits du Botanique.

    Thibaut, comment se passe cette tournée anniversaire pour les dix ans du label Ed Banger?

    Ecoute, ça se passe très bien. A Paris, c'était complètement fou. On préparait un énorme truc depuis six mois.I l y avait une sorte de fête foraine à l'intérieur de la salle, avec une piste de rollers disco. Il y avait tous les artistes du label. C'était vraiment bien. A Londres, c'était un peu plus calme mBreakbot1.jpgais c'était très cool aussi. Bruxelles est notre troisième date. La semaine prochaine au Casino de Paris, on testera une formule avec un bassiste et un guitariste.

    Es-tu nerveux avant de monter sur scène pour un événement d'une telle envergure?

    Alors, ça dépend des fois. Ici à Bruxelles, la capacité est de taille humaine. Mais quand je dois monter devant 5000 ou 6000 personnes, j'ai parfois le trac. Ca fout un peu la pression.

    Et comment évacues-tu cette pression?

    Je n'ai pas vraiment de technique. Des fois, je picole un peu des bières, mais ça ne marche pas vraiment.

    "J'évacue le stress en buvant des bières belges"

    Des bières belges au moins?

    Mais bien sûr! La Duvel, c'est belge, non? J'aime bien la Duvel!

    Ed Banger, ça représente quoi pour toi?

    C'est un rêve qui est devenu réalité, car j'étais vraiment fan du label avant de signer. Je suivais Justice et SebAstian de près. Je trouvais ça vraiment super novateur et intéressant comme musique. Cela ne fait pas très longtemps. Ca fait trois ou quatre ans que je suis sur Ed Banger. Je suis leur avant-dernière signature avant Boston Run. Ca se passe très bien. C'est un excellent compromis entre le boulot et l'amusement. Pedro Winter donne la liberté créative totale, tout en donnant les moyens de faire ce qu'on veut réaliser. On ne peut pas rêver mieux comme conditions de travail.

    Comment as-tu approché l'écurie?

    Je connaissais Xavier de Justice. On a fait la même école de graphisme après le bac, à Estienne. Moi je suis parti en province pour faire mes études et lui est resté à Paris. Quand je suis revenu sur la capitale, il commençait à faire Justice. J'étais super excité par leur musique. Je trouvais ça mortel et je me suis dit "pourquoi pas moi?". Ca m'a vachement motivé pour faire mes petits trucs de mon côté. Je me suis créé une page Myspace en 2005. A partir de là, j'ai fait pas mal de remix. Pedro, qui avait entendu celui de Metronomy, s'est dit: "il est pas mal ce p'tit mec".J'avais aussi fait un remix pour Justice.

    De tous tes remix, duquel es-tu le plus fier?

    Je crois que c'est celui de Metronomy justement, puisqu'il m'a permis de rentrer dans la maison. Et puis c'est un de ceux qui est le plus éloigné de l'original. A la base, il est très rapide, à environ 150 BPM. Moi, j'ai pris le parti de le diviser par deux. J'en ai fait un slow. C'est un des seuls que j'aime bien écouter, alors que je l'ai fait il y a longtemps.

    C'est quoi la définition du bon remix?

    Il n'y a pas vraiment de définition. Un bon remix, c'est surtout un bon morceau à la base. Mais ce que j'essaie souvent, c'est de proposer un truc qui n'a rien à voir avec l'original. Refaire la même chose, ça ne sert à rien.

    Quel est l'artiste que tu rêverais de remixer?

    J'aimerais bien faire un remix pour Beyonce, ou pour Prince. Ou pour Daft Punk évidemment.

    Daft Punk, ça reste évidemment LA référence?

    Pour moi, oui. Je suis très très fan.

    As-tu déjà écouté le nouvel album?

    Je n'ai pas encore eu cette chance, mais j'adore le premier single. Je suis très impatient.

    Ton album, c'est la cerise sur le gâteau?

    breakbotcover.jpg

    C'est une sorte de photo instantanée du son que j'essayais d'avoir avec tous mes remix. Cela m'a permis de fermer une parenthèse de ma courte carrière. Mais j'ai déjà hâte de m'y mettre et de refaire de nouveaux morceaux. On a un projet de groupe avec Irfane, et on devrait sortir un maxi avant la fin de l'année.

    "Je crois toujours que les groupes belges sont français"

    Il y a une homogénéité chez Ed Banger mais, en même temps, chacun a ses influences différentes. On sait que Justice a beaucoup puisé dans le metal, par exemple. Chez toi, c'est plus retro...

    Oui c'est vrai. J'écoute beaucoup de musique des années 60, 70, 80. Après, c'est vachement varié. Ca va de la pop californienne comme les Beach Boys ou les Eagles à des trucs plus funky comme Stevie Wonder, Prince, Marving Gaye, Michael Jackson ou Barry White.

    Et dans les groupes actuels?

    Daft Punk, et tous mes copains de label évidemment, Gesaffelstein, Brodinski, Club Cheval, Surkin, Para One. Mais j'aime aucci beaucoup les Strokes.Pas mal de rap aussi. J'adore Drake, Rick Ross, Kendrick Lamar. L'album de ce dernier est très bon.

    Tu as aussi remixé Sébastien Tellier...

    C'est un artiste donc je me sens proche, et pas seulement physiquement...

    Ca fait quoi d'être considéré comme la valeur montante du label?

    Ca ne me fout en tout cas aucune pression. Ce ne sont pas des choses auxquelles on pense. Quand tu es au coeur du truc, c'est un peu fou. Franchement, moi j'ai du mal à me rendre compte de ce que ça représente pour les gens.

    Quelle est l'importance du live dans ta perception de la musique?

    C'est intéressant. Car quand on fait les morceaux chez soi, on ne sait pas vraiment chez qui ça va atterrir. Et puis, ça me permet de travailler sur mon trac. C'est aussi l'occasion de faire quelque chose de différent de l'album. J'essaie de faire quelque chose d'un peu plus musclé.

    Que connais-tu de la scène belge?

    Axelle Red, Johnn Hallyday et tout ça? Non, plus sérieusement il y a des trucs excellents comme nos copains de Soulwax qu'on suit depuis un moment. Ce sont de bons potes à nous. Il y a aussi ce groupe là... comment il s'appelle? Mon problème, c'est qu'à chaque fois que je découvre des groupes belges qui sont mortels comme dEUS, Balthazar ou BRNS par exemple, je crois qu'ils sont français.

    Sur scène, l'accueil est-il différent d'un pays à l'autre?

    Même chaque soir est différent. A Paris, y a des soirs où c'est mortel et d'autres où c'est tout pourri. Ca dépend de plein de paramètres. A Londres, on a joué au HMV Forum. C'était fort calme, mais c'était à cause de la salle. La prochaine fois qu'on retournera à Londres, ce sera peut-être le feu. J'aime bien jouer dans des clubs, car quand on fait un DJ set on peut encore davantage s'amuser.

    "Désormais, je baise plus de meufs, ça oui"

    Revenons sur ton passé de graphiste, puisque tu avais quand même participé au visuel de la pochette de "Cross" de Justice...

    Breakbot3.jpg

    Oui, j'avais fait la maquette 3D du petit vaisseau en forme de croix qui est à l'intérieur de la pochette, avec Bertrand. J'ai fait quatre ans d'études de graphisme. J'ai ensuite bossé un peu dans la pub et dans l'animation. J'ai fait quelques spots et quelques clips. Mais je suis bien content d'avoir changé de métier. J'ai plus de liberté créative, je m'amuse mieux, je voyage, je... baise plus de meufs aussi.

    A l'époque, t'attendais-tu à ce que Justice devienne aussi énorme?

    Je t'avoue que non. On ne pouvait pas se rendre compte, mais je sentais qu'il y avait un potentiel de fou. Parce qu'en fait, ça ne ressemblait à rien de ce qu'on avait déjà entendu. La première fois qu'on m'a fait écouter "Wathers of Nazareth" et "Let there be light", ça faisait office d'ovnis.

    Breakbot est-il parti pour suivre la même trajectoire?

    Je me rends bien compte que ma musique n'est pas aussi novatrice que la leur. Eux, ils ont influencé des milliards de gens.Alors que moi c'est l'inverse, je suis plus le résultat d'influences.Je n'aurais jamais fait ce métier-là sans Justice.

    A quel âge as-tu pensé en faire ton métier?

    Je fais du piano depuis que je suis tout petit. Je me suis mis à la musique électronique depuis dix ans, et j'en vis depuis quatre ans. C'est Xavier qui m'avait conseillé de lancer mon Myspace. C'est à cette époque que j'ai choisi le nom de Breakbot. C'était déjà il y a huit ans putain... Tout s'est fait naturellement. Quand j'étais petit, je voulais faire du dessin-animé. Et si je devais un jour arrêter, je pourrais toujours revenir à mes premières amours.

    Pourquoi le nom de Breakbot?

    C'est un surnom qu'on m'a donné à l'école. T-Bot pour Thibaut. Et break pour les breaks de batterie et le breakdance.

    "Actuellement, c'est le visuel qui permet de se démarquer"

    Le personnage de ta pochette, c'est toi qui l'a créé?

    C'est un personnage que j'ai trouvé dans un livre, "Paper Dolls". Je lui ai rajouté des cheveux longs et une barbe pour qu'il me ressemble et Bertrand l'a redessiné. Je compte le faire évoluer tout au long de la carrière de Breakbot. Pour le projet avec Irfane, le concept devrait par contre être différent.

    Le visuel, c'est important?

    C'est essentiel. Vu mon passé de graphiste, j'étais forcé d'y accorder de l'importance. Il y a tellement d'artistes actuellement, que c'est le meilleur moyen mnémotechnique de se démarquer. Mon background m'apporte beaucoup dans l'élaboration de mes pochettes et de mes clips.

    < Un entretien de Christophe Van Impe

     

     

     

     

     

  • Lescop en interview : "La question sur Daho et Curtis, on me la pose trois fois par jour"

    presse-lescop-2201.jpgLescop, le projet de Mathieu Peudupin (alias Mathieu Lescop), a beaucoup fait parler de lui depuis la sortie de son (premier et excellent) album éponyme à la rentrée 2012. Il était ce vendredi au Printemps de Bourges et sera lundi à Arlon, avant un passage aux Nuits Botaniques en mai.  On l’a coincé ce jeudi en direct de Bordeaux  (où il jouait le soir même) pour qu’il nous parle un peu de lui. 

     

    Sudpop : Mathieu, vous connaissez un peu Arlon ou sa région ?

    Pas du tout, je l’avoue. De la Belgique, je connais juste un peu Bruxelles où j’ai joué deux fois sous le nom de Lescop ou avant avec mon groupe précédent, Asyl. Et où je retournerai dans quelques semaines (NDLR: le 9 mai pour Les Nuits Notaniques). 

    Sudpop : Avant même la sortie de votre album, on décrivait votre façon de chanter comme à mi-chemin entre Etienne Daho et Ian Curtis.  Même si ces références sont belles, ce n’est pas frustrant d’être catalogué ainsi ?

    Personnellement, je n’ai jamais dit ça… 

    Sudpop : Les journalistes l’ont déclaré pour vous…

    Oui mais je n’ai plus envie de parler de tout ça... Parce que plus je le fais, plus on m’interroge là-dessus. Cette question sur Curtis et Daho, on me la pose en moyenne trois par jour. Or, pour moi, elle n’a pas de sens. On évoque là des disques qui ont 20 ans, alors que le mien est de 2012. Il est très personnel et j’en suis fier. 

    Sudpop : On a aussi associé votre musique à la cold wave des années 80. Vous aimez ou là aussi, vous en avez marre?

    Les deux, mon capitaine (rire). presse-lescop-0187.jpg

    Sudpop : Si on comprend bien, ce qui vous embête surtout, c’est que depuis le début de la promo de votre album, on évoque majoritairement les références liées à celui-ci…

    Oui. On ne me parle que de ça ! Or, moi, ce n’est pas là-dessus que j’ai envie de communiquer. Je suis un fan de musique. J’aime le glam rock, ce qui est froid et violent. J’ai aussi été punk, j’ai écouté du reggae ou du folk à la Dylan. Mon prisme musical est assez large et mon album est une synthèse de tout ça. Vous pouvez donc comprendre que je n’aime pas trop qu’on me réduise à un chose ou l’autre.


    Sudpop : Et en ce moment, vous écoutez quoi ?

    Je trouve le premier album du groupe français La Femme, « Psycho Tropical Berlin », excellent.  Sinon, je passe le nouveau disque de Frustration, d’autres Français, ou 69 (NDLR: deux ex-Sloy) et leur disque "Adulte".

    Et puis, là, je me suis procuré la réédition vinyl du premier album de Dead Boys, un des cinq meilleurs trucs punk jamais sorti à mes yeux.  Sinon, j’écoute aussi « Avalon » de Roxy Music.

    Sudpop : Vous parliez de La Femme. On évoque beaucoup en ce moment une certaine effervescence au niveau de la pop française, une scène décomplexée, dans laquelle on vous cite aux côtés de La Femme justement ou bien encore Aline, Granville,… Vous vous retrouvez dans tous ces groupes ?

    Il y a des points communs (comme le fait qu’on joue une musique plus indépendante en chantant en français). Mais on a tous réalisé notre truc de notre côté, tout ça s’est passé sans que ce soit voulu.  Il y a quelques années, on avait en France la droite décomplexée, aujourd’hui, nous possédons, comme vous l’avez dit, une pop décomplexée. C’est plutôt pas mal (sourire)

    Sudpop : De qui vous sentez-vous le plus proche ?

    Je suis proche de Mustang. J’ai aussi un petit faible pour La Femme. Sur scène, ils me rappellent des trucs alternatifs comme par exemple les Berruriers Noirs. C’est très festif.

    Sudpop : Et Lescop sur scène, c’est comment ? 

    Impossible à dire, je ne me suis jamais vu (rire)… C’est peut-être un peu plus violent que sur disque. Plus brut, plus organique, sans devenir trop agressif non plus. J’aime que les auditeurs « tripent » un peu, qu’ils se fassent plaisir. Et ça, même si mes chansons sont plutôt sombres. 



    Sudpop : Dans votre album, on sent une certaine obsession de la nuit et des villes…

    Beaucoup d’artistes évoquent ces deux sujets. C’est normal, l’esthétique d’une ville déteint forcément sur les gens qui y vivent. On s’imprègne de celle-ci. Et au fur et à mesure que le temps passe, on a envie d’écrire sur ce qu’on vit. 

    LescopSudpop : Vu comme vous tournez depuis la sortie de votre disque, vous allez avoir beaucoup de matière pour votre deuxième album…

    Je connais surtout très bien les loges des villes où j’ai jouées (rires). J’ai beaucoup moins eu l’occasion de les visiter. J’essaierai de parler d’autres choses dans mon prochain disque. Mais c’est sûr que même si je traite d’autres sujets, les lieux où je séjourne resteront une influence dans un coin de ma tête. 

    Sudpop : Vous n’êtes pas un nouveau venu puisque, comme vous l’avez dit, vous avez eu une première vie artistique avec le groupe Asyl. Vous vous attendiez à connaître le succès en changeant de projet, de style ?

    Asyl n’était pas un groupe fait pour plaire. Chaque chanson était un coup de poing, là où Lescop fabrique plutôt des lettres d’amour. Mon album est une confidence. C’est donc plus normal que des gens puissent aimer. Artistiquement, ces chansons sont écrites pour être agréables. Maintenant, de là à s’attendre à un quelconque  succès, non. 

     

    A noter : l’album « Lescop » de Lescop est paru sur Mercury/Universal Music

     
  • Rencontre avec le groupe belge The Happy: "Jouer sur scène et s'amuser"

    362.jpgNous avions assisté la semaine passée à la présentation du fort sympathique premier album du groupe belge The Happy. "Guilty Pleasure" porte merveilleusement bien son nom puisqu'on y retrouve une flopée de mélodies "retro pop" jouées avec tant de fraîcheur qu'on y accroche sans trop de mal (pour relire ça, cliquez ici). Après le "live", voici la rencontre avec (3/5e, puisque Isolde Lasoen et Janne Vanneste étaient absentes) ce nouveau-venu sur la scène noire-jaune-rouge, quelques jours après avoir donné leur  premier concert à l'étranger. Une interview de Reinhard Vanbergen (qui joue aussi dans Das Pop), Naima Joris (également vue dans Isbells) et Charlotte Caluwaerts placée sous le signe de la décontraction et qui, à l'image des membres, pétille dans tous les sens. 

     

    Sudpop : Vous avez joué le 5 avril dernier au Koko à Londres (ndlr: ce club situé dans le quartier de Camden accueille les vendredis des soirées "découvertes" organisées par le célèbre magazine NME). Alors, c'était comment?

    (En choeur): Du bon!

    Charlotte Caluwaerts: Le meilleur des quatre concerts jusqu'à présent! Dans la plus grande salle aussi, une sorte d'ancien théâtre aux murs rouges... Très joli. Et avec un public... très anglais!

    Reinhard Vanbergen: Des gars bien bourrés!

    Naima Joris: On essayait de rester concentrés malgré le bruit qu'ils faisaient! Nous avons changé de position par rapport aux précédents shows et ça a bien marché. Je m'entendais nettement mieux par exemple. 

    Charlotte: La guitare de Reinhard jouait toujours aussi fort par contre!

    Reinhard: Elle était parfaite...

    Charlotte: Parfaitement fort, ça oui! (rires)

    Sudpop : L'album est sorti et vous avez déjà joué quelques fois en live. Vos premières impressions maintenant que votre travail se révèle au grand jour?

    Charlotte: Ca se passe encore mieux qu'on ne l'espérait. La réaction du public est positive et nous passons du bon temps. Nous formons une belle combinaison où tout le monde trouve sa place et où tout le monde se met "au service" des autres.

    Reinhard: On ressent une vraie "Team Spirit", c'est agréable. Pendant la dernière tournée de Das Pop en 2011, je savais qu'on ferait une pause et que j'aurais du temps pour écrire. J'avais déjà composé trois ou quatre chansons mais le reste de l'album a été écrit avec les filles.

    Naima: The Happy, c'est une démocratie! 547457_510785382315211_919983746_n.jpg

    "Une ode au walkman"

    Sudpop : Lorsque les membres d'un groupe en stand-by partent dans leur propre direction, comme vous et le chanteur Bent Van Looy, parlez-vous de vos projets solo? Conseils, avis, remarques?

    Reinhard: Vous savez, ça fait presque quinze ans qu'on se côtoie avec Das Pop, qui n'a rien à voir avec ce que je fais ici. Donc non, on ne discute pas sérieusement de nos projets respectifs... Juste un peu. Et puis, moi, je ne suis pas vraiment un Bekende Vlaming comme Bent, là aussi nous sommes différents.

    Ah, mais peut-être l'un d'entre-vous participera aussi à la prochaine saison du "Slimste Mens ter Wereld" (ndlr: émission de culture générale en Flandre dans laquelle Bent Van Looy avait terminé à une belle troisième place en 2010)?

    Naima: Je verrais bien Charlotte participer alors!

    Charlotte: Non... Je ne connais pas bien ce jeu en fait! Je n'ai même pas de télévision...

    Reinhard: Moi je suis trop stupide pour ce genre de choses. Je serais le genre de gars qui dirait "Ah oui je sais mais.... eeeuuhhhh... Oh fuck!" Je serais l'"anti-Slimste Mens"!" (rires)

    Charlotte: Ca donnerait super bien à la télé!

    Sudpop : En parlant de matériel... Votre premier single radiophonique parle d'un objet devenu mythique: pourquoi cet hommage?

    Naima: Comme dans la chanson, on se pose tous un jour la question "Mais où est donc passé mon walkman?" Moi je l'ai retrouvé récemment d'ailleurs, mais tout pété!

    Reinhard: Je voulais surtout rappeler ces compilations qu'on réalisait nous-même. Faire "Record" puis directement"Pause", retirer le petit picot en plastique sur le côté pour ne plus enregistrer sur la cassette,...

    Naima: Et mettre du papier collant dessus pour pouvoir quand même la réutiliser!

    Reinhard: Toutes ces opérations avaient du charme et donnaient un aspect plus personnel à la musique qu'on écoutait.

    Charlotte: Et dire que Janne chante ce morceau... et qu'elle n'a presque pas connu cette époque! 

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    "The Happy vs The Hippie"

    Sudpop : Vous recevez également des échos fort positifs de la partie francophone du pays...

    Reinhard: Oui, ça commence un peu. Nous allons d'ailleurs enregistrer cet après-midi (lisez mercredi dernier) une session acoustique pour Nostalgie et Pure FM. Mais il y a toujours une énorme barrière qui rend les choses difficiles (Naima bouge les yeux de manière craintive en s'agrippant à une barrière imaginaire, provoquant à nouveau quelques rires). Dour est un chouette festival, ce serait cool d'y jouer.

    Charlotte: Il y a Les Ardentes aussi qui ont l'air sympa.

    Naima: J'imagine qu'on pourrait essayer de chanter dans toutes les langues du monde.

    Reinhard: Un peu en arabe aussi alors, ça renforcerait ton côté hippie!

    Charlotte: Oh oui, je pourrais danser pour toi!

    Naima: Ou alors dans une langue imaginaire...

    Reinhard: Ah oui, comme ce groupe belge qui avait failli gagner l'Eurovision... Euh...

    Sudpop : Urban Trad?

    Reinhard: Oui, voilà, c'est celui-là! Mais ça c'est bon pour The Hippie, le nouveau groupe de Naima apparemment, pas pour The Happy! 

    Naima: Oui, je me verrais bien sur scène, assise sur un cheval, avec un chien dans mes bras... (rires)

    Sudpop : Pour en revenir au futur proche, que peut-on vous souhaiter? Un festival ou une salle en particulier?

    Charlotte: On voudrait jouer le plus possible! C'est vrai, la saison des festivals va s'ouvrir. Mais on va juste voir où le destin va nous mener. C'est bien d'avoir des gens plus expérimentés autour de soi pour se laisser un peu guider. Mais j'avoue que le soleil... (sourire).

    Naima: La France, la Sardaigne,...

    Reinhard: Il y a un excellent festival en Corse, le Calvi on the Rocks. Un peu hip comme ça.

    Naima: J'avais eu l'occasion de suivre Selah Sue lors de son passage sur la grande scène du Pukkelpop. Ca doit être bizarre de voir une telle marée humaine devant toi. Mais tu connais ça Reinhard...

    Reinhard: C'est cool de jouer devant une telle foule, mais bon... C'est tôt dans la journée, tu dis bonjour, tu joues en étant crevé et voilà...

    Naima: Moi je ne me vois pas faire ça. On n'a vraiment pas besoin de la grandeur, du luxe et de la célébrité pour être heureux. Juste trouver un joli endroit pour notre musique, comme au Koko... Même avec les Anglais bourrés! (rires)

    Reinhard: De toutes façons, ce n'est presque plus possible de s'enrichir actuellement avec la musique.

    Charlotte: On ne pense pas à ça: pour le moment, nous voulons juste nous amuser sur scène!

    Une interview réalisée par Philippe Sadre

    538685_504021329658283_1276696137_n.jpgGuilty Pleasure est sorti chez Sony Music.